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© Delcourt

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Tome 1
ScénarioTakahashi Shin
DessinTakahashi Shin
CouleursNoir et Blanc
Année2006
EditeurDelcourt
CollectionMangas
SérieFragment, tome 1
autres tomes1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9
Bullenote [détail]

Dans un minuscule royaume, en passe d’être enseveli par la neige qui tombe sans cesse, des enfants prennent part à une lutte sans pitié pour retrouver une dignité perdue… et la faculté d’éprouver des sentiments. Sur les pas d’Icolo – héritière de la couronne qui travaille comme servante et n’a jamais connu la joie – recherchez le fragment qui fera (peut-être) de vous un humain à part entière…

 

1 avis

herbv
Fragment se déroule dans un futur lointain où le monde est sur le point d'être enseveli sous la neige et où le soleil n'est plus qu'une légende. Il est divisé en deux avec le "monde d'en haut", celui du pouvoir, et le "monde d'en bas" où vit le peuple. Les deux sont enclavés par une haute muraille montagneuse et la neige ne cessant de s'y accumuler, ils sont promis à la disparition, ses habitants retardant toujours ce moment en surélevant régulièrement les bâtiments quand ils en ont la possibilité afin de ne pas être englouti. La vie est évidemment très dure dans un tel environnement, la nourriture et les sources de d'énergie étant rares.

Il s’agit d’un royaume, partagé entre deux factions, le Palais (sensé être proche de la famille royale) et la Junte (le pouvoir militaire). Dans les faits, la royauté n'a plus aucune autorité, et les deux factions luttent pour s’accaparer du pouvoir. Le roi et la reine ont disparu dans des circonstances encore assez nébuleuses et il ne reste qu’Icolo, gamine surdouée de 13 ans. Mais bien que princesse, elle ne bénéficie d'aucun privilège en dehors de celui de pouvoir aller à l'école car elle sert de domestique au Palais et ne reçoit que du mépris de la part de son entourage à cause de son statut de "presköm". Elle vit avec sa grand-mère, l’intendante Sha, et son petit frère, Mataku. Celui-ci est aveugle et ne quitte jamais la cabane misérable qui leur sert de maison. Icolo le protège du monde extérieur et fait tout pour qu'il ne souffre pas de la misère dans laquelle ils vivent.

"Presköm" est un terme dont le sens originel s’est perdu au fil du temps et qui désigne maintenant des poupées à qui il manquerait une pièce dans la parure. Par extention, il s’applique de façon péjorative à un certain type d’individus qui ne peuvent ressentir certaines émotions, à qui il manque un "fragment" de personnalité. Ils sont donc considérés comme des sous-hommes. Normalement, on les tient à l'écart, mais la princesse étant une "presköm" (il lui manque la joie, la seule émotion qu'elle arrive à exprimer passe par les larmes), le Palais ne peut pas l’écarter, même en l’absence du couple royal, mais se comporte de façon ignoble à son égard.

Icolo va être amenée à rencontrer un autre "presköm", un jeune garçon au passé mystérieux, aux cheveux blancs et aux poignets entravés par des chaînes qu’elle va nommer Blanco. Il ne connaît ni la tristesse ni la douleur. Il souffre aussi de troubles de la mémoire étant incapable de conserver la plupart de ses souvenirs, même récents, à de rares exceptions près. Naïf, spontané, donné d’une force sans équivalent, ses rares connaissances lui viennent de son "grand-père" (en fait, c’est un vieux monsieur qui l’a recueilli et l’a élevé) et qui lui a appris à demander aux gens qu'il rencontre s'ils sont ses " ennemis " ou ses " amis " (Icolo sera la première à répondre "ami") afin d’affronter les uns et de protéger les autres.

Le volume 1 commence avec l’attaque d’un train de marchandises qui transporte un "presköm" mais celui-ci provoque une explosion qui tue à peu près tout le monde. Un an plus tard, l'incendie provoqué par la destruction du train ne s'est toujours pas éteint. La princesse Icolo vit une journée comme les autres, partagée entre ses études et les tâches harassantes au Palais (corvées de nettoyage du sol, préparation du repas des gens du palais, etc…) avant de pouvoir rentrer dans sa cabane s'occuper de son jeune frère. Mais un mystérieux garçon fait irruption chez elle, poursuivi par trois soldats de la Junte qui cherchent à s’en emparer. Les choses tournant mal et craignant pour la vie de son jeune frère, Icolo fuit avec ce garçon en entraînant les militaires à leur poursuite. Mais acculés par ces derniers, ils tombent dans le "monde d'en bas" et trouveront refuge dans un mystérieux temple moins désert qu’il n’y paraît...

Après Larme Ultime, édité en francophonie il y a quelques années par Delcourt, une série qui n’a pas laissé indifférent nombre de lecteurs, certains criant à la nullité absolue, d’autres au génie, Shin Takahashi revient avec Fragment, une série interrompue qui compte 5 volumes mais qui devrait reprendre sous peu en débutant un autre cycle. Il s’agit d’un conte moderne pour enfant, comme l’explique l’auteur dans sa postface et où il cherche à capturer l’essence de cette période de la vie. C'est-à-dire, l’éphémère mais aussi le goût de l’aventure ainsi que la curiosité exacerbée de la jeunesse. Mais Fragment a aussi pour ambition de s’adresser à un public plus âgé, étant édité dans le Shônen Sunday, un magazine de prépublication, certes pour les garçons, mais pas pour les plus jeunes d’entre eux. Gageons qu’il y arrivera même si le défi s’annonce difficile à relever tant l’exercice est périlleux.

Il nous propose donc une œuvre rythmée, où on va à l’essentiel. Il est encore trop tôt pour voir toute la richesse de l’histoire mais on peut être immédiatement charmé par l’attendrissante Icolo, amusé par le naïf et spontané Blanco, attristé par les peurs enfantines comme celle envers l’autorité des adultes ou celle de ne pas avoir d’amis d’Icolo, ou enfin se réjouir de l’absence de craintes de Blanco. Tous ces sentiments passent parfaitement grâce au dessin de l’auteur. Il est toujours aussi superbe et personnel, même s’il est plus rond, plus enfantin, laissant une grande place aux personnages super déformés afin d’ajouter une touche d’humour bienvenue dans un récit qui serait bien sombre, bien triste. Et c’est totalement sous le charme que l’on referme ce premier volume, heureux d’une lecture aussi prenante et confirmant tout le talent de Shin Takahashi.
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