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© La Cinquième Couche

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La station
ScénarioHenne William
DessinHenne William
CouleursBichromie
Année2005
EditeurLa Cinquième Couche
CollectionExtracteur
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

Les personnages de cette histoire attendent un train qui n'arrive pas. Pour certains d'entre eux, cela fait des années. Une galerie de personnages s'entrecroise dans le hall monumental de la gare d'Anvers, aux allures de cathédrale ferroviaire (ou d'une gare qui lui ressemble, pas loin d'un port et à côté d'un zoo) : le chef-contrôleur, qui s'arroge un pouvoir tyrannique sur les voyageurs, le bagagiste indiscret, le journaliste et rédacteur en chef de "La gazette de la Station", le courtier en assurance, le clown, le contrôleur retraité, le barman, la prostituée, le contrôleur stagiaire, le peintre, etc. Jan, un jeune marin, s'éprend de Mona, la fille du chef-contrôleur. On échafaude des théories sur l'état des choses, l'attente interminable, le despotisme du contrôleur, l'arrivée d'un train, un jour, etc. Les personnages sont enfermés dans leur fonction, comme les protagonistes d'un spectacle de marionnettes. La station est un système économique et social à ce point cohérent que ses habitants croient dépendre de son existence. Ils l'ont en tout cas adopté. Par conséquent, ils y tiennent et la venue même du train tant espéré serait une forme d'Armageddon. C'est une société en miniature. C'est aussi une image mentale très forte, dont dépendent psychologiquement certains voyageurs. Jan tente de remettre en question ce système. Comment contester ce qui ne repose sur rien mais à quoi tous se sont adaptés ?

 

2 avis

asacem
Cet album fût pour moi une déception, mais entendons nous bien. J'en attendais peut être trop de par l'apparente qualité de l'ouvrage. En effet la thématique me séduisait par avance, le dessin est superbe, la maquette d'une excellente tenue, la seule réserve qu'on émettra sur la forme tient à la typographie informatique utilisée pour les bulles de dialogue, plutôt ratée et froide... quoique.

Car de quoi s'agit t'il ici? Dans la Station, une micro-société s'est constituée dans l'attente d'un train qui n'arrivera probablement jamais. Toute cette société repose donc sur le postulat absurde suivant: attendre un train qui ne peut pas venir. On sent la métaphore pointer son nez: comme les sociétés semblent fondées sur l'avenir, le progrès, les lendemains qui chantent, ici ce qui retient toutes ces personnalités divergentes dans la station tient à l'espoir de l'arrivée d'un train, en partance pour un endroit meilleur.

Le récit est émaillé de pictogrammes détournés ( du train, de la Station, des bagages, etc...): le symbole, réduisant l'objet à sa plus simple expression, renvoie par la même à sa fonctionnalité. Mais si finalement la Station n'a pas de fonction, quelles fonctions ont ces objets?

Il s'agirait donc d'une anti-utopie, ce lieu absurde qu'est la Station renvoie à une organisation sociale fantasmée, mais radicalement critique: ce qui maintient les sociétés humaines, ce serait un espoir vain, absurde.

Pourquoi ce livre m'a t'il finalement déplu? Eh bien pour la simple raison que l'auteur me semble se tenir trop à distance des protagonistes, et le livre est bien court pour arpenter toute la palette des sentiments humains que pourrait génerer un lieu comme la Station. On la survole à peine, et dans cette froide distance l'auteur reproduit la grande erreur de la modernité savante, prendre l'humain comme pur objet.

On pense au procès de Kafka, ou au 1984 de George Orwell, ou encore plus récemment au Dogville de Lars Von Trier. Comparée à ces trois oeuvres, la Station est un travail mineur.

Ce court texte n'est qu'une interprétation , et j'invite d'autres lecteurs à arpenter cette station qui, somme toute, n'est pas si infréquentable que cela.
amibe
La Station peut, c'est vrai, paraître froide, mais c'est ici une question de cohérence, surtout. L'univers des protagonistes, entièrement régi et contrôlé par la Station, son règlement et son Chef de Station, ne laisse pas de place à l'émotion. C'est là son but. Si les personnages de La Station sont peu émus, et par conséquent peu émouvants, c'est qu'ils ont choisi cette société du contrôle, qui les dispense de ressentir ces intolérables émotions, justement.
Un personnage le souligne encore: le courtier en assurance, qui explique sans cesse, à qui veut bien l'écouter, la part d'incertitude que laisse subsister le système.
La Station est un système qui vise à dispenser ses habitants de toute angoisse. Un système rassurant. Tout y est jeu, représentation, saynète. Tout y est passe-temps : les querelles, les polémiques, les discussions aussi.
Au fond, tous font semblant. Ils feignent d'être émus, par de vaines préoccupations (l'horaire, les billets faux et vrais, la hiérarchie...) pour éviter de l'être vraiment. Henne décrit admirablement un système de mise à distance, de dissociation collective. La force de La Station, ce qui le rend indispensable, aussi, réside dans la description d'un mécanisme qui, somme toute, n'a rien, absolument rien de fictif.

On assiste aux tentatives touchantes de Jan et Mona pour échapper au système de contrôle, pour atteindre une forme d'émotion authentique. Mais au fond, ils jouent aussi, ces enfants, avec la même gravité que tous les autres personnages.
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