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Thierry, 24.05.2013 à 19:23351222
sortie récente, les albums espagnols datent de 2007-2010

Pierre, 24.05.2013 à 19:03351221
Thierry :
un volet de plus dans l'évocation de l'Espagne Franquiste par Carlos Gimenèz. Cette fois, il s'intéresse au Madrid ravagé par la guerre d'Espagne, entre 1936 et 1939. Si cette guerre est parfois abordée par son aspect 'romantique', par l'idéalisme des légions internationales, Gimenèz rappelle que c'était avant tout une guerre, et que les civils ont payé un lourd tribut.
A travers de nombreuses anecdotes, Gimenèz dresse un portrait saisissant de l'ambiance dans la ville, met en lumière les petites bassesses, la souffrance au quotidien... comme toujours, c'est excellent.


Merci, j'ai raté la sortie de ce volume. Est-ce une création récente ou bien une anthologie de travaux plus ou moins anciens ?

Sinon, du même, je conseille toujours Pepe, qui est dans lignée des Professionnels:

Pierre, 24.05.2013 à 18:55351220
Thierry :
j'avais juré ne jamais lire la suite de Sasmira


Tu es faible Thierry ! (ou sentimental, ce qui revient au même. Pauvres humains que nous sommes)

Charlie Brown, 24.05.2013 à 14:09351215
Mael :

3 loups idiots quand même hein, faut pas déconner.


Maël, il faut te décider ! Ou c'est 3 loups idiots, ou c'est 4 étoiles, mais tu ne peux pas bullenoter d'une façon et bulleforumer d'une autre. Un peu d'éthique, que diable ! :o)

Mael, 24.05.2013 à 12:58351212
C'est marrant les lectures, j'ai trouvé la première partie plus poussive et ensuite j'ai eu l'impression qu'on trouvait enfin le délire que j'aime tant (le passage des trolls !!!) même si oui ça retombe avec l'habitude, mais je trouve qu'il s'en tire assez bien en finissant par fuir les villes, ses propre personnages trouvant eux même que ça fait un peu long et systématique.

SydN, 24.05.2013 à 11:05351199
Mael :
Un petit peu déçu tant généralement Libon me fait hurler de rire. C'est drôle hein, mais moins que le tome 1, il y a moins de surprises même s'il y en a un peu (l'intrigante petite fille), le grand n'importe quoi des différentes villes traversées est une bonne trouvaille après il manque le peps du premier tome ou des autres séries de Libon. Pour le dessin et les couleurs c'est toujours très joli. 3 loups idiots quand même hein, faut pas déconner.


je viens de le lire aussi. Quand meme la première moitié est absolument hillarante !
A partir de la seconde ca s'essoufle un peu, on comprend vite le truc (une nouvelle ville= un nouveau délire, et puis on sent que quand faut créer un univers délirant, il est fort, mais pour trouver des solutions aux situations absurdes qu'il a créé, c'est plus difficile, donc le rythme en patie un peu. Et c'est moins surprenant, effectivement)
mais j'ai quand meme bcp aimé

Mael, 24.05.2013 à 10:06351196
chrisB :
Il est vraiment si top que ça le Lartigues et Prevert ?

Et Iron, personne pour en parler ?


Un peu couillon que je suis cette question m'a poussé ) me procurer les deux (ce que je comptais faire à plus ou moins long terme).

Oui c'est vraiment bien, j'ai navigué entre coup de coeur et 4 étoiles, à la réflexion ce n'est quand même pas un coup de coeur mais c'est à lire. Il y aun fond d'intrigue policière qui lie le tout mais ça vaut vraiment le coup par l'inventivité narrative et plastique, les petits morceaux de la vie de Lartigues et Prévert (épiciers en fuite après avoir été accusés de meurtre) sont donnés par morceaux, avec entre chaque de nombreux autres petites choses qui lève un peu le voile. Le tout avance sans forcer, porté par un très beau dessin (qui ne copie pas du tout Ware) et montrant parfaitement le lent développement de la folie et du reniement. 4 vieilles bagnoles donc.

Alors que j'attendais "Lartigues et Prévert" je n'attendais pas "Iron", dont je n'avais jamais entendu parler. La première impression c'est la beauté de l'objet, avec son carton visible, très élégant, et le dessin très léché, avec de superbes couleurs directes parfaitement maîtrisées. C'est un récit de guerre très délicat, sur une guerre larvée, après une armistice officielle. Une histoire de résistance donc, où un petit groupe tente (légitimement ? Finalement on ne le sait pas encore) d'inverser ce qui se passe au pouvoir, quitte à sacrifier des innocents. C'est aussi l'histoire d'enfants dont le père meurt bêtement, alors qu'il était le héros de ses pairs, qui doivent tant bien que mal prendre l'héritage. On voit ainsi ceux qui se retrouvent embarqués malgré eux, de force, forcés à se positionner parce que leur famille, parce que leurs amis... "Le Lâche" est à ce titre un des plus beaux chapitres. Ce n'est qu'un tome 1, énormément de choses sont en suspend, mais c'est une très belle réussite. J en'ai pas dit que c'était animalier au fait, mais là aussi ça marche très bien. 4 lapins.

J'ai relui ça (et quelques autres Isabelle) et je me suis rendu compte que je n'avais jamais du les lire. C'est très beau, fin, drôle, surtout ce tome là qui est un véritable coup de cœur, ceux qui suivent sont sympathique mais pas à ce point réussi (ce tome est au niveau de "L'astragale de Cassiopée", qui le précède).


Il y avait longtemps que je tournai autours de ce gros machin, à la fois séduisant et repoussant. Glotz a fini par l'acheter, je l'ai donc emprunté et j'ai été très agréablement surpris par la façon dont Ibn al Rabin réussi à tenir sur autant de page de manière tout à fait pertinente avec un fil conducteur aussi ténu (un homme voit le fantôme de son ex-compagne, personne ne le croit mais petit à petit d'autres voient des fantômes, jusqu'à la panique générale. Pendant ce temps deux personnes recherchent des traces d'un grand-père mort dans les environs, qui aurai habité la maison du premier homme cité). Comme d'habitude - et même s'il y a de très belles scènes de paysages nocturnes prouvant aux imbéciles qu'Ibn Al Rabin sait parfaitement dessiner - ce sont avant tout les dialogues qui font mouche. Tout est habilement ciselé pour faire naître le décalage et j'ai réellement ris à plusieurs fois. Bien sûr comme Trondheim, mais dans une moindre mesure, il y a des "automatismes", le moment où l'on sent que le métier supplée à l'idée, peut-être aurait-il fallu sacrifier quelques "dialogues rigolos" et faire moins de pages mais globalement les 1096 pages passent très bien ! D'autant que ce n'est pas "que" rigolo, il y a de bon - parce que très légèrement apportés - passages sur la médecine, le politique, et tout simplement sur le deuil, avec une très belle scène à la fin, réellement émouvante, mais je n'en dis pas plus évidemment.
En cadeau un dialogue qui m'a fait me dire, au milieu de ma lecture, "ok, au moins 4 étoiles" :
"- J'ai trouvé un truc...
- Quoi comme truc ?
- Ben un truc, quoi...
- Montre... (silence) Effectivement, c'est un truc.
- Ben oui. Tu t'attendais à quoi ?
- Oh, à rien de spécial. Enfin, des fois les trucs, c'est quelque chose."
4 fantômes donc.

Il faudrait que je compare les différences avec l'ancienne éditions, quelques planches ne me disaient rien et certains récits plus longs n'y étaient certainement pas. Mais le tout est vraiment très très cohérent, l'édition est magnifique, on ne va pas refaire le débat sur la couverture. Tous les récits ne viennent pas de jazzman (il y en a au moins un issu de Ferraille) donc ça manque un peu de sources (chose à laquelle Cornélius n'habitue pas) mais bon. 4 saxophones.

Un petit peu déçu tant généralement Libon me fait hurler de rire. C'est drôle hein, mais moins que le tome 1, il y a moins de surprises même s'il y en a un peu (l'intrigante petite fille), le grand n'importe quoi des différentes villes traversées est une bonne trouvaille après il manque le peps du premier tome ou des autres séries de Libon. Pour le dessin et les couleurs c'est toujours très joli. 3 loups idiots quand même hein, faut pas déconner.

Charlie Brown, 24.05.2013 à 9:46351193
lanjingling :
Charlie Brown :




Agréablement surpris par cette lecture "journal-de-spiruvienne" pour jeunes ados. C'est enlevé, fluide, amusant, les dialogues sont soignés et font mouche... et le foot n'est, pour l'instant, pas le thème central de l'histoire. Un bon début.

Ta description me fait penser à un mélange de "mon pépé est un fantôme" (autre "lecture "journal-de-spiruvienne") et "hikaru no go", avec une balance penchant plus vers le premier évidemment.


Je ne connais pas Hiraku no go, mais, indéniablement, il y a un peu de Mon pépé est un fantôme dedans (une série que j'aime bien aussi d'ailleurs), même si, histoire de fantôme à part, on n'est pas tout à fait dans le même registre. Louca ne connaissait pas le fantôme avant qu'il apparaisse et celui-ci ne sait pas ce qu'il fait là. Le scénario me semble aussi plus mince et moins "travaillé", moins fouillé, voire moins ambitieux (exit les problèmes familiaux, par exemple), que celui de Nicolas Barral, mais, pour l'instant, cette légèreté et cette désinvolture me conviennent parfaitement.

wandrille, 23.05.2013 à 21:42351190
chrisB :
Il est vraiment si top que ça le Lartigues et Prevert ?

Et Iron, personne pour en parler ?


Moi je l'ai trouvé très beau, mais j'ai parfois eu des problèmes à suivre la narration. Trop elliptique, on sous tend, on sous tend et puis à un moment, on perd le fil, qui, à force d'être sous tendu n'est plus visible.

Parfois, un peu de nervosité n'est pas si mal.

Je dis ça pour critiquer parce que, outre que l'album est absolument une beauté d'Objet, le dessin de Benjamin Adam est une bombe.

Et pour donner un peu de matière à la critique de Pierre, disons que, s'il y a un reproche à faire à cette couverture, de mon côté, c'est qu'on lit mal le L de Lartigues. J'ai un instant cru que c'était Artigues et Prévert.

lanjingling, 23.05.2013 à 17:19351188
Charlie Brown :




Agréablement surpris par cette lecture "journal-de-spiruvienne" pour jeunes ados. C'est enlevé, fluide, amusant, les dialogues sont soignés et font mouche... et le foot n'est, pour l'instant, pas le thème central de l'histoire. Un bon début.

Ta description me fait penser à un mélange de "mon pépé est un fantôme" (autre "lecture "journal-de-spiruvienne") et "hikaru no go", avec une balance penchant plus vers le premier évidemment.

Thierry, 23.05.2013 à 11:30351178
Baghdad sous les bombes. Le zoo détruit, les animaux se retrouvent libérés, errant dans la ville en ruine. Quatre lions tentent de survivre... fable animalière étrange, qui ne manque pas d'attraits, et mis en image avec souffle, mais auquel il manque quand même un petit rien pour devenir un grand livre.

Charlie Brown, 23.05.2013 à 10:15351176




Agréablement surpris par cette lecture "journal-de-spiruvienne" pour jeunes ados. C'est enlevé, fluide, amusant, les dialogues sont soignés et font mouche... et le foot n'est, pour l'instant, pas le thème central de l'histoire. Un bon début.

(P.S. à l'intention des bulle-artisans : le titre de ce tome 1 est Coup d'envoi et non Graine de champion... Ça a dû changer entre la prévision et la réalisation...)

Charlie Brown, 22.05.2013 à 10:32351159
Thierry :
gros buzz pour un album finalement pas si intéressant que ça, la faute sans doute à un manque de clé pouir le décoder. Car ce livre esten fait très fortement inspiré de la vie de Cordwainer Smith, écrivain de SF. On y retrouve des éléments de sa vie (son enfance en Chine), des élkéments de son oeuvre (la planète prison ou son style à la chronologie non-linéaire)
Alors, oui, c'est séduisant visuellement. Il y a des idées mais tout cela paraît un peu vain, à l'image d'une intervention un peu WTF de Franquin en plein milieu.


Je vois ce que tu veux dire, mais ça ne m’a pas gêné du tout, le récit fonctionnant de manière autonome, qu'on saisisse les références ou pas. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé l’ambiance et les multiples références (dont sûrement des tonnes m’ont échappé) aux oeuvres des années 50 (BD franco-belge et américaine, cinéma bis, séries B et Z, science-fiction, polar, espionnage, oeuvres d’art, peinture, mode, design... etc... Ça manque juste un brin de musique, peut-être, dans cet hommage aux "mauvais genres"...), et ce récit au brassage un peu foutraque qui fait qu’on ne comprend pas tout, mais on s’en fout un peu. Comme on pouvait sûrement, dans les années 50-60, se foutre un peu de toutes ces productions (cinématographiques, littéraires, télévisuelles, BD...), tout en restant captivé, et amusé. La première partie est bien meilleure que la seconde, cela dit. Ce qui emporte l’adhésion (et qui me fait hausser ma bullenote à 4 étoiles), c’est bien évidemment le dessin d’Alexandre Clérisse, le plaisir éprouvé lors de cette lecture étant d’abord visuel et esthétique.

Thierry, 21.05.2013 à 11:15351153
un volet de plus dans l'évocation de l'Espagne Franquiste par Carlos Gimenèz. Cette fois, il s'intéresse au Madrid ravagé par la guerre d'Espagne, entre 1936 et 1939. Si cette guerre est parfois abordée par son aspect 'romantique', par l'idéalisme des légions internationales, Gimenèz rappelle que c'était avant tout une guerre, et que les civils ont payé un lourd tribut.
A travers de nombreuses anecdotes, Gimenèz dresse un portrait saisissant de l'ambiance dans la ville, met en lumière les petites bassesses, la souffrance au quotidien... comme toujours, c'est excellent.

Thierry, 21.05.2013 à 11:13351152
j'avais juré ne jamais lire la suite de Sasmira, considérant que certaines histoires gaganient à ne pas être terminée. Trop d'attente ne peut que générer la déception. Mais l'occasion fisant le larron, j'ai finalement lu cette fausse note, qui porte assez bien son titre. J'avais relu au préalabale le premier tome qui m'a semble finalement déjà poussif. Mais, dans le copntexte de l'époque: le retour de Vicomte, un point de départ mystérieux, une vraie élégance du dessin... j'étais, comme beaucoup, prêt à pardonner un scénario finalement très convenu et un peu maladroit dans sa construction. J'étais aussi prêt à passer outre des personnages particulièrement fades et transparents, me disant que Vicomte corrigerait ces défauts en cours de route.
Ben non, la genèse du tome deux fut un long calvaire, et sa lecture fut, pour reprendre l'image d'un philosophe et homme de presse français, comme un accident de train au ralenti. La qualité du dessin de Vicomte se dégrade rapidement dans les premières planches, jusqu'à ce que Pelet ne prenne le relais. Il fait ce qu'il peut, mais il ne fait que singer un Vicomte peu inspiré. De plus, le scénario est tellement bancal que la lecture en devient de plus en plus ennuyeuse. Les réactions de Stan sont de plus en plus improbables, la révélation sur la nature de Sasmira très mal amenée... quand à la conclusion en guise de cliffhanger, elle est d'autant plus ridicule qu'elle n'a de sens si nous avons la promesse d'une suite rapide. Mais la guerre qui déchire Pelet et Vicomte semble signer la fin de leur collaboration. Donc, la suite est plus que compromise.
Pourtant, je me dis qu'avec un scénariste plus chevronné, Sasmira aurait pû être une série plaisante.

Pierre, 15.05.2013 à 21:37351110
Ouf, c'est déjà ça. Les biographies et les adaptations de romans sont les deux mamelles auxquelles s'abreuve l'imagination stérilisée du bdéiste contemporain. Mais que vois-je ?



Je me corrige: Ah ! Encore une de ces couvertures à la Chris Ware. Il faudrait un sujet pour les recenser !

Mael, 15.05.2013 à 21:14351108
Pierre :
chrisB :
Il est vraiment si top que ça le Lartigues et Prevert ?


Ah ! Encore une de ces biodessinées consacrées à des artistes du XXe siècle. Il faudrait un sujet pour les recenser !


Oui pour le sujet, mais par contre là non.

En l’occurrence les Lartigues et Prévert en question sont VRP en cigarettes. Enfin on y croit une case ou deux en tous cas.

Mais ils n'ont rien à voir avec Jacques Prévert et son époque.

Pierre, 15.05.2013 à 21:07351107
chrisB :
Il est vraiment si top que ça le Lartigues et Prevert ?


Ah ! Encore une de ces biodessinées consacrées à des artistes du XXe siècle. Il faudrait un sujet pour les recenser !

chrisB, 15.05.2013 à 17:02351103
Il est vraiment si top que ça le Lartigues et Prevert ?

Et Iron, personne pour en parler ?

Charlie Brown, 07.05.2013 à 15:31351029




Mon dieu que c'est con ! Un vrai bonheur ! :o)



lanjingling :

Au passage, je note que, avec Dixie Dugan, Valentina, et Louise Brookovicz dans Corto Maltese, Louise Brooks est décidemment bien servie par le 9ème art. Il est vrai qu'elle est plus graphique que, par exemple , Brigitte Bardot.


Serais-tu Boris Henry, le gars qui a signé la préface du bouquin ?
Non parce que tu cites les mêmes références exactement dans le même ordre. :o)
Quant à ta dernière phrase, je préfère de ne pas relever.


Pierre :

Les titres à rallonge étaient une spécialité du cinéma italien de ces années-là (la palme étant détenu par l'excellent Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa? (qui n'est pas sans lien avec la bande dessinée, Ettore Scola ayant déclaré que l'idée lui était venu d'une histoire de Mickey écrite et dessinée par Romano Scarpa), et spécialement du giallo, genre auquel appartient le film incriminé. Il serait injuste de le classer parmi les "plus mauvais films du cinéma". A son générique on a certes un réalisateur de second plan (qui signait Anthony Ascott) mais en contrepartie Ernesto Gastaldi, grand pourvoyeur de scénarios pour le giallo et accessoirement scénariste de ... Mon Nom est Personne, Stelvio Massi à la photo (qui signa peu après au moins un bon polar Squadra Volante) et Bruno Nicolai pour la bande son, l'assistant indispensable d'Ennio Morricone. Le film est produit par Luciano Martino (le frère du réalisateur Sergio Martino, auteur du fameux Etrange vice de Mme Ward) qui était à l'époque le compagnon d'Edwige Fenech.


Merci pour toutes ces précisions.
Je note que :
1. Quand je serai grand, je veux faire Luciano Martino comme métier !
2. Bruno Nicolai. Donc une musique à priori intéressante. (Au passage, j'aime aussi beaucoup le travail de Piero Piccioni. Et Piero Umiliani aussi. Enfin pour ce que j'en connais.)
3. Berbérian "classe" le film dans les "MEILLEURS plus mauvais films du monde", nuance... :o)
Il le cite en tout cas comme un souvenir émouvant, marquant et décisif pour la suite de sa vie cinéphile (et amoureuse ?), ce qui n'est pas rien, tu en conviendras.

e m, 06.05.2013 à 21:50351016
Achille Talon #11...
Je me réessaye pour la nième fois à Achille Talon.
Alors c'est bien écrit, les dialogues sont recherchés... mais qu'est-ce que c'est pénible à lire. Et tout ça pour des chutes que je ne trouve pas marrantes.
Je retenterai peut-être à l'occasion, mais pas de si tôt.
1 voisin

Pierre, 05.05.2013 à 15:11351006
Charlie Brown :

Ah ! Heureusement que tu as écrit ce post car je commençais à me demander si tu n’étais pas Charles Berbérian… :o)
Quant à exigence et abnégation, ce sont effectivement des termes bien choisis.


Si j'étais né vingt ans plus tôt à 4000 kilomètres plus à l'est, j'aurais pu être, avec un peu de chance, Charles Berbérian. Mais de toute manière, cette supposition ne peut que me flatter (la réciproque n'étant sans doute pas valable pour Berbérian).

Edwige Fenech apparaît deux fois dans ce bouquin. Elle a d’abord droit à un chapitre entier pour le film de Giuliano Carnimeo intitulé Perchè quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ? (ça, c’est du tirtre, bordel !), sorti en France sous le titre Les rendez-vous de Satan et que Berbérian cite sous le nom de L’affaire de l’iris sanglant car il est sorti dans certains pays sous son nom anglophone : The Case of the Bloody Iris.


Les titres à rallonge étaient une spécialité du cinéma italien de ces années-là (la palme étant détenu par l'excellent Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa? (qui n'est pas sans lien avec la bande dessinée, Ettore Scola ayant déclaré que l'idée lui était venu d'une histoire de Mickey écrite et dessinée par Romano Scarpa), et spécialement du giallo, genre auquel appartient le film incriminé. Il serait injuste de le classer parmi les "plus mauvais films du cinéma". A son générique on a certes un réalisateur de second plan (qui signait Anthony Ascott) mais en contrepartie Ernesto Gastaldi, grand pourvoyeur de scénarios pour le giallo et accessoirement scénariste de ... Mon Nom est Personne, Stelvio Massi à la photo (qui signa peu après au moins un bon polar Squadra Volante) et Bruno Nicolai pour la bande son, l'assistant indispensable d'Ennio Morricone. Le film est produit par Luciano Martino (le frère du réalisateur Sergio Martino, auteur du fameux Etrange vice de Mme Ward) qui était à l'époque le compagnon d'Edwige Fenech. Dans mon souvenir, le film était un giallo moyen (pour mémoire le giallo est un film de genre opérant un cocktail de polar, d'épouvante, de romance et d'érotisme où les meurtres sadiques sont canoniquement exécutés à l'arme blanche par un tueur ganté de noir), où l'assassin est ce personnage qu'on soupçonnait au début mais qui, tenu dans l'ombre tout le long du film nous était sorti de l'esprit. On retrouve tous les tics du genre en matière de techniques: zooms abusifs, caméra tournoyant sur elle-même, contre-plongée, angles bizarres ... Mon édition DVD malheureusement, a été édité sur une copie passable aux couleurs passées ayant légèrement virées sur le bleu-vert, ce qui n'est pas pour mettre en valeur les carnations de notre divine Edwige (que le maquilleur a curieusement fardé lui conférant une pâleur cadavérique). Tiens, si je n'avais pas mieux à faire je reverrais ce Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer? (mais j'ai en vu l’exposition Jesus Rafael Soto à Beaubourg. Ah! Les séductions insoupçonnées de l'art cinétique !). Non, s'il s'agissait vraiment de citer un pur navet dans la filmographie abondante d'Edwige Fenech je donnerai sans hésiter le titre de Samoa fille sauvage, une de ces toutes premières prestations et qui vaut son pesant de cacahuètes et à l'avantage d'avoir été édité en France (le fameux double programme dont j'ai déjà parlé et où figure ce péplum avec Irène Tunc, celle d'Alain Cavalier).


« Un de ces mystères, je supposai à l’époque, fut cette drôle de sensation ressentie pendant que je regardais Edwige Fenech à l’écran. Une sensation certainement à l’origine de mon intérêt pour le cinéma… »


Je ne peux que me retrouver dans cette déclaration qui pour le coup me donne envie de lire ce bouquin.


Berbérian cite aussi Edwige Fenech dans le chapitre suivant, intitulé Cinéma spaghetti. Il fut marqué et fasciné, plus jeune encore, sûrement, par une affiche du film I peccati di Madame Bovary (titre original : Die nackte Bovary, connu en France sous le titre Les folles nuits de la Bovary, réalisé par Hans Schott-Schöbinger, alias John Scott !), sur laquelle pose lascivement une Edwige Fenech que l’auteur va rêver toute sa vie de « voir évoluer en nuisette Bovary ». Graal qu’il finit visiblement par atteindre vu que dans le générique de fin il « tient également à remercier chaleureusement Olivier Mimran pour l’avoir aidé à retrouver Madame Bovary ».


Pas vu mais en tant que flaubertophile et fenecholâtre impénitent je me dois de voir ce nanar doublement prometteur !

lanjingling, 02.05.2013 à 16:45350993
Charlie Brown :




Monsieur (si si !) Marion Mousse est amoureux de Louise Brooks. Qui pourrait l’en blâmer ? (à part lui-même en voix off goguenarde)

Alors, il décide, à la manière d’un Oncle Paul de fantaisie, de nous narrer son histoire et de nous faire toucher le mythe du doigt, à grands coups de montage de témoignages plus ou moins contradictoires, s’éclairant plus ou moins les uns les autres, grande spécialité du documentaire biographique à l’américaine (cf. l’excellente chanson de Vincent Delerm, Tous les acteurs s’appellent Terence, à laquelle cette construction m’a pas mal fait penser). Marion Mousse en profite aussi pour dresser le portrait d’un milieu, d’une époque, d’un système... C’est passionnant, fin, subtil, intéressant et, de surcroît, très amusant. Le travail de recherche en amont, que l’on suppose assez fouillé, la fluidité de la narration et la qualité des dialogues y sont pour beaucoup.

Seul bémol, quelques coquilles grammaticales, essentiellement sur la quatrième de couverture, ce qui fait un peu tache et ne donne pas très envie de se plonger dans la chose. Ça fait pas très sérieux quoi... Sans déconner, je veux bien que Cheap Sheep Ship soit une maison d’édition toute neuve au nom rigolo, faudrait peut-être voir à faire des efforts de relecture et de correction, surtout dans un court texte de présentation. On se dit, en lisant la quatrième, "bin putain, si ça arrache les yeux tout du long comme ça, je vais pas tenir bien longtemps !". On aurait tort de s’arrêter là. Tout amateur des 7ème et 9ème arts se doit de se plonger avec délice dans ce bouquin. Il en ressortira, s’il ne l’est pas déjà, plus ou moins amoureux de la fascinante, intelligente et talentueuse Louise Brooks

Moi, cela fait longtemps que je suis amoureux d'elle (et l'Oncle Paul a édifié mon enfance), ce bouquin m'attirerait donc naturellement si le dessin de M. Mousse ne m'était si difficile d'accès, je dois faire un effort pour m'y plonger, même en sachant qu'en en sortant je ne serai probablement pas décu.
Au passage, je note que, avec Dixie Dugan, Valentina, et Louise Brookovicz dans Corto Maltese, Louise Brooks est décidemment bien servie par le 9ème art. Il est vrai qu'elle est plus graphique que, par exemple , Brigitte Bardot.

Charlie Brown, 02.05.2013 à 16:17350992




Monsieur (si si !) Marion Mousse est amoureux de Louise Brooks. Qui pourrait l’en blâmer ? (à part lui-même en voix off goguenarde)

Alors, il décide, à la manière d’un Oncle Paul de fantaisie, de nous narrer son histoire et de nous faire toucher le mythe du doigt, à grands coups de montage de témoignages plus ou moins contradictoires, s’éclairant plus ou moins les uns les autres, grande spécialité du documentaire biographique à l’américaine (cf. l’excellente chanson de Vincent Delerm, Tous les acteurs s’appellent Terence, à laquelle cette construction m’a pas mal fait penser). Marion Mousse en profite aussi pour dresser le portrait d’un milieu, d’une époque, d’un système... C’est passionnant, fin, subtil, intéressant et, de surcroît, très amusant. Le travail de recherche en amont, que l’on suppose assez fouillé, la fluidité de la narration et la qualité des dialogues y sont pour beaucoup.

Seul bémol, quelques coquilles grammaticales, essentiellement sur la quatrième de couverture, ce qui fait un peu tache et ne donne pas très envie de se plonger dans la chose. Ça fait pas très sérieux quoi... Sans déconner, je veux bien que Cheap Sheep Ship soit une maison d’édition toute neuve au nom rigolo, faudrait peut-être voir à faire des efforts de relecture et de correction, surtout dans un court texte de présentation. On se dit, en lisant la quatrième, "bin putain, si ça arrache les yeux tout du long comme ça, je vais pas tenir bien longtemps !". On aurait tort de s’arrêter là. Tout amateur des 7ème et 9ème arts se doit de se plonger avec délice dans ce bouquin. Il en ressortira, s’il ne l’est pas déjà, plus ou moins amoureux de la fascinante, intelligente et talentueuse Louise Brooks, femme libre et blessée, tout à la fois produit de son époque et en avance sur son temps.

(Au passage, j’ai bien aimé la bullechronique de NDZ.)

lldm, 01.05.2013 à 15:47350988
Xavier :
lldm :
Je ne sais pas ce que vaut la traduction, je le découvre dans sa version américaine ("I Shall Destroy All the Civilized Planets").
Merci mille fois à Bicéphale de m'avoir fait découvrir ceci.


Il y en a un second, au titre aussi délicieux ("You shall die by your own evil creation") qui complète l'intégrale de Fletcher Hanks. Le second est d'ailleurs plus sombre et perturbant que le premier, je trouve -- une sélection avait été faite pour réaliser "I shall destroy all the civilized planets", et les restes qui constituent le deuxième volume mettent plus en relief certaines thématiques et certains aspects de l'univers étrange de Hanks. Chaudement recommandé également, bien sûr.


Merci, je vais m'empresser de commander ça

chrisB, 01.05.2013 à 12:54350985
Pas très convaincant...Pas désagréable à lire mais le tout est assez vain. Une déception

SydN, 30.04.2013 à 16:08350981
Thierry :
[long_john_silver4 : album sans vignette] A la fin du tome 3, je trouvais que cette série était plutôt agréable et pas mal troussée, dans le genre ultra-classique. Mais je disais qussi que les dernières pages laissait craindre un basculement dans le fantastique. ben oui, secte perdue et assoiffée de sang, dieu ancien qui attend son heure, et on découvre que le Neptune avait embarué à son insu toute la famille McGuffin, inclus les cousins et les petits neveux. pas que ce soit outrageuseent mauvais, juste qu'on en arrive toujours aux mêmes ficelles éculées.

putain ké spoil tu fais là
heureusement que je lis pas cette série...

Thierry, 30.04.2013 à 12:00350978
[long_john_silver4 : album sans vignette] A la fin du tome 3, je trouvais que cette série était plutôt agréable et pas mal troussée, dans le genre ultra-classique. Mais je disais qussi que les dernières pages laissait craindre un basculement dans le fantastique. ben oui, secte perdue et assoiffée de sang, dieu ancien qui attend son heure, et on découvre que le Neptune avait embarué à son insu toute la famille McGuffin, inclus les cousins et les petits neveux. pas que ce soit outrageuseent mauvais, juste qu'on en arrive toujours aux mêmes ficelles éculées.

Thierry, 30.04.2013 à 11:44350977
Je reste circonspect à propos de ce Vu par..., seul à avoir vu le jour à ce jour et sans doute le seul, au vu des déclarations de Chrsitin et Mézières, qui semblent avoir refusé de nombreux projets.
D'un côté j'aime Larcenet et il fait indubitablement du Larcenet
Larcenet aime visiblement Valérian et on sent le respect qu'il porte à la série et à ses auteurs
J'aime aussi Valérian parce que c'est bien (je ne peux pas être plus argumenté, je crois)
Ticket gagnant, donc ?
Ben pas tout-à-fait, parce que la greffe semble être trop contre-nature. C'est parfois très drôle, il y a de bons passages, mais dans l'ensemble, j'ai comem l'impression que Valérian reste un peu coincé sur le zinc.
Je pourrais faire mon psy de comptoir en louant la détsructuration du mythe du héros, entre le héros malgré lui, le héros qui refuse d'assumer sa condition de héros, le héros de l'un/monstre assoifé de sang pour l'autre... A vrai dire, on set la fausse bonne idée, et si la rencontre Francisque/Valérian tourne un peu à vide, je n'ose !maginer ce que celau aurait donner avec des project hypothétiques signés Morvan, Corbeyran ou Alcante...

e m, 28.04.2013 à 20:01350961
Lucky Luke #45...
Je n'aime pas Lucky Luke. Je n 'ai jamais aimé cette série, mais de temps en temps je donne une chance à un album, dès fois que...
Dès fois que ça me plaise, mais à chaque fois après lecture, je reste sur ma position. Je n'aime pas Lucky Luke, je n'aime pas ce personne parfait, qui est toujours plus fort que les autres, toujours plus rapide que les autre, qui a toujours raison, etc... Ce personnage m'insupporte passablement.
Je n'aime pas non plus les histoires et leurs sempiternels runnings gags pas drôles avec LL qui saute par la fenêtre, avec les pistolets ou canons qui explosent, etc...
Et elles manquent de fun ces histoires.
2 canons

Xavier, 27.04.2013 à 14:04350956
lldm :
Je ne sais pas ce que vaut la traduction, je le découvre dans sa version américaine ("I Shall Destroy All the Civilized Planets").
Merci mille fois à Bicéphale de m'avoir fait découvrir ceci.


Il y en a un second, au titre aussi délicieux ("You shall die by your own evil creation") qui complète l'intégrale de Fletcher Hanks. Le second est d'ailleurs plus sombre et perturbant que le premier, je trouve -- une sélection avait été faite pour réaliser "I shall destroy all the civilized planets", et les restes qui constituent le deuxième volume mettent plus en relief certaines thématiques et certains aspects de l'univers étrange de Hanks. Chaudement recommandé également, bien sûr.

Charlie Brown, 27.04.2013 à 10:55350955
Pierre :
Charlie Brown :
J'en retiens surtout la passion coupable de Charles Berbérian pour Edwige Fenech, ce qui me rend cet auteur fort sympathique...


Ah ! Je n'avais pas vu ça: mais que donc viendrait faire Edwige Fenech dans un livre sur les meilleurs pires films ? Vu l'exigence avec laquelle elle a choisi le moindre de ses rôles, privilégiant avec abnégation la notion de film d'auteur au détriment de la facilité commerciale vers laquelle ses charmes naturels pouvaient la conduire. Non vraiment je ne vois pas ... Quels sont, par curiosité, les films en procès ?


Ah ! Heureusement que tu as écrit ce post car je commençais à me demander si tu n’étais pas Charles Berbérian… :o)
Quant à exigence et abnégation, ce sont effectivement des termes bien choisis.

Edwige Fenech apparaît deux fois dans ce bouquin. Elle a d’abord droit à un chapitre entier pour le film de Giuliano Carnimeo intitulé Perchè quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ? (ça, c’est du tirtre, bordel !), sorti en France sous le titre Les rendez-vous de Satan et que Berbérian cite sous le nom de L’affaire de l’iris sanglant car il est sorti dans certains pays sous son nom anglophone : The Case of the Bloody Iris.

Bien qu’il se représente plus jeune que ce qu’il devait être quand ses parents l’emmenèrent voir ce film (lorsqu’il vivait au Liban, ses parents l’emmenaient beaucoup au cinéma), il devait avoir environ 13 ans, minimum, vu que le film est sorti en Italie en 1972. A l’entrée du cinéma, sa mère demande à son père : « Tu crois vraiment que le petit peut voir ce film ? », et celui-ci de répondre « Boh ! Il est assez grand. Puis ça fera son éducation ». Visiblement interdit et fasciné par le spectacle qui s’offre à lui, le jeune Charles en oublie de manger son pop-corn. Sa mère finira par le ramener à la maison avant la fin du film et son père fera un debriefing avec lui le lendemain pour lui expliquer que, « dans la vie, les filles ne passent pas leur temps à se dévêtir devant des tueurs en série », terminant sur un « Seulement, la vie a aussi ses mystères. Et tu les découvriras au fur et à mesure en grandissant ». Sur quoi le petit Charles découvre et énonce un des principes fondamentaux de la magie du cinéma : « Un de ces mystères, je supposai à l’époque, fut cette drôle de sensation ressentie pendant que je regardais Edwige Fenech à l’écran. Une sensation certainement à l’origine de mon intérêt pour le cinéma… »
Pendant la séance le père de Charles lâche un magnifique quoique laconique « Quelle connerie ce film ! », ce à quoi sa mère répond par un « Tu devrais surveiller ton vocabulaire devant le petit » tout en essayant d’empêcher ce dernier de fixer l’écran pour ne pas en perdre une miette.

Berbérian cite aussi Edwige Fenech dans le chapitre suivant, intitulé Cinéma spaghetti. Il fut marqué et fasciné, plus jeune encore, sûrement, par une affiche du film I peccati di Madame Bovary (titre original : Die nackte Bovary, connu en France sous le titre Les folles nuits de la Bovary, réalisé par Hans Schott-Schöbinger, alias John Scott !), sur laquelle pose lascivement une Edwige Fenech que l’auteur va rêver toute sa vie de « voir évoluer en nuisette Bovary ». Graal qu’il finit visiblement par atteindre vu que dans le générique de fin il « tient également à remercier chaleureusement Olivier Mimran pour l’avoir aidé à retrouver Madame Bovary ».

lldm, 26.04.2013 à 0:08350937
Je ne sais pas ce que vaut la traduction, je le découvre dans sa version américaine ("I Shall Destroy All the Civilized Planets").
Merci mille fois à Bicéphale de m'avoir fait découvrir ceci. C'est un choc assez brutal, une confrontation avec un travail à quoi rien ne prépare vraiment, une sorte de stupeur dans laquelle peuvent vous plonger des oeuvres singulières absolument, comme la peinture d'un Guston, les dessin d'un Darger ou la lecture du « Grabinoulor » d'Albert-Birot. Rien qui rassemble mieux ces merveilles disparates que leur monstruosité, l'incapacité dans laquelle elles nous plongent de les étudier avec des instruments de mesures éprouvés ailleurs. Il faut sans doute beaucoup congédier de ses habitudes, beaucoup abdiquer de son jugement et de sa raison pour aimer Fletcher Hanks, mais ça en vaut la peine.

Pierre, 25.04.2013 à 20:07350936
Charlie Brown :
J'en retiens surtout la passion coupable de Charles Berbérian pour Edwige Fenech, ce qui me rend cet auteur fort sympathique...


Ah ! Je n'avais pas vu ça: mais que donc viendrait faire Edwige Fenech dans un livre sur les meilleurs pires films ? Vu l'exigence avec laquelle elle a choisi le moindre de ses rôles, privilégiant avec abnégation la notion de film d'auteur au détriment de la facilité commerciale vers laquelle ses charmes naturels pouvaient la conduire. Non vraiment je ne vois pas ... Quels sont, par curiosité, les films en procès ?

Mael, 24.04.2013 à 21:56350934
Aba Sourdi :
Mael :



En espérant que ce soit aussi drôle que dans mon souvenir.

L'une des meilleurs séries jeunesse de tous les temps, en bonne place dans ma bibliothèque pour l'éternité ! Je ne sais pas si c'est "drôle" mais en tout cas l'univers est génial et c'est bourré d'inventivité, je trouve.


Et bien si c'est très drôle mais aussi graphiquement très riche, l'univers est en effet très inventif dans un bestiaire délirant et cohérent. Le dessin est très beau, je suis client du trait d'O'Groj de toute façon, et porte à merveille un scénario assez pince-sans-rire, n'hésitant pas à aller vers une certaine noirceur tout en restant dans le burlesque (on meurt souvent, mais les personnages sont de nouveau là à chaque page). Il y a beaucoup de folie, d'irrévérence, de rythme...

Dans le type "série de gags irrévérencieux publiés dans Spirou, très drôles et au dessin original" il y a aussi ça, du même scénariste (Corcal). C'est la même époque, c'est un peu plus féroce que les Dragz, moins poétique visuellement (la savane ne veut pas un imaginaire fantasmagorique) mais très fort aussi.





Il est très regrettable que ces deux séries soient indisponibles aujourd'hui. Allez éditeurs alternatifs, si Dupuis à lâché le morceau lancez vous dans une belle intégrale !

Il y a d'autres séries inventives dans Spirou, et encore beaucoup aujourd'hui (Les Cavaliers de l'apocadipse de Libon, les diverses BD de Cromheecke, Letzer et Sti entre autre), mais celles-ci sont vraiment dans le haut du panier.

chrisB, 21.04.2013 à 12:17350920
excellente découverte !!

lanjingling, 20.04.2013 à 19:02350918
j'ai rien dit.

lanjingling, 20.04.2013 à 4:54350916
Vu qu'il semble y avoir plusieurs spécialistes, que des discussions sur le sujet auront donc tendance à revenir, ne serait-il pas judicieux de créer un sujet BD jeunesse ?

SydN, 19.04.2013 à 10:20350903
Sinon pour ce qui est des albums petite enfance avec un dessin âpre, personnellement j'ai pensé à Volcan, de Sara, et aux albums de Pittau et Gervais (comme Mon visage, dans ma classe ou les 4 éléments), qui sont en mon sens loin d'avoir des dessins mignons qu'on pourrait considérer comme attirant pour les enfants.









Après, évidemment, la question de définir "âpre" reste entière...

Mr_Switch, 18.04.2013 à 23:44350899
Bah. J'ai appris à utiliser ce mot dans un sens biblioéconomique large pour la majorité des livres jeunesse où l'image prédomine encore par rapport au texte. J'ai utilisé ici imagier excessivement. J'aurais dû aussi parler d'album. Mais le mot "album" aurait apporté encore de la confusion.

Ca peut se retrouver sur les cotes de livres
Par exemple pour un Petit Ours Brun, la cote pourra être I BOU. I comme imagier, BOU comme Bour Danielle.

Pour un peu plus grands,
Kibwé pourra avoir la cote
A DED A comme album, DED comme Dedieu Thierry.

I sera vraiment pour les touts petits et A pour des moins tout petits.

Et au pif, un livre jeunesse pour des grands enfants :
Mission secrète pour le zèbre
cote J RP CHA.
J comme Jeunesse, c'est un livre pour enfant mais sans doute plus de 6 ans
RP comme Roman Policier...
CHA comme... Charles François (qui illustre cette version, du texte. Ca reste logique mais parfois ça amène à des situations...)

Ces cotes là ne sont pas complètement universelles. Théoriquement, ce roman doit réellement être pour enfants. S'il était pour adolescents, on peut imaginer qu'il ne serait pas coté J mais RA (roman ado) mais sans certitude.

Mael, 18.04.2013 à 22:52350898
Si je ne me trompe pas l'imagier est composé d'images pleines pages, et a généralement pas ou peu de texte.

On peut y trouver un récit, mais aussi des images totalement indépendantes. L'idée est de participer à l'éveil de l'enfant (exemple typique d'imagiers, les abécédaires).

Après j'attends les précisions de Mr_Switch.

Pierre, 18.04.2013 à 22:36350896
Excusez-moi, je m'immisce, mais c'est pour faire état de ma complète inculture ; j'ignorais jusqu'à ce soir ce qu'était un imagier (dans cette acception s'entend) au point que j'ai cru d'abord à un régionalisme charentais que m’apprêtais à railler tout de go mais non, le Petit Robert m'a fermement contredit, me précisant même qu'il s'agissait d'un nom déposé. Voici donc la deuxième fois que j'apprends de Mr_Switch un mot nouveau, la précédente étant ce formidable "amphigouri" (comment oublier un mot pareil ?).

Y a-t-il une définition d'imagier moins vague que "livre d'image pour jeunes enfants" ?

Mr_Switch, 18.04.2013 à 20:59350894
L'art de l'imagier, et de certains livres jeunesse, est complexe.
Un imagier, c'est "je prends" : l'enfant qui regarde les images et s'en suffit.
C'est "je donne", l'adulte ou l'enfant plus âgé qui va lire à un enfant. C'est "je reçois", pour cet enfant.
C'est "nous partageons" entre lecteur et auditeur/spectateur.
C'est "je reprends" dès que l'enfant saura lire. Etc.
Un imagier, ça peut être magique.

Mais c'est une magie difficile à transposer en bande dessinée. D'où une production de bandes dessinées destinées aux touts petits assez rare et dont les fondamentaux sont encore mal définis, à mon avis.


L'idée de cette production n'est pas si récente que ça.
Petit Ours Brun, je lisais ça il y a 30 ans et c'était une forme de bande dessinée (4 cases par page). Mais cette forme était encore très proche de l'imagier... La preuve, il suffit de ne mettre qu'une case par page et ça devient un grand classique de l'imagier :).

Mr_Switch, 18.04.2013 à 20:39350893
Ah oui, ah oui. Mais la discussion s'est déplacée.

*En retard !* peut être vu *bêtement* comme un prime jeunesse par son format carré qui rappelle les Petits chats carrés, les Bouille à Bisous, les Asteure pour les petits...

Ensuite, le prime jeunesse, ça peut être que des images, ne pas avoir besoin de savoir lire les images.
Pour le prime jeunesse BD, il peut y avoir absence de textes mais besoin que l'enfant sache lire les images. Et veuille bien lire les images. Et ça, avant ou après 6 ans, ce n'est pas gagné. (Je crois que c'est à toi que je racontais l'anecdote d'un groupe d'enfants de 8/9 ans à qui je présentais *Les eaux sauvages* de Joël Legars. Une petit bouquin que j'aime bien. Mais eux non, ils ne comprenaient pas. Enfin il ne voulaient pas comprendre : un petit garçon qui nage au secours d'une petite fille, c'est pas possible, pas réaliste.)
Les petits chats carrés pouvaient souvent être lus seuls. Ou servir de support pour une histoire du soir. En cela, idéalement, la collection était super.

Un prime jeunesse peut avoir image et texte. Le texte servira alors plus à l'adulte qu'à l'enfant. C'est une configuration classique en imagiers et livres jeunesses. L'enfant peut regarder seul, il peut se le faire lire. Et enfin dès qu'il peut il le lira seul (et trouvera peut être l'histoire différente que celle qu'on lui racontait)

C'est sans doute moins évident en bande dessinée. Certaines personnes arrivent *à lire les bulles* à leurs enfants d'autres non. J'avoue que quand un enfant me demandait de lui lire une bande dessinée, même prévu à cet effet, c'était difficile de broder sans faire trop long. Sans parler des mômes qui tout petits savent distinguer un bloc de texte et refusent catégoriquement qu'on leur lise un livre sans texte. Ahahah.

Pour En retard !, tu as un format carré. Un nom de collection tout doux (Miel des montagnes). Tu as une histoire sur laquelle on peut broder. Tu as un côté conte à moral (mais sans esprit moralisateur). Un enfant peut rigoler simplement en regardant.

Le trait d'Yvang, il n'est pas si dur que cela. On le sent un poil en dessous en quelques endroits. Il fait ressortir le côté sauvage du lapin Tiberge, c'est vrai (et c'est pas un mal). En fait, j'ai parlé d'"âpre". Tu sais pourquoi. J'avais prévu que certains personnes allaient trouver le trait d'Yvang trop underground. Je ne risquais pas grand chose. Tu as déjà présenté le livre en salon et ça a pu être le ressenti de quelques personnes.
Bref, je pense que les dessins peuvent être aimés des enfants même jeune (je pense à certaines scènes mais chut). Il peut rire. L'histoire peut être mis de côté.

Il peut servir de support pour une lecture par un adulte. Soit par un adulte doué dans l'art d'exprimer les bulles. Soit en brodant complètement.

Enfin, quand il sait lire, l'enfant peut découvrir réellement le bouquin seul. Il devra savoir bien lire car ce n'est pas une prose si simple que cela que tu proposes (tu connais mon avis)

Bref, ton livre a le potentiel d'un bon imagier transposé dans le 9eme art. Donc le potentiel d'une bonne bande dessinée prime jeunesse.

Là où je ne pense pas que cela fonctionnerait, c'est dans la configuration d'un enfant de 7 ans qui le lirait à un enfant de 5 ans. Oui, là c'est trop compliqué.

Mael, 18.04.2013 à 19:35350892
C'est vrai que Gravenstein on est vraiment à la limite, j'avais demandé son intégration car je trouve cet auteur fantastique, et que je l'ai découvert dans un contexte de bande dessinée (il était présenté comme auteur de BD jeunesse au Pôle BD du festival de Montreuil). Il faut lire Gravenstein, c'est magnifique (comme souvent, j'ai un article en cours, pour Du9, qui attend d'être terminé).

Mais la chose qui m'étonne dans tout ce que tu dis, je suis assez d'accord, mais "En retard !" ce n'est pas de la prime jeunesse non plus non ? Enfin il y a quand même beaucoup de texte pas toujours évident... L'éditeur met "dès 6 ans" mais pas tout seul je pense... Après ma cible dans ma tête c'est 8-9 ans et plus, certes on est pas encore chez les ados mais...

Mr_Switch, 18.04.2013 à 19:29350891
Très bon exemple. C'est réellement à destination de touts petits, originellement. Si je comprends bien le site de l'éditeur original, Cappelen Damm, il s'agit d'un livre issu d'une collection d'imagiers. C'est clairement un imagier (qui peut bien sûr être assimilé de la bande dessinée). Et on retrouve une liberté dans le graphisme qui ne nous étonne pas venant d'un imagier... mais qui nous étonne venant d'une bande dessinée ;)

Mr_Switch, 18.04.2013 à 19:13350890
« lapin ressemble plus aux garennes de mes contrées qu'aux boules de barbe-à-papa des animaleries et autres livres jeunesse »
Ca c'était ironique, enfin. La preuve en est la parenthèse placée juste après. :)
Mais si tu l'as pris au premier degré, je comprends mieux ta réaction !

Tom-Tom et Nana n'est pas de la prime jeunesse. Bien sûr que le dessin de Després est étrange (même si j'ai été baigné dedans il y a plus de 25 ans).
Je suis d'accord avec toi pour Bloch. Et tu apportes de l'eau à mon moulin. Son dessin n'est pas forcément âpre (pas sur Sam-Sam, parfois plus sur les Max et Lili) mais il a son étrangeté. Je suis d'autant plus d'accord avec toi que je côtoie le dessin de Bloch depuis plus de 25 ans. Il fait partie de mon BA.ba.
L'une des bandes de Bloch (On va avoir un bébé !) m'a même marqué à vie. Mais cette bande n'a pas le côté jeté des Max et Lili. Max et Lili qui reste étonnement en marge de la bande dessinée.


Ensuite les *A ton avis...* de Pascal Lemaitre.
J'y ai pensé aussi. Tu me confirmes que tu vois ça comme de la prime jeunesse. Et je crois que ça a été vendu ainsi par Casterman.
Ce qui me gêne, c'est que c'est rangé très haut dans les étagères à la bibliothèque. Presque pour les ados. Et je n'arrive pas à trouver des chroniques de cette série qui en parlent comme étant à destination des tous petits. (Accessoirement, j'ai découvert la série en déstockage... de livres adultes)

Benoît Jacques. L'exemple de l'auteur qui est connu pour ses imagiers et pour ses bandes adultes.
Je rêve de le voir faire une bande dessinée prime jeunesse qui soit vraiment présente sur le marché.


De Bruno Heitz, en prime jeunesse, je ne mettrais pas son Roman de Renart (qui n'est pas à destination des 3-6 ans. Rien n'empêche de le découvrir à cet âge, on est bien d'accord).
Il y a, par contre, les Louisette. Mais là encore dans la bibliothèque, c'est placé très haut sur les étagères. Alors que je pense que c'est censé être aussi pour des très jeunes.


Bref, je rêve de voir plus d'auteurs d'imagiers et de livres jeunesses investir la bande dessinée prime jeunesse.
Par exemple, je serais curieux de voir Thierry Dedieu dans cet exercice.


Une auteure comme Nadja est aujourd'hui connue pour ses imagiers et pour ses bandes dessinées plutôt adultes.
Peut-être n'a-t-elle pas envie de faire de la bande dessinée prime jeunesse pour ne pas tomber sans la facilité ? Ou bien au contraire n'est-ce pas si simple à réaliser ? (Il y a un bouquin chez Acte Sud jeunesse qui est annoncé mais il ne sort pas :( )

Mael, 18.04.2013 à 18:54350889
Yan, il apparait que Switch voulait parler des bds jeunesses uniquement, il l'a expliqué ensuite ! (même si j'admet que le post pouvait prêter à confusion).

Oui pour Muzo ! Bon par contre Heitz âpre ? C'est plutôt tout mignon je trouve.

Mais je pense à quelques titres de La Joie de lire :

yancomix, 18.04.2013 à 18:26350887
Mr_Switch :
Des exemples ! Des exemples ! :)

yancomix, 18.04.2013 à 18:19350886
Mr_Switch :
Tu as beaucoup d'exemples que bandes dessinées prime jeunesse avec un réel dessin âpre ?

Tu ne parlais pas de bandes dessinées, j'ai réagi car tu as écrit que ce « lapin ressemble plus aux garennes de mes contrées qu'aux boules de barbe-à-papa des animaleries et autres livres jeunesse », faisant preuve de la même condescendance envers le livre jeunesse qu'envers la bande dessinée certains ignorants dont on aime se moquer sur un sujet dédié.

Mais si tu veux parler bande dessinée :
Mr Switch :
Des exemples ! Des exemples ! :)

Tom-Tom et Nana ? : )
Il faudrait s'entendre sur le qualificatif "âpre", mais sans trop réfléchir on pourrait citer Pascal Lemaître :




Serge Bloch avec son Sam-Sam (la bd pas le da), Christophe Merlin que tu as cité, Benoît Jacques, etc.

Mr_Switch, 18.04.2013 à 16:55350885
Il y a aussi quelques albums de la Bande des Petits dont le graphisme pourrait étonner. Et généralement leurs auteurs sont plutôt connus pour leurs imagiers.

Mr_Switch, 18.04.2013 à 16:35350884
Ben je parle en connaissance des choses, hein... :)

J'ai assez brassé d'imagiers pour constater qu'ils peuvent avoir une audace graphique que l'on trouve encore rarement en bande dessinée.
Une bande dessinée prime jeunesse avec un dessin vraiment étonnant. Je vois

Un amour d'escargot

D'extérieur, on pourrait croire à un imagier.

Mael, 18.04.2013 à 16:02350882
yancomix :
Mr_Switch :
Bien sûr la première chose que l'on voit, c'est que le dessin d'Yvang est particulier. Du moins, il est plus âpre que bien des dessins réservés aux plus jeunes.
Tiberge est un lapin (lièvre). Mais il ressemble plus aux garennes de mes contrées qu'aux boules de barbe-à-papa des animaleries et autres livres jeunesse (…)

Si il existait, je pourrais avoir envie de placer cette citation dans le sujet "Le bêtisier de ceux qui n'y connaissent rien au livre jeunesse".
:-)


Pour défendre Switch, le livre jeunesse est peut-être le secteur le plus dynamique en terme d'audace et d'inventivité, mais je pense que Switch parlait spécifiquement de la BD jeunesse, où cette liberté est plus récent.

Attention je n'invente strictement rien dans cette BD hein, je m'inscrit dans cette traditions de gens qui depuis des années déplacent la BD jeunesses avec intelligence, mais il suffit de faire un tour en bibliothèque pour voir que malgré des innovations réelles depuis plusieurs années, des précurseurs évidemment, il reste beaucoup de "bd à papa" prenant les enfants pour des imbéciles.

Souvent malheureusement, les parents sont les premiers fautifs, considérant que leurs enfants n'aimeront pas telle ou telle chose. Retenue qui existait (selon les dire de bibliothécaire) encore fortement vis à vis du livre jeunesse et qui, grâce au travail ancien d'auteurs, éditeurs et médiateurs, commence à s'estomper (même s'il reste des conservatismes).

Mr_Switch, 18.04.2013 à 15:45350881
Tu as beaucoup d'exemples que bandes dessinées prime jeunesse avec un réel dessin âpre ?

C'est un exercice courant en imagiers jeunesse (j'ai en tête un imagier de Lecointre) mais en bande dessinée, non.
Des exemples ! Des exemples ! :)


Je ne dis pas que des bandes dessinées avec un dessin âpre, c'est nouveau. Je dis que c'est un exercice bizarrement moins fréquent qu'en imagier ou roman.

yancomix, 18.04.2013 à 15:39350880
Mr_Switch :
Bien sûr la première chose que l'on voit, c'est que le dessin d'Yvang est particulier. Du moins, il est plus âpre que bien des dessins réservés aux plus jeunes.
Tiberge est un lapin (lièvre). Mais il ressemble plus aux garennes de mes contrées qu'aux boules de barbe-à-papa des animaleries et autres livres jeunesse (…)

Si il existait, je pourrais avoir envie de placer cette citation dans le sujet "Le bêtisier de ceux qui n'y connaissent rien au livre jeunesse".
:-)

Charlie Brown, 18.04.2013 à 15:17350878
J'en retiens surtout la passion coupable de Charles Berbérian pour Edwige Fenech, ce qui me rend cet auteur fort sympathique...



Allez-y, lynchez-moi !






Docteur C :
Mael :

Je ne suis pas un grand spécialiste d'Eisner, du coup j'en ai emprunté tout plein dans ma médiathèque. Celui là est pas mal connu, et cherche à réhabiliter un peu la figure du méchant juif d'Oliver Twist en racontant son parcours, le comment de son arrivée dans les milieux interlopes, le poids du racisme et du milieu social sur son avenir. Certes ce n'est pas toujours d'une franche subtilité mais là où je craignais le pensum lourdingue j'ai vraiment trouvé un excellent récit, crédible et contrasté, porté par un très beau dessin à la fois solide techniquement et pleinement original. 4 montres volées.


C'est une oeuvre tardive, son avant-dernière bande dessinée je crois. C'est un peu trop démonstratif et un livre à message plein de bon sentiment, avec un début d'affaiblissement du dessin quand même. Du Spirit à Big City, tu as largement de quoi découvrir l'étendue du talent d'Eisner dont ce livre n'est pas très représentatif.


Je suis assez d'accord avec Docteur C.
Mon Eisner préféré est le Eisner post-Spirit (j'aime bien le Spirit, cela dit) du Contrat à Dropsie Avenue, albums publiés en France de 1982 à 1995. Après, c'est moins bien.


Mon top 3 (si ça peut t'aider, Maël)

1.
Peut-être parce que c'est avec ce bouquin que j'ai découvert Eisner et que j'ai pris une belle claque à l'époque.



2.
Magnifique oeuvre autobiographique sur une partie de la jeunesse du Maître.



3.
Un de mes plus grands plaisirs de lecture SF.

Mr_Switch, 18.04.2013 à 13:36350876
NDZ :

Mégadéception. Heureusement qu'il y a les megabas de la mère...


Pas de déception, pas d'attente. Album pas mal bullenoté et que l'avis lapidaire de notre NDZ. C'est qu'il y a sans doute pas grand chose à dire. Bouzard a sans doute voulu ne pas trop surexploité le megabras mais il le sous-exploite au final. Ou alors il a changé de délire enttre temps. Bon, Bouzard en Frantico blondinet, c'est quand même rigolo 30s.

SydN, 18.04.2013 à 9:47350875
Thierry :
bon, ben assez déçu. J'ai eu l'impression de lire une suite de sketches de Raymond Devos, qui épuise toutes les possibilités de jeux de mots sur un thème par chapitre. Il y a aussi l'impression lancinante que JCA est une série qui souffre de son concept même, qui n'est finalement qu'une succession de petits jeux intellectuels autour de l'objet-livre. Les idées sont là mais j'ai l'impression, après avoir relu queqlues autres tomes, que les albums ne tournent finalement qu'autour de la performance artistique, de l'idée, et que les personnages, à force de n'être que des moyens, s'échouent dans un petit exercice formel réjouissant la première fois, mais qui, au sixième tome, devient de plus en plus vain. A vrai dire, si quelqu'i-un découvre JCA avec ce tome 6 sera sans doute séduit, mais la déclinaison en série finit par rendre l'excercice caduque.


je crois en fait que tu te trompe d'angle de vue. Il ne faut pas chercher à voir la démarche artistique chez MAM, mais le jeu. La démarche artistique peut effectivement sembler pertinente à la lecture d'un tome, mais bout bout à bout ça donne l'impression que MAM tourne en rond au niveau de son propos... Mais il n'y a pas de propos !
MAM s'amuse, et cherche à ce que le lecteur joue avec lui. Je pense qu'il ne faut pas chercher plus loin. Comme l'a dit Aba, c'est purement du post-oubapo, il n'y a pas ou peu de profondes réflexions dans l'oubapo, mais surtout un jeu de l'esprit, de conceptualisation, un recours plus ou moins brillant à certaines astuces.
C'est malin, astucieux, plaisant. Mais à trop chercher le propos, forcément, au bout de 3 tomes on à fait le tour. Il ne faut pas lire JCA dans cette optique. A la limite dans le sous-sol du révolu et Dieu en personne, il y a plus une volonté de réflechir sur l'art et la société, mais pas dans JCA.

Thierry, 17.04.2013 à 14:43350867
mais comment les classer dans sa bdgesthèque ? Et quid de la continuité ? Le retour du professeur Ouffe ne pose-t-il pas justement la question d'une continuité interne dérivative ? et dans une optique d'alter-égo, dans quel ordre les lire ? Existe-t-il un ordre de lecture optimum ? Et si on danse ?

Mr_Switch, 17.04.2013 à 14:21350866
D'ailleurs, ce n'est pas un few-shot ni une série au sens classique du terme. Les tomes ne sont pas numérotés extérieurement. Il n'y a que numérotation chronologique dans la bibliographie de MAM en interne.

"Julius Corentin Acquefacques" fonctionne en dérivation (c'est le cas de le dire) et non en série.

Thierry, 17.04.2013 à 14:13350865
Aba Sourdi :
Thierry :
bon, ben assez déçu. J'ai eu l'impression de lire une suite de sketches de Raymond Devos, qui épuise toutes les possibilités de jeux de mots sur un thème par chapitre.

Ah, tout à fait d'accord sur ça ! Le début du livre est vraiment agaçant à ce niveau-là, avec cette volonté de "faire drôle" dans les dialogues. Mais ensuite j'ai l'impression que le délire prend, c'est un jeu plutôt réjouissant avec l'objet-livre. Donc la suite de ton message est incompréhensible pour moi, c'est comme pour Caro l'autre jour avec Maël, je ne vois pas comment on peut reprocher à un auteur la raison d'être de son travail (ici : concepts, performances, exercices formels, etc.). Ce qu'on peut dire à la rigueur, c'est que c'est une vision classique du jeu formel, ça reste très 90's même dans ce tome. M-A Mathieu s'amuse de choses que n'importe quel expérimentateur alternatif radical a dépassé de mille lieues depuis longtemps. Certes. Mais dans cette catégorie 'post-oubapienne', je trouve qu'il arrive à se renouveler et à explorer toujours plus loin les notions traditionnelles de la BD qu'il prend comme postulats (ici : l'obligation d'action, l'unité physique de l'album).

l'impression que j'ai, c'est que MAM se demande de temps en temps comment tordre l'objet-livre (en effet, il tord en plus le conceptde la nécessité de l'action, moteur de la BD classique) et en fait un livre. Ce qui est frais la première fois devint progressivement un procédé au fur et à mesure de la répétition. Si chaque tome, pris séparément, fonctionne très bien, c'est cette répétition qui me lasse. L'exercice perd de sa fraicheur. En même temps, chaque tome est distant de plusieurs années, ce qui permet de casser ce mécanisme de répétition. Mon tort est sans doute d'avoir relu d'autres tomes ces dernières semaines, ce qui accentue le côté 'procédé' de l'ensemble.

Aba Sourdi, 17.04.2013 à 12:53350860
Thierry :
bon, ben assez déçu. J'ai eu l'impression de lire une suite de sketches de Raymond Devos, qui épuise toutes les possibilités de jeux de mots sur un thème par chapitre.

Ah, tout à fait d'accord sur ça ! Le début du livre est vraiment agaçant à ce niveau-là, avec cette volonté de "faire drôle" dans les dialogues. Mais ensuite j'ai l'impression que le délire prend, c'est un jeu plutôt réjouissant avec l'objet-livre. Donc la suite de ton message est incompréhensible pour moi, c'est comme pour Caro l'autre jour avec Maël, je ne vois pas comment on peut reprocher à un auteur la raison d'être de son travail (ici : concepts, performances, exercices formels, etc.). Ce qu'on peut dire à la rigueur, c'est que c'est une vision classique du jeu formel, ça reste très 90's même dans ce tome. M-A Mathieu s'amuse de choses que n'importe quel expérimentateur alternatif radical a dépassé de mille lieues depuis longtemps. Certes. Mais dans cette catégorie 'post-oubapienne', je trouve qu'il arrive à se renouveler et à explorer toujours plus loin les notions traditionnelles de la BD qu'il prend comme postulats (ici : l'obligation d'action, l'unité physique de l'album).

Thierry, 17.04.2013 à 10:11350856
bon, ben assez déçu. J'ai eu l'impression de lire une suite de sketches de Raymond Devos, qui épuise toutes les possibilités de jeux de mots sur un thème par chapitre. Il y a aussi l'impression lancinante que JCA est une série qui souffre de son concept même, qui n'est finalement qu'une succession de petits jeux intellectuels autour de l'objet-livre. Les idées sont là mais j'ai l'impression, après avoir relu queqlues autres tomes, que les albums ne tournent finalement qu'autour de la performance artistique, de l'idée, et que les personnages, à force de n'être que des moyens, s'échouent dans un petit exercice formel réjouissant la première fois, mais qui, au sixième tome, devient de plus en plus vain. A vrai dire, si quelqu'i-un découvre JCA avec ce tome 6 sera sans doute séduit, mais la déclinaison en série finit par rendre l'excercice caduque.

Thierry, 17.04.2013 à 10:05350855
[mondes_thorgal_louve3 : album sans vignette] troisième tome de la fin du premier cycle des mondes de Thorgal consacré à Louve, parce qu'il y en aura d'autres Bé, Yann mercenarise en faisant du Sente qui tente de faire du van Hamme, porté par un dessin correct. le résultat ne trouve grâce à mes yeux que parce que Thorgal est ma madelaine à moi, parce qu'autrement, ce n'est pas intéressant le mopins du monde, et assez mal torché.

Mr_Switch, 16.04.2013 à 21:06350853
Il m'a été permis de lire cet ouvrage il y a quelques semaines. Il s'agit d'un bouquin prime jeunesse. Enfin disons un livre pour qu'adultes et enfants lisent ensemble. Un livre du soir, dira-t-on.

Bien sûr la première chose que l'on voit, c'est que le dessin d'Yvang est particulier. Du moins, il est plus âpre que bien des dessins réservés aux plus jeunes.
Tiberge est un lapin (lièvre). Mais il ressemble plus aux garennes de mes contrées qu'aux boules de barbe-à-papa des animaleries et autres livres jeunesse (boules de poils attendrissantes mais forcément si gentilles. Souvenons-nous de Fluffy Fluffy Bun Bun).
Tiberge est donc un léporidé bien pressé. Et bien sûr il va trouver bien des riverains sur sa route pour le retarder. Il se retarde, il n'écoute pas forcément mais il se retarde... Suspense.

Le dessin d'Yvang est donc assez déroutant pour une production jeunesse. La justesse de son dessin est toujours sur la brèche. On s'étonne que le dessin d'ouverture fonctionne si bien malgré les perspectives insolites. On trouvera l'ami castor moins bien croqué que d'autres personnages. Madame Cigogne est une noble beauté. Les sardines sont pas mal dessinées dans leur genre non plus :)

Les couleurs bruitées donnent peut-être un goût de déjà-vu mais ça fonctionne plutôt bien. La couleur mauve (façon Flux Wildly) et insolite de Tiberge se laisse vite oublier pour n'être qu'au service du livre.

Le scénario (d'un certain M. Rannou) distille bien le suspense sur une trame pourtant assez linéaire de prime abord. Rien ne laisse prévoir la fin...
Est-ce un conte moral ? Je ne sais pas. Y a-t-il une morale ? Oui mais à chacun de se la formuler.

On remarquera quelques détails amusants, comme le traversin, en forme de carotte, de Tiberge. Ou, et ça c'est plus involontaire à mon avis, que les personnages ont souvent tendance à être gauchers.

On voit que les champs de carottes appartiennent à des lapins. Quand ils ramassent leurs carottes, il y a déjà presque plus de fanes. C'est criant de vérité :p


Seul véritable point faible ? Le livre coûte plus de 11€. C'est plus qu'un Petits Chats Carrés. Mais il y a un peu plus de pages aussi :)

Pierre, 15.04.2013 à 20:55350845
Je me souviens précisément avoir assisté à une conférence de McKean à Angoulême en 2003, que l'homme était plutôt modeste et sympathique, que son propos était intéressant ... mais je serais bien en peine de vous dire de quoi il était question précisément. Étant donné que je n'étais pas sous psychotrope ... peut-être un Alzheimer précoce ?

Thierry, 15.04.2013 à 20:28350844
Le PBE :
Thierry :
j'avais acheté ce livre à sa sortie, j'ai mis deux ans à le lire, et j'en avais absoluement tout oublié....

Lu aussi il y a 13-14 ans. Je me souviens de la claque graphique mais pour ce qui est de l'histoire... En tout cas ta lecture me donne envie de le relire. Je vais peut-être prendre un avion pour la France et aller chercher le carton #48 dans le fin fond du garde-meuble... ou bien je vais patienter quelques années.
Question idiote: En pensant aux planches de Cages, j'ai l'image de celles de Bézian dans Chien Rouge Chien Noir, qu'en pensez-vous ?

je me suis fait exactement la même réflexion. Il y a dans le trait sec et nerveux un vrai air de famille

Le PBE, 15.04.2013 à 18:38350841
Thierry :
j'avais acheté ce livre à sa sortie, j'ai mis deux ans à le lire, et j'en avais absoluement tout oublié....

Lu aussi il y a 13-14 ans. Je me souviens de la claque graphique mais pour ce qui est de l'histoire... En tout cas ta lecture me donne envie de le relire. Je vais peut-être prendre un avion pour la France et aller chercher le carton #48 dans le fin fond du garde-meuble... ou bien je vais patienter quelques années.
Question idiote: En pensant aux planches de Cages, j'ai l'image de celles de Bézian dans Chien Rouge Chien Noir, qu'en pensez-vous ?

Thierry, 15.04.2013 à 14:55350836
j'avais acheté ce livre à sa sortie, j'ai mis deux ans à le lire, et j'en avais absoluement tout oublié. Relectrue, donc, de ce qui fut peut-être le premier "gros" graphic novel à avoir atteint nos conntrées. Avant cela, Maus avait réussi l'exploit d'être manqué par tous les éditeurs de bande dessinée, sans exception, et des livres comme Watchmen ou V comme Vendetta restaient injustement confoiné dans la case superslibard.
Cages fut le pionnier dans le champ des grahic novels gargantuesques, il me semble
avant From Hell, Jimmy Corrigan, Blankets (ah-ah)
Avec le recul, maintenant qu'il est débarasser de l'encombrante étiquette du livre qu'il faut admirer pour ce qu'il représente, parce qu'il est le premier, parce qu'il est monumental, parce qu'il a secoué les habitudes, qu'en penser ?
Des gens essayent de fuir des cages, d'autres s'y réfugient, des chats passent et repassent et les angoisses créatrices y sont explorées à travers les personnages d'un écrivain (alter-égo de McKean ?) ostracisé pour un livre scandaleux (un écho de Salman Rushdie ?), d'un peintre qui n'arrive pas à créer et un jazzman mystique pour qui la création semble presque aussi naturelle que respirer.
Il y a des fulgurances dans cages, des scènes puissantes et sublîmes. Et il y a des longueurs, des moments qui vous arracheraient presque le livre des mains. Cages est un livre ambitieux, qui part un peu dans tous les sens, atteint parfois cet improbable équilibre parfait, mais se révèle aussi parfois profondément bancal. Inégal, imparfait mais parfois très juste et malgré tout important.

Mael, 12.04.2013 à 11:28350798
C'est vrai qu'hier j'ai lu Dropsie avenue et c'était encore plus cool. Après je prend ce qui est dispo à la médiathèque (j'ai encore Petit miracle qui m'attends et ai lu quelques Spirit).

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