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© Petit à Petit

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Putain d'usine
ScénarioEfix | Levaray Jean-Pierre
DessinEfix
CouleursNoir et Blanc
Année2007
EditeurPetit à Petit
SériePutain d'usine, tome 1
autres tomes1 | 2 | 3
Bullenote [détail]

Une usine où rode la mort et où les instants sont tissés d’ennui, d’angoisse et de fatigue...
Une usine où les jeux vidéo remplacent peu à peu la belote pour tuer le temps...
Une usine où l’on attend le grand licenciement, sous la menace de la grande explosion...
Une usine de produits chimiques, similaire à celle d’AZF - dont la désintégration ensanglanta et dévasta Toulouse en 2001 - et appartenant à la même sinistre multinationale...

 

2 avis

rohagus
Je ne sais trop comment se situer par rapport au contenu de cette BD.
Etant ingénieur, je suis sensé être plutôt classé parmi les cadres et donc voir ici l'aspect "de l'autre côté de la lutte des classes".
Mais en même temps, ce qui est dit dans cet album m'a vraiment touché et paru similaire à ma propre vie professionnelle par bien des aspects. Le ras-le-bol, l'ambiance qui devient délétère, l'envie de tout plaquer, les patrons qu'on se met à haïr par leur aspect si éloigné du terrain, cette flemme ou cette peur qui font que finalement vous restez dans le train-train même si ça ne vous plait pas. Tout cela, je le ressens régulièrement (et encore c'est pire dans ma boite puisqu'on ne fait même plus les apéros maintenant que nos services ont été explosés à coup de réorganisations ).
A cela s'ajoute les conditions vraiment particulières de cette putain d'usine qui est décrite ici : le véritable danger de mort rôdant à chaque instant, les anecdotes mettant en jeu la vie des employés, etc.
Bref, c'est une BD qui m'a vraiment intéressé et qui a su me toucher par bien des aspects. Elle aborde avec un véritable succès les aspects les plus sombres de la vie professionnelle d'une grande catégorie de personnes. Alors même que le scénariste est militant CGT, j'ai trouvé son récit très impartial, se bornant à raconter des faits et des anecdotes sans pousser au militantisme forcené qui a su m'agacer dans d'autres ouvrages du même genre.

Le dessin est bon, voire très bon. Son style a cependant parfois un peu de mal à se prêter à ce genre de récit, car il me fait plus penser à du style comique ce qui tranche avec l'ambiance. Il impose d'ailleurs à plusieurs moments aux personnages des expressions faciales que j'ai trouvées un peu trop soutenues.
Mais finalement, peut-être est-ce le contraste entre l'ambiance sombre du récit et ce style de dessin tout en rondeur et dynamisme qui font l'une des forces de cette BD, ou qui la font sortir d'un lot qui aurait pu être nettement plus morne graphiquement parlant.

Bref, une bonne lecture, touchante et très instructive.
Coacho
Il y a dans ce récit une grande force tant dans son propos que dans sa mise en image.
Il s’agit dune succession de nouvelles sombres, désespérées, résignées… Une acceptation d’un quotidien qui pourtant pousse à la révolte.
On sent une fureur gronder en chacun des ouvriers, quelque chose de tendu, fort, prêt à exploser à tout instant.
Pour libérer une frustration trop difficilement contenue et avoir un sentiment de victoire, de revanche.
J’aime le côté noir, sombre, des planches qui font monter la pression et ces trop rares pages blanches qui font office de relâchement, de respiration, de moment suspendu, de bonheur éphémère…
J’aime aussi la volonté délibérée de dépersonnalisation des individus, n’en faisant que des ombres qui tranchent avec la poignée d’acteurs récurrents dont on peut identifier les traits.
Tout cela fait un livre vraiment puissant dont l’éclairage complémentaire apporté par les auteurs à la fin de l’ouvrage renforce la forte impression de malaise.
J’aime le dessin d’Efix. Ses formes rondes si délicieuses.
Certains n’hésiteront pas à dire qu’il ne s’est pas foulé puisqu’il n’a mis aucune couleur et que le tout fait vachement crayonné.
D’autres seront comme à l’accoutumée rebutés par l’aspect rond de ce trait trop cartoonesquement généreux pour une histoire aussi radicale…
Et évidemment, aucun de ces observateurs ne se rendra compte de l’impact fort de ce crayonné qui, d’un trait charbonneux, usé, est comme une cerne sous un œil, et renforce l’impression de fatigue, et de désarroi, des acteurs de ce drame social.
Comme d’habitude, aucune de ces personnes ne se rendra compte que c’est justement un atout incroyablement fort, un impact aussi fort qu’un coup de masse dans la gueule, que d’avoir ce trait rond pour adoucir le propos. Pour aussi montrer que les personnalités mises en scène ne sont pas des gens forcément désespérés mais qui peuvent malgré tout avoir une once de bonheur, avoir un caractère bonhomme…
Alors l’usine broie les âmes en même temps que les hommes et on en est que triste spectateur, un peu ébahi, surtout impuissant.
Reste alors à méditer ce témoignage, accablant, furieux, et malgré tout poétique, une sorte de sentiment d’attraction/ répulsion qui ne laisse pas insensible. Un superbe livre.
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