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Sujet test pour explosion de compteur en live

Ratatouille, pizza, patates... ]


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Thierry, 09.02.2005 à 8:58193761
ca me fait un peu peur...

"Hit Song Science", le détecteur des tubes de demain
LE MONDE | 08.02.05 | 14h42

La merveille technologique se nomme Hit Song Science (HSS), "la science du tube". Créé et commercialisé par Polyphonic HMI, filiale barcelonaise d'une société d'intelligence artificielle, ce programme informatique permet de déterminer le potentiel d'une chanson à se transformer en succès commercial. Des majors du disque (Universal et Sony), mais aussi des labels indépendants s'en sont équipés. Pour l'industrie musicale, ce serait la fin des incertitudes, la garantie mathématique d'un retour sur investissement.

Selon Polyphonic HMI, "les ingrédients musicaux qui séduisent n'ont pas changé depuis l'époque de Beethoven". HSS évalue un titre à partir de 20 critères, mélodie, harmonie, progression d'accords, qualité du son, rythme, tempo ou voix. Le modèle a été construit sur une base de 1,5 million de chansons, classées depuis trente ans dans le Billboard, l'hebdomadaire professionnel américain. Seul le potentiel commercial est mesuré, ce qui ne préjuge pas la qualité de l'œuvre.

Sur son site Internet, Polyphonic HMI propose aux musiciens de tester leur chanson contre la somme de 40,74 € (4 000 € pour un album complet). Le verdict tombe après 24 heures, sous forme de note : au-dessus de 7, le "carton" est assuré, en dessous de 4, le "bide" est programmé. La société se targue d'avoir prédit le succès de Come away with me, premier album d'une chanteuse américaine alors inconnue, Norah Jones, et, plus récemment, celui du groupe Maroon 5. Pour le PDG de Polyphonic HMI, Mike McCready, il ne s'agit que d'un "outil" : "HSS est à la musique ce que le rayon X est à la médecine. Le rayon X ne remplace pas le médecin. L'instinct et l'oreille sont toujours indispensables."

Polyphonic HMI prétend aussi aider les radios à constituer leurs "playlists". De quoi accentuer davantage encore le formatage ? "Aujourd'hui, on entend partout la même chose, constate Mike McCready. HSS peut au contraire permettre de détecter et promouvoir de vraies nouveautés." Et aussi de confondre les tricheurs, avec la fonction "affinity value", qui repère les plagiats.

Le PDG reconnaît les limites de l'invention. "Nous ne prenons pas en compte le contenu des paroles ni tout ce qui est visuel." HSS ne peut non plus prévoir le scandale (de Je t'aime moi non plus du couple érotique Serge Gainsbourg-Jane Birkin à God Save the Queen des Sex Pistols), la mort de l'artiste (Sittin'on the Dock of the Bay, d'Otis Redding, ou Woman, de John Lennon) ou l'exploitation d'un deuil (Candle in the Wind version Diana, par Elton John). Sans compter le plus important : le matraquage médiatique.

Bruno Lesprit

J-C, 04.02.2005 à 15:08193117
Le tourbillon vertigineux d'un nouveau pulsar X

LE MONDE | 03.02.05

L'objet céleste découvert grâce à un satellite de l'ESA effectue 600 révolutions sur lui-même par seconde.

Moins grand que Paris, plus lourd que le Soleil, l'astre tourne sur lui-même 600 fois par seconde. C'est un pulsar, le résidu ultra-concentré du cœur d'une étoile morte, dont les émissions de rayons X ont été découvertes le 2 décembre 2004 par le satellite Integral de l'Agence spatiale européenne (ESA), à 10 000 années-lumière de la Terre, en regardant en direction de la périphérie de notre galaxie.

Les résultats de ces observations, rassemblés au centre de récolte de données du satellite (Integral Science Data Center, ISDC), rattaché à l'université de Genève, devront être publiés prochainement dans la revue Astronomy & Astrophysics. En accomplissant une révolution en seulement 1,67 milliseconde - précisée à l'aide du satellite RXTE de la NASA -, cet objet hors normes détient le record de sa catégorie, celle des pulsars X milliseconde accrétants, autrement dit celle de ces rares toupies célestes que l'on a pu observer en train d'aspirer la matière de leur compagne, une étoile très proche.

Outre cette célérité exceptionnelle, IGR J00291 5974 (c'est son nom) possède toutes les caractéristiques qui assurent aux pulsars le rang de pièces maîtresses du cabinet des curiosités de l'Univers. La densité : une seule cuillerée de matière prélevée sur ces astres pèserait un milliard de tonnes. La force de son champ magnétique est des milliers de milliards de fois plus intense que celui de la Terre. Métronomes de l'espace, ces pulsars émettent, par leurs deux pôles, de fins pinceaux d'onde, principalement radio, avec une régularité qui aurait fait tousser l'horloge parlante.

Cette ponctualité toute ferroviaire a d'ailleurs failli faire dérailler les deux astronomes anglais, Jocelyn Bell et Anthony Hewish, qui en 1967 ont découvert le premier pulsar. L'exactitude des signaux leur fit même envisager que des extraterrestres tentaient peut-être de joindre la Terre. Par dérision, ils baptisèrent cette source "petit homme vert 1", avant d'adopter une terminologie plus sérieuse dérivée du terme anglais pulse ("impulsion périodique").

Depuis, les progrès techniques, notamment les nouveaux satellites, ont permis aux astronomes de mieux tâter ces pouls uniformes, de plus en plus nombreux à pouvoir être perçus au sein de notre galaxie, la Voie lactée. A ce jour, ils y ont dénombré plus de 1 000 pulsars, dont une immense majorité n'émettent que des signaux radio.

SPHÈRE DE 20 KM DE DIAMÈTRE

Au fil des découvertes, ils ont aussi reconstitué l'origine de ces phénomènes. Les pulsars résultent de l'effondrement du cœur d'étoiles de taille intermédiaire (les plus massives deviennent des trous noirs, les plus petites des naines blanches) après leur explosion finale en une supernova. Sous la contrainte de la gravité, la matière restante de l'étoile, des neutrons - particules élémentaires, électriquement neutres, qui entrent dans la composition des noyaux atomiques -, qui représentent une fois et demie la masse du Soleil, se concentre en une sphère d'une vingtaine de kilomètres de diamètre.

C'est cette contraction brutale qui fournit l'énergie de l'accélération vertigineuse de la rotation de ce qui est alors baptisé une étoile à neutrons, qui ne prendra le nom de pulsar que si ses flashes de phare cosmique sont perceptibles depuis la Terre. Après cette impulsion, le sort du pulsar solitaire n'est plus qu'une lente décélération, durant des millions d'années, couplée à un affaiblissement de ses émissions radio qui va peu à peu le rendre inaudible.

Toutefois, les astronomes ont constaté que certains maintenaient un rythme effréné. Quelques-uns pouvaient même être inscrits au club très fermé des pulsars millisecondes, dont la vitesse de rotation est largement inférieure à la seconde au tour. Ils ont supposé que ceux-là tiraient leur supplément d'énergie d'une longue vie commune, au sein d'un système binaire, avec un astre dont ils aspirent la matière jusqu'à la faire disparaître. La confirmation de cette étreinte mortelle date de 1998, avec la découverte du premier pulsar accrétant, en train de déchiqueter sa compagne. Au cours de ce dépeçage, l'apport d'énergie est tel que la nature des émissions du pulsar évolue. Aux ondes radio succèdent les rayons X, plus intenses.

"SOUPE DE PARTICULES"

"C'est pour cela qu'Integral, spécialisé dans la détection des rayonnements X et gamma, a pu découvrir ce nouveau pulsar X milliseconde accrétant, le sixième et le plus rapide connu dans cette catégorie", explique Thierry Courvoisier, responsable de l'équipe de l'ISDC.

Le record reste toutefois détenu par un pulsar isolé, découvert en 1982, qui tourne en 1,56 milliseconde. Mais IGR J00291 5934 peut encore espérer améliorer ses performances. "Il est certainement en train d'accélérer, constate Eric Gourgoulhon (CNRS-Observatoire de Meudon). La matière qu'il reçoit de sa compagne, une étoile naine, tombe sur lui de manière tangentielle, et forme un disque d'accrétion avant de glisser vers ses pôles magnétiques." Un peu comme une rafale de vent fouette les ailes d'un moulin en accroissant leur vitesse.

Jusqu'à quel point ? Les astronomes fixent généralement entre 0,7 et 1,1 milliseconde la limite au-delà de laquelle les pulsars se disloqueraient du fait de leur propre vitesse de rotation. "Cela dépendra de ce qu'ils contiennent vraiment, dit M. Gourgoulhon. On les appelle étoiles à neutrons un peu par commodité, sans être bien certain qu'ils ne se composent pas plutôt d'une soupe de particules - quarks, condensats de pions ou encore hypérons - aux qualités étranges."

A chaque contenu supposé correspond une modélisation qui ne serait plus valable au-delà d'une vitesse limite. Les chercheurs guettent donc ce pulsar affolé qui fera le tri dans leurs théories en éjectant les modèles qui ne résisteraient pas à sa vélocité extrême. Comme lorsqu'en 1979 ils servirent à deux physiciens américains, nobélisés depuis, à prouver, de manière indirecte, l'existence d'ondes gravitationnelles postulées par la théorie de la relativité générale d'Einstein, les pulsars pourraient ainsi trancher des questions qui, bien au-delà de l'astrophysique, taraudent la physique des particules.

Jérôme Fenoglio

J-C, 02.02.2005 à 16:07192832
ah mince, tu sais lire ? :-))

spirou2733, 02.02.2005 à 15:59192829
At'chao !

;o)))

J-C, 02.02.2005 à 15:51192824
Un bon siège de bureau doit accompagner les mouvements du corps

LE MONDE | 01.02.05

Nantie d'un fauteuil flambant neuf, Sandra, assistante de direction, n'est pourtant pas satisfaite : "Il est muni d'accotoirs qui, même dans la position la plus basse, viennent heurter le rebord de mon plan de travail, m'empêchant d'approcher suffisamment près de celui-ci.

De plus, si on ne retire pas ses mains à temps, on se pince les doigts !" Ces reproches sont courants. Les accotoirs aident à soutenir le haut du corps et à soulager la colonne vertébrale, mais ils empêchent le siège de glisser sous le bureau. Seules les versions "luxe" de certaines marques proposent des accotoirs courts ou susceptibles de se rabattre en arrière.

Ces doléances montrent qu'un siège fonctionnel ne saurait être choisi indépendamment des conditions de travail de l'utilisateur et de ses caractéristiques individuelles : taille, poids, acuité visuelle. C'est pourquoi, dans sa fiche pratique destinée aux employeurs et aux médecins du travail, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) recommande de "procéder à des essais prolongés par les utilisateurs en situation de travail de plusieurs modèles de sièges".

Florence, qui souffre de sciatique, a pu grâce au service médical de son entreprise participer à de tels tests. Pour elle, l'important est "un dossier qui maintienne tout le dos". En revanche, les personnes qui sont appelées à se tourner fréquemment supportent mal les dossiers hauts. De même, certains aimeront être bien calés à hauteur de l'écran avec accotoirs et repose-pieds, alors que d'autres, notamment les presbytes porteurs de verres progressifs, préféreront une position surélevée qui leur assure une vision parfaitement nette.

Faute de pouvoir se lever fréquemment, "il importe de varier la posture pour optimiser la circulation sanguine, prévenir la fatigue dans les jambes et la région lombaire", indique-t-on à l'INRS.

Les caractéristiques d'un bon siège de bureau, telles que définies par la norme NF EN 1335-1 (www.afnor.fr), stipulent que le fauteuil soit adaptable à la morphologie d'utilisateurs de taille et de poids très différents. L'assise doit offrir un soutien correspondant aux deux tiers de la cuisse sur sa longueur avec une distance suffisante entre le genou et le bord antérieur du siège. Elle ne doit pas être trop profonde (42 cm maximum) pour permettre les variations de l'inclinaison du fémur et l'utilisation du dossier.

Certaines assises sont réglables en profondeur pour s'adapter à la longueur des jambes. Toutes doivent être réglables en hauteur. Le dossier doit s'incliner de 100 à 105 degrés par la seule pression du dos et se verrouiller sans qu'on soit obligé de quitter le siège.

En outre, pour déplacer le siège facilement et en toute sécurité, le piétement doit comporter cinq points d'appui pour une bonne stabilité, des roulettes ou des patins et assurer le pivotement de l'assise. La branche de piétement mesurera entre 36,5 et 41,5 cm si les roulettes sont pivotantes. Le dispositif de verrouillage ne doit pas se dérégler à l'usage

Les utilisateurs apprécient l'assise active et la souplesse pour accompagner les mouvements du corps. Message reçu par les fabricants. Il n'y a qu'à lire, pour s'en persuader, les arguments publicitaires : "Agréé par votre corps", "Un bon siège bouge comme vous", proclame la marque suédoise RH (www.rhsieges.fr). "Restez assis sans être immobile", "Bougez votre esprit et le reste suivra", recommande le norvégien Hag.

La plupart des modèles sont pourvus des réglages indispensables (hauteur du siège, inclinaison du dossier) tandis que d'autres ajoutent de nombreux raffinements : ajustement "poids-taille" pour durcir ou assouplir le basculement, profondeur d'assise, hauteur du dossier, gonflement à volonté d'une poche d'air qui soutient la zone lombaire, réglage de l'appui cervical, possibilité de hausser ou de baisser, d'orienter, d'écarter, de basculer ou même d'enlever les accotoirs pour le fauteuil RH4 (1 100 €). Un abîme sépare les sièges d'entrée de gamme (60 € en grande surface, mais attention aux boulons qui se dévissent !) des "Rolls" ergonomiques, comme le Hag 09 en aluminium poli et cuir fin, avec appuie-tête et cintre intégré (à partir de 2 000 €). On trouve dans ces mêmes marques des produits moins onéreux (500 €).

Avant tout achat, le consommateur s'assurera que le siège répond aux normes minimales de sécurité et de confort et correspond à ses critères d'utilisation. Il s'informera aussi de la durée de la garantie (cinq à dix ans selon les fabricants).

Michaëla Bobasch

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Cinquante exercices pour rester en forme

Même assis derrière son bureau, il est possible de pratiquer des exercices d'assouplissement (nuque, dos, poignets) et de renforcer les muscles qui ont tendance à se relâcher (bras, cuisses, fessiers, abdominaux). Mis au point par un kinésithérapeute, la plupart de ces mouvements, de durée réduite (trois minutes) et de difficulté progressive, se pratiquent sans quitter son fauteuil ou en utilisant celui-ci comme un accessoire.

A lire : 50 exercices pour rester en forme au bureau, par Jean-Christophe Berlin (Flammarion, 127 p., 14,90 €).

J-C, 27.01.2005 à 14:12192187
Les belles glycines sont celles que l'on taille avec art et discernement

LE MONDE | 26.01.05

Une barre de fer de plus de trois centimètres de diamètre soulevée, tordue par l'étreinte d'une branche de glycine de Chine. Un exploit modeste pour cette plante grimpante d'un bleu aussi délicat que le parfum miellé et la générosité de sa floraison.

Le jardinier sait la force de cette "grimpante" et se laisse vite dépasser par tant de vigueur s'il n'y prend garde. Le voici alors bien embarrassé pour la contenir quand il n'est pas stupéfait des dégâts que cette liane cause aux grilles de clôture, voire aux piliers des portails qu'elle peut soulever et déséquilibrer ! "Il a bien de la chance, celui-là", se diront certains jardiniers dont la glycine végète, pâlotte et chétive... sans qu'on sache trop pourquoi.

La nôtre, qui recouvre une pergola, a toujours poussé sans produire trop de bois inutile. C'est une marcotte faite sur un pied plus que centenaire qui poussait à la manière d'un saule pleureur, juste soutenu par un pilier de pierre surmonté d'une robuste croix faite de deux poutres en bois. Une longue et fine branche qui avait déjà porté des fleurs a été courbée jusqu'à toucher la terre dans laquelle elle a été enfouie d'une dizaine de centimètres après avoir été coudée, un cavalier fait d'une fine tige d'acier pliée en U maintenant le tout dans le sol. Une opération que l'on peut faire en toute saison.

Comme il s'agit d'une marcotte, cette branche aussi grosse qu'un doigt n'a pas été détachée du pied, ainsi qu'on le ferait d'une bouture. L'autre extrémité, celle qui allait devenir un pied autonome, a été redressée délicatement et tuteurée. Une année plus tard, les racines avaient poussé et le pied était bon à planter ailleurs. Le geste ne demande pas de compétence particulière. Il suffit simplement de couper la marcotte côté pied mère au ras du sol et de déterrer soigneusement la petite glycine, en prenant soin de ne pas abîmer la motte de terre et les racines nouvellement constituées.

ACHETER EN FLEURS

Cette marcotte ayant été faite avec une branche qui avait déjà fleuri, ce nouveau pied a porté des fleurs l'année même de sa plantation. Ce qui ne se produit pas systématiquement avec les pieds achetés dans le commerce quand ils sont produits de semis. Le mieux est donc d'acheter sa glycine en fleur pour être certain de la couleur et d'une floraison rapide, auquel cas elle a souvent été greffée.

Par chance, ce pied, déjà gros comme le bras une dizaine de centimètres au-dessus de la terre, n'a jamais produit énormément de bois inutile, bien que la terre soit riche et humide en quasi-permanence. Orienté au sud-ouest, il reçoit beaucoup de soleil, et bien que la terre soit plutôt calcaire il n'est pas atteint de chlorose ; ses feuilles sont donc bien. En fait, si cette glycine n'a pas trop poussé en feuilles, c'est aussi que sa taille pendant ses premières années a toujours été faite de façon raisonnée.

Cette liane a tendance tout au long de la belle saison à produire des pousses à même le tronc dès sa base : elles ont été systématiquement, alors qu'elles étaient vertes et tendres, cassées avec le pouce utilisé comme racloir dès qu'elles apparaissaient, afin de faire en sorte que le pied ne se développe que par le haut.

Ensuite, les longues et fines branches qui partaient du haut du pied ont été sélectionnées. Il faut garder les plus vigoureuses, qui formeront la charpente - quatre suffisent pour une pergola de 16 mètres carrés - et impitoyablement supprimer les autres à leur point de naissance. L'erreur consiste à les raccourcir à quelques centimètres de là où elles naissent. Du coup, elles produisent deux ou trois branches là où il n'y en avait qu'une, et la ramure devient un entrelacs impossible à maîtriser et bien souvent peu florifère !

Les branches conservées com-me charpentières ont été laissées libres de grandir, mais on s'est ingénié à ne pas les laisser s'enrouler autour de leur support afin qu'elles ne le tordent pas... sauf une qu'on n'aura pas vu étrangler la barre de fer. Les années suivantes, elles ont produit des branches latérales qui, et c'était le but recherché, ont formé des pousses moins longues porteuses de fleurs.

TROIS HEURES DE TRAVAIL

Une glycine que nous connaissons bien, taillée par raccourcissement annuel des nombreuses branches très longues et très fines, et non par suppression pure et simple, est devenue quasi incontrôlable et ne fleurit presque pas. Le mieux serait, vu qu'elle a été plantée il y a quatre ou cinq ans, de la couper au ras du sol et de repartir de zéro en ne conservant que la plus belle branche qui surgira de la souche, pour la conduire comme il faut sur la façade.

Bon, la nôtre déjà formée vient d'être taillée pour le printemps. Trois heures de travail perché sur un escabeau pour bien dominer la situation. Les bourgeons commençant à gonfler, on repère facilement ceux qui vont porter des fleurs et sont portés par des petites tiges de quelques centimètres de longueur, au bout desquelles souvent une cosse de graines pend. La taille consiste alors à couper les tiges desséchées et les pousses démesurément longues, qui ne servent à rien vu que la glycine a sa taille définitive, pour favoriser la production de petites branchettes porteuses de fleurs. Aussi simple à faire que compliqué à expliquer.

Alain Lompech

At'chao !

J-C, 25.01.2005 à 14:52191840
Les potages industriels ne remplacent pas les "soupes maison"

LE MONDE | 25.01.05

Les deux tiers des soupes consommées en France sont encore confectionnées à la maison. C'est pourquoi les industriels, qui, selon le Syndicat national des fabricants de bouillons et potages, vendent pourtant 311 millions de litres de soupes toutes prêtes, ont bon espoir de progresser. Forts des recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) qui conseille d'enrichir l'alimentation en légumes, certains ont créé de nouvelles gammes diététiques : "Ligne" de Knorr ou "Sveltesse" chez Maggi.

Chez Knorr, on souligne les vertus de la soupe "dans la prévention nutritionnelle des maladies cardio-vasculaires, des cancers et tous phénomènes délétères liés au stress oxydatif". La marque propose des "kits d'entreprise Cup-a-soup", sachets instantanés de soupe à boire pour combattre les petits creux et remplacer les sucreries. Enfin, les gourmands ne sont pas oubliés avec des recettes originales et des appellations suggestives : "Soupes créatives" de Liebig, "Caresse de légumes" de Knorr.

Trois grands groupes se partagent l'essentiel du marché : Campbell (Liebig, Royco), Unilever (Knorr) et Nestlé (Maggi). Selon une enquête Ipsos, leurs produits séduisent à la fois les jeunes citadins adeptes de la restauration rapide et les consommateurs âgés que la cuisine rebute.

Les qualités nutritionnelles de la soupe sont indiscutables. En effet, elle associe de l'eau qui permet de s'hydrater, surtout en hiver lorsqu'on a moins soif, des légumes (apport en fibres) et parfois des féculents (glucides lents). Sa composition varie à l'infini en fonction de la saison et de l'humeur du cuisinier : gaspacho en été, poireaux-pommes de terre ou potiron-châtaignes en hiver. Malgré la diversité des ingrédients, elle reste peu calorique... à condition de ne pas ajouter de matières grasses, ce qui est malheureusement le cas dans la plupart des soupes industrielles.

Ces lipides servent à améliorer le goût et la texture. Les plus couramment utilisés sont l'huile d'olive ou de tournesol, les matières grasses végétales hydrogénées, la crème fraîche, le beurre concentré, les fromages, la graisse de poule. Certains potages en contiennent jusqu'à 5,7 grammes pour 10 centilitres ("Douceur d'épinards au Boursin" de Knorr).

Autre point à surveiller, la proportion parfois excessive des glucides, qui peut atteindre 6 grammes pour 10 centilitres, dont un tiers de sucres. Il est difficile de savoir s'ils proviennent des légumes, de l'amidon des féculents ou s'ils ont été ajoutés pour neutraliser l'acidité ou pour caraméliser les légumes avant la cuisson.

L'apport journalier en sel ne doit pas être supérieur à 8 grammes (soit 4 grammes de sodium) ; les soupes dépassent rarement 0,75 gramme par assiette. Il faut toutefois éviter de cumuler soupe, fromage et charcuterie dans le même menu.

16 % À 54 % DE LÉGUMES

La teneur en légumes des potages est très variable : de 16 % à 54 %. La quantité de fibres n'est pas toujours annoncée et, pour les nutritionnistes, elle est insuffisante lorsqu'elle est inférieure à 3 grammes pour 10 centilitres.

Les soupes industrielles se présentent sous diverses formes : déshydratées (à cuire ou instantanées), en boîte, liquides en briques ou en bouteilles, liquides au rayon frais. Les potages déshydratés sont préparés à partir de matières premières lyophilisées (congelées puis séchées sous vide pour permettre une réhydratation rapide des composants) ou bien déshydratées dans un courant d'air chaud ou mises en étuve sous vide. Ces produits présentent l'avantage d'un faible poids et d'un encombrement minimum.

Les soupes liquides sont en nette progression ( 31 %). On a recours pour leur fabrication à la technique UHT (ultra-haute température) : stérilisation à 140 °C pendant un temps très court, suivie d'un refroidissement immédiat. Les soupes du rayon frais (Bonduelle, Créaline) sont soumises à une date limite de consommation (DLC). Quel que soit le procédé, il détruit partiellement les vitamines ; c'est pourquoi il est nécessaire d'en rajouter.

La mention "sans colorant ni conservateur" figure souvent sur l'emballage. C'est louable, mais il faut savoir que les conservateurs dans les potages sont interdits par la législation. La longue liste des divers additifs est inscrite sur l'étiquetage. On trouve des épaississants destinés à donner du liant (amidon modifié, amidon transformé de maïs, dextrose, gomme xanthane) et des exhausteurs de goût (glutamate, guanylate).

Quant au prix, il est nettement supérieur à celui de la soupe maison. Selon la recette et le conditionnement (plus c'est petit, plus c'est cher). Le litre de soupe en brique coûte entre 1,04 € et 4,48 € (jusqu'à 7 € pour les produits du rayon frais), alors qu'il est possible de préparer chez soi en dix minutes un excellent poireaux-pommes de terre pour 0,80 €.

La soupe industrielle, qui a fait d'incontestables progrès, peut donc rendre service à l'occasion, mais ne saurait remplacer les préparations maison. Avant de remplir son panier, le consommateur aura intérêt à lire attentivement l'étiquetage, et plus spécialement la contenance, car les conditionnements de ces soupes sont très variables.

Michaëla Bobasch

At'chao !

J-C, 21.01.2005 à 14:14191235
Les démêlés du tramway sans fil

LE MONDE | 20.01.05

Un an après son inauguration, le tramway de Bordeaux a renforcé son système d'alimentation par le sol pour éviter les pannes intempestives.

Journée difficile, le 21 décembre 2003, pour Hubert Peugeot. Ce jeune ingénieur d'Alstom Transport, chef du projet de tramway de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), devait se justifier devant Alain Juppé, président de la CUB, des incidents techniques qui avaient émaillé l'inauguration en fanfare du réseau.

Des incidents liés à l'alimentation par le sol (APS) du tramway, un système inédit mis en place pour remplacer les inesthétiques caténaires dans les parties les plus pittoresques de l'agglomération. Des canettes de boissons ou des bandes métalliques parfois posées intentionnellement en travers de la voie avaient provoqué des courts-circuits intempestifs tout au long de la journée. Alain Juppé avait donné un an à l'industriel pour corriger le défaut et garantir une disponibilité maximale du réseau, à défaut de quoi il menaçait d'en revenir partout aux traditionnelles caténaires.

L'idée de l'alimentation par le sol des tramways à Bordeaux remonte au début du XXe siècle. La ville, qui possède le secteur sauvegardé le plus vaste de France, l'avait adoptée comme Paris, Londres et New York pour protéger l'esthétique de ses monuments. Le câble d'alimentation électrique circulait alors dans une conduite enfouie sous la voie, et les tramways captaient l'énergie via une large rainure entre les deux rails. "Ce système manquait de fiabilité et, surtout, ne garantissait pas la sécurité des personnes, souligne Hubert Peugeot. Il y avait risque d'électrocution à travers la rainure."

L'idée a ressurgi au milieu des années 1990, quand Alain Juppé a repoussé le projet de métro automatique (le VAL), jugé trop coûteux, au profit d'un tramway de surface. A la suite des recommandations des architectes des Bâtiments de France et du ministère de la culture, le maître d'ouvrage a voulu éliminer les caténaires sur 10 kilomètres de la première tranche du réseau, qui compte 23 kilomètres au total. Alstom et son partenaire, Spie, avaient le choix entre l'alimentation par le sol et l'installation, dans chaque tramway, d'une réserve d'énergie (pile à combustible ou volant d'inertie), toutes ces solutions étant encore à l'état de recherche.

Les deux industriels se sont finalement ralliés à un procédé d'APS imaginé en 1997-1998 par Olivier Perraud, un ingénieur de la société SGTE (groupe Spie). La SGTE a créé une filiale, Innorail (aujourd'hui dans le groupe Alstom), pour développer ce procédé. Elle l'a testé sur le site du réseau du tramway de Marseille puis à La Rochelle, dans une usine d'Alstom Transport, enfin à Bordeaux même, à chaque fois sur des tronçons hors exploitation commerciale. "Mais, malgré nos efforts et en dépit des certifications par les services techniques de l'Etat, il n'était pas possible d'anticiper certains défauts que seule l'exploitation, en vraie grandeur et en service commercial sur le site de Bordeaux, pouvait révéler", note Hubert Peugeot.

Le système Innorail d'alimentation par le sol consiste en une succession de segments métalliques de 8 mètres de long, placés au milieu de la voie et séparés les uns des autres par un isolant de 3 mètres. Chaque segment de ce rail central est relié à un coffret d'alimentation en sous-sol, à raison d'un coffret pour deux segments. Le courant continu (750 volts) arrive aux coffrets par un câble isolé dans une alvéole.

Lorsqu'une rame de tramway recouvre un segment, le coffret correspondant détecte sa présence via une antenne. Il envoie aussitôt du courant dans le segment, lequel peut ainsi alimenter la rame. Dès que le segment n'est plus recouvert, le coffret cesse de lui envoyer du courant et la rame s'alimente au segment suivant.

"Les segments ne reçoivent du courant que lorsqu'ils sont intégralement recouverts par une rame, souligne le chef du projet. Il n'y a de la sorte aucun danger pour le public."Les coffrets disposent d'une capacité d'analyse qui leur permet de se mettre hors circuit dès qu'ils détectent une anomalie. Dans ce cas, les rames "sautent" le segment correspondant et continuent sur leur lancée jusqu'au segment suivant. En cas d'incidents en cascade et de mise hors circuit de plusieurs coffrets consécutifs, les rames peuvent encore poursuivre leur parcours grâce à une batterie de secours.

Mais ces précautions se sont révélées insuffisantes, ainsi que l'ont montré les premiers mois d'exploitation. "On a découvert que les coffrets d'alimentation pouvaient ne pas résister à des courts-circuits extérieurs, dit Hubert Peugeot. Certains composants électroniques ont beaucoup souffert de l'effet thermique de ces courts-circuits." L'industriel a aussi constaté une dégradation prématurée, en certains endroits, de l'isolant qui protège les soudures du câble d'alimentation. Il a aussi découvert que les coffrets pouvaient s'isoler simplement en détectant des courants de très faible intensité apparaissant en cas de pluie.

EXPLOITATION SAUVEGARDÉE

En 2004, Alstom a donc tenté de remédier à ces insuffisances. En intervenant la nuit, en dehors des heures d'exploitation commerciale, les techniciens de maintenance ont enlevé un à un les coffrets d'alimentation et les ont envoyés chez un industriel d'Alès pour y être modifiés. Alstom a renforcé l'isolation électrique des jeux de barres (liaisons en cuivre qui transportent le courant en amont et en aval des contacteurs), surmoulé l'ensemble des cartes électroniques dans une résine de plusieurs millimètres d'épaisseur, affiné la détection du signal qui annonce l'arrivée d'un tramway et placé des aimants supplémentaires pour chasser au plus vite un arc électrique pouvant se produire à l'ouverture des contacteurs.

"Chacune de ces interventions a nécessité de longs essais préalables ainsi que l'aval d'experts indépendants, précise M. Peugeot. Mais nous avons réussi à ne jamais interrompre volontairement l'exploitation commerciale du tramway."

Le 21 décembre 2004, un an après l'inauguration de la ligne A, on a relevé 99,6 % de disponibilité du système APS sur le mois écoulé. L'objectif imposé au maître d'œuvre est d'atteindre le régime nominal de disponibilité (99,8 %) le 3 juillet 2005, un an après la mise en service du dernier tronçon. "Nous avons bon espoir de remplir nos engagements envers les Bordelais, assure le PDG d'Alstom Transport France, Thierry Best. Cela devrait rassurer les délégations qui viennent du monde entier voir notre tramway sans caténaires."

Le système APS revient trois à quatre fois plus cher que des lignes aériennes de contact (LAC). Il a coûté à Bordeaux 15 millions d'euros, ce qui ne représente jamais que 2,5 % du coût total du tramway (un peu plus de 600 millions d'euros). Mais ses atouts ne se limitent pas à l'esthétique. Il rend inutiles les démarches pour l'accrochage des lignes aériennes aux façades ainsi que les emprises de génie civil pour la pose de poteaux. Et il libère aussi l'espace situé au-dessus du tramway pour d'éventuels usages urbanistiques.

André Larané

At'chao !

lanjingling, 19.01.2005 à 22:07190998
a propos de la decouverte d'hydrocarbures sur Titan , libe avait titre "titan au pays de l'or noir"
(j'aurai peut-etre pu le mettre dans "la presse parle de b.d......:o))

J-C, 19.01.2005 à 14:39190862
Les images mystérieuses de Titan

LEMONDE.FR | 18.01.05

Les premières photographies du satellite de Saturne, diffusées en basse résolution, posent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses.

Bienvenue sur Titan ! Sa lumière orangée, ses lacs, ses rivages… Ou plutôt, ses brumes de méthane, ses glaces, ses hydrocarbures… Les commentaires entourant la divulgation des premières images du satellite de Saturne, dans les heures qui ont suivi l'atterrissage de la sonde européenne Huygens (Le Monde daté 16-17 janvier), l'ont dépeint sous des aspects pour le moins contrastés.

Il est vrai que ces clichés, diffusés au compte-gouttes par l'Agence spatiale européenne (ESA) et le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, ont de quoi faire rêver. Si floues soient-elles - les chercheurs prévoient de rendre publiques des photographies haute définition dans les prochains jours -, ces images sont porteuses d'une charge émotionnelle rare. Celle de l'inconnu. Du jamais-vu. De la toute première fois.

Trois siècles et demi après la découverte de la première lune de Saturne, en 1655, par l'astronome néerlandais Christiaan Huygens, vingt-cinq ans après l'ébauche d'une mission d'exploration commune par les Américains et les Européens, sept ans après le lancement d'une sonde vers cet astre situé à plus de 1,2 milliard de kilomètres de la Terre, un monde nouveau se dévoile, devant lequel on ne peut que s'émerveiller.

L'interprétation de ces vues, elle, appelle à davantage de distance. "Le voile se lève à peine sur Titan", insiste Francis Rocard, chargé des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES). Il faudra des mois, des années, pour analyser les 350 photographies et les milliers de mesures transmises par Huygens.

La vision la plus complète de Titan est offerte par une vue panoramique de 360º, reconstituée à partir d'une série de clichés pris à 8 kilomètres d'altitude, avec une résolution de 20 mètres par pixel. Elle fait apparaître des surfaces claires et d'autres sombres, délimitées par ce qui ressemble à une zone côtière et pommelée de traînées blanches.

"En voyant ces images, certains de nos collègues, qui viennent souvent à Cannes chez Alcatel Space [chef de file du consortium industriel qui a fabriqué Huygens], ont plaisanté sur leur ressemblance avec la Côte d'Azur", relate François Raulin, exobiologiste au Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (université Paris-XII) et l'un des trois "scientifiques interdisciplinaires" de la mission.

Plus sérieusement, estime-t-il, les traînées blanches pourraient être des nappes de brume de méthane. Quant aux zones plus sombres, à la surface lisse et aux contours bien découpés, elles évoquent, reconnaît-il, des lacs ou des étendues liquides. "Ce n'est qu'une hypothèse. Nous n'avons à ce stade aucune preuve", ajoute-t-il aussitôt.

Le planétologue américain Marty Tomasko, de l'université de Tucson (Arizona), responsable de l'imageur d'Huygens, "ne peut pas s'empêcher" de voir "des canaux de drainage et un rivage" sur une autre photographie, l'une des toutes premières rendues publiques, où l'on aperçoit, à une distance de 16 kilomètres et avec une résolution de 40 mètres, un sol grumeleux parcouru par un réseau de nervures paraissant conduire à une côte. "La zone était peut-être humide il n'y a pas si longtemps", hasarde-t-il.

Aucun expert ne s'aventure toutefois à affirmer qu'il existe aujourd'hui sur Titan des fleuves, des rivières ou des bassins charriant ou contenant un corps liquide. Celui-ci ne serait de toute façon pas de l'eau. Les capteurs d'Huygens, qui ont enregistré un minimum de température atmosphérique de - 202ºC et mesuré - 180ºC au sol, ont confirmé que Titan est un monde de froidure où l'eau ne peut être présente que sous forme de glace.

Il s'agirait plus vraisemblablement d'hydrocarbures, méthane ou éthane, à l'état liquide. Ce qui expliquerait la présence de méthane dans l'atmosphère de Titan. Et serait concordant avec les mesures d'Huygens, qui montrent une plus forte teneur de ce gaz à basse altitude. Mais contredirait en revanche les observations de Cassini, qui n'a pas détecté d'étendue liquide. Le radar de l'orbiteur, il est vrai, a surtout scruté le pôle Nord du satellite, alors qu'Huygens s'est posée près de son équateur.

Les planétologues ne se prononcent pas non plus sur la nature physique de galets photographiés à moins de 1 mètre de distance. "Nous avons d'abord cru à un canular, tant on dirait un paysage martien", relate François Raulin. Ces blocs, dont les plus gros mesurent une quinzaine de centimètres, semblent joncher le lit d'une rivière asséchée. Mais s'agit-il de cailloux, ou de boules de glace d'eau? Les traces d'érosion qu'ils présentent à leur base sont-elles le fait d'un écoulement ou celui du vent? Leur couleur foncée leur est-elle donnée par un dépôt superficiel d'hydrocarbures?

Les scientifiques se montrent plus affirmatifs quant à la géologie du site où s'est posée la sonde. Le sol n'était, à cet endroit, pas liquide, car l'atterrisseur aurait sombré au bout de quelques minutes, au lieu de continuer à émettre pendant plus de deux heures. Chargé de l'instrument d'analyse de surface, John Zarnecki, de l'Open University Milton Keynes (Grande-Bretagne), décrit un sol meuble se comportant, d'un point de vue mécanique, comme du "sable mouillé". Ou, de façon plus imagée, comme de la "crème brûlée", avec une croûte superficielle recouvrant un substrat plus mou, dans lequel le pénétrateur de la sonde s'est enfoncé d'environ 15 centimètres. Reste à savoir si tout le satellite est aussi "crémeux".

La force de l'image fait qu'a été passé au second plan ce qui constitue pourtant le cœur de la mission européenne : l'étude de la composition chimique de l'atmosphère de Titan. Le collecteur et analyseur d'aérosols "a parfaitement fonctionné", se réjouit François Raulin. Mais il faudra plusieurs semaines pour exploiter sa moisson. Et peut-être mieux comprendre, en décryptant les mécanismes de la chimie organique complexe à l'œuvre à l'autre bout de l'Univers, comment la vie est née sur Terre.

Pierre Le Hir

At'chao !