Je découvre son existence le jour de son décès, même si maintenant que j'y pense, la rose écarlate, ça m'évoque quelque chose ... Suis complètement passé à côté (pas la cible, probablement).
Un des derniers grands de la BD franco-belge de cette période. Pas forcément que j'étais fan mais il a publié dans les 4 grands magazines avec 4 séries qui ont durée (même si j'aime pas Toupet), a scénarisé une BD de SF pour adulte à succès, publié sur plus de 50 ans (avec tous les guides et cie...). Mais Martin Milan, La Jungle en folie, c'était cool. Je me souvenais avoir très vaguement échangé avec lui sur Messenger, c'était en 2013 (!) et je lui avais parlé d'une chronique bulledair !
Le 18 novembre à 22h25 il m'écrivait donc "Merci de votre coucou au passage, et merci de me signaler l'existence de ce très charmant commentaire dans bulle d'air qui, sans vous, m'aurait échappé. Si vous n'en trouvez pas d'autres, sachez que vous serez quand même, ici, toujours le bienvenu."
ça n'aura pas fructifié plus loin.
Le commentaire en question je ne m'en souvenais plus, c'était une chronique de Lucas, il y a des boucles ironiques...
Aba Sourdi :
Cet album m'a marqué à tout jamais. Non seulement parce que c'est la toute première BD "adulte" (ou en tout cas "ado") que j'ai lue, vers l'âge de 10 ans, mais aussi par son atmosphère et sa narration si particulières. Et encore aujourd'hui c'est ça dont je me sens proche : le scénario est finalement assez passe-partout, tout le sel réside dans le ton paradoxal qui fait qu'on ne sait jamais sur quel pied on danse. Les mises en pages/en cases sont très travaillées, ainsi que les récitatifs à la première personne qui font que l'ambiance est encore plus "incarnée" par la voix de Martin et donc de Godard. Il faudrait redire à quel point les cartouches descriptives ou réflexives ne sont absolument pas à moquer dans le neuvième art et en constituent une potentialité encore bien peu explorée. (Si l'on ne peut que trouver celles de Jacobs ou de Jacques Martin lourdes et académiques, je n'ai jamais adhéré à l'accusation de 'redondance a priori' et autres 'l'image doit se suffire à elle-même' ; c'est sûrement parce que j'ai commencé par Martin Milan que la suppression totale des récitatifs m'a très tôt fait l'effet d'une tendance vers le story-board, indépendamment du dessin, et c'est de ça dont on souffre depuis des décennies).
Je suis très charmé par le trait de Godard mais il m'est difficile d'expliquer pourquoi. C'est un style total, où même le lettrage fait partie intégrante du 'mood', du 'flow', du 'feeling'. Bon, je m'égare alors je laisse parler la 4ème de couv de l'album en question :
"Christian Godard. Dessinateur et scénariste français, du signe du Bélier, 1er décan.
Aime la vie au grand air, de Rossini. Passionné de biologie, il s'est spécialisé dans l'étude des grandes sauterelles. Se méfie des mathématiques depuis que l'ami de son amie est devenu son ennemi. Son principal défaut est celui de la cuirasse. Sa phrase favorite est : "Que fait ce nez dans mon mouchoir ?". Craint les honneurs, surtout posthumes. Croit à la réincarnation et soutient que, dans une vie antérieure, il a appris la cuisine auprès de J.S. Bach, lequel était malheureusement sourd."
Sérieusement, vous verriez ce genre de paragraphe aujourd'hui au dos d'un livre du Lombard ? Triste époque où les marketteux ont pris le pouvoir...
Oui, il y a ce sentiment indicible (je n'arrive pas à utiliser le mot soulagement, ceci dit) : c'est la fin de l'expectative. Maintenant, on sait.
Ce n'est plus lui qu'il faut plaindre, mais ses proches. Facile à dire. Difficile pour les plaigneurs, difficile pour les plaints.
On se doutait de cette issue. Ce n'en est pas moins dur...
C’est une grande tristesse et pareillement un soulagement tant cette incertitude (même si tout convergeait pour deviner que le pire était survenu) devait être un crève-cœur constant pour ses proches. Chaleureuses pensées pour eux comme pour lui (et c’est vrai, ses monochats me faisaient beaucoup rire, les exhumer pour un petit fanzine aura été ma modeste contribution à l’édification de son souvenir).
On apprend sur les réseaux que l'ami Lucas, disparu il y a 8 mois, aurait été retrouvé mort peu après sa disparition, la difficulté ayant été de connecter les indormations.
Beaucoup de pensé pour Lucas taieb, Aba sourdi, multiples pseudos, sites, comptes, créations.
J'avais eu le plaisir d'être le premier (il me semble) à le publier en zine, en 2007, on a beaucoup échangé, en ne se rencontrant que deux fois. L.L. de mars avait contribué à lui faire faire plein de production en son nom, plus travaillées que ses zines personnels. Ecrire son nom ici est dur, mais il était lui-même très drôle sur le monochat, et aimait ce site.
Son dernier fanzine n'est pas en base, il avait un titre que je trouvais magnifique, sans en comprendre toute la portée et, comme bien souvent, le premier degré frontal (force de ses bandes dessinées par ailleurs) : "C'est pour prouver que j'existe".
Alphonse Desneuve, dit Alph, auteur assez discret aujourd'hui (même s'il y a eu un album relativement récent chez Même pas mal), bien présent dans la presse punkoide de la fin 80's-début 90's (Méfi, Flag, Havane primesautier...) est décédé.
Philippe Ory, coloriste entre autre de Bouzard et de Nicoby mais aussi d'autres auteurs (sa contribution n'est pas forcéments mise dans la base), est apparement décédé.
Juillard tient une grande place dans mon parcours de lecteur. J'ai beaucoup aimé Les 7 vies de l'épervier, lu vers 16/17 ans je dirais. Quel choc la mort du paysan lors de la chasse à courre. Autre moment intense, la rencontre tant attendu entre Germain et Ariane qui se solde par un viol (on est loin du fan service actuel...). Pas contre pas compris la suite "Plume au vent". Ça fait parti des trucs que je me suis forcé d'oublier ! Le cahier bleu m'avait marqué aussi, mais ce fut malheureusement un cas isolé. Le choix de reprendre Blake et Mortimer était surement plus financier qu'artistique. J'ai continué à le lire par la suite et j'ai bien aimé Mezek (qui date déjà un peu il faut dire). J'étais un peu triste qu'il représente une BD de papi pour ma génération.
Pour Vicomte, lâché l'affaire après le tome 1 de Sasmira. Si j'étais un temps la cible (comme dirait Mael), et bien 14 ans après je ne l'étais plus. Belle idée scénariste la manière dont le héros se rend compte qu'il a voyagé dans le temps, j'avais souri (il boit du vin qui n'a pas le goût attendu).
laurent Vicomte (25 mars 1956 - 9 août 2020), mythique notamment pour son Sasmira, BD longtemps présentée comme un des très grands chef d'oeuvre d'une BD réaliste, dont le second tome a attendu 14 ans pour sortir, au risque d'avoir d'abord monté l'attente puis lassé, il avait du renoncr au dessin pour sortir le suite. Je découvre d'ailleurs que la série s'est finalement conclue en 4 tomes, dont je n'ai guère entendu parler à part le T2. Bon je n'étais certes pas la cible. Il a aussi dessiné la Balade au bout du monde, avec Makyo, le premier cycle, ses premiers albums.
Par contre enfant je me souviens de quelques numéros de la revue écolo Pistil, où il signait l'histoire d'un gentil vagabond, Clopin, je m'étais procuré l'album par la suite, c'était mignon et m'a bien marqué.
Le dessinateur Fred Dewilde, rescapé du Bataclan dont les trois albums évoquaient globalement ce sujet et celui du trauma s'est donné la mort le 5 mai. Son dernier livre (paru en 2021) s’appelait "Conversation avec ma mort".
Peu d'albums en français, au-dessus quasi que des magazines et collectifs (dont en français tous les AH nana, le collectif Grange bleue, la revue Viper...), ce qui correspond pas mal à son parcours d’organisatrice de collectifs mais aussi d'autrice de comics de super-héros. Depuis des décennies elle se consacrait à la visibilisation des autrices de bande dessinée, avec tout un travail de mémorialiste et d'historienne. J'avais pu la voir comme grand témoin lors d'une conférence à la CIBDI quand son autobio a été traduite, elle avait reçu un doctorat honoris causa de l'Université Bordeaux Montaigne en décembre. Last girl standing est son seul livre traduit en français comme autrice principale :
Oui, la vidéo est en grande partie basée sur ces deux documents.
On revient sur le thème de l'importance de Je Bouquine, notamment dans les années 1990. On revient sur l'importance de Dragon Ball pour ma génération (une importance parfois déconnectée et du D.A. et du manga).
Mais ce qui m'interpelle dans la vidéo, c'est le témoignage sous-jacent d'un décloisonnement. Un témoignage des méandres du souvenir et des associations de souvenirs. Se souvenir de Dragon Ball par le prisme des Murail et Millet, c'est si incongru, et pourtant c'est un cheminement qui me parle.
la Une fait d'ailleurs polémique sur l'irrespect chez les fans mais elle me semble dans la lignée des jeux de mots habituels, c'est juste que sur un mangaka ce doit être une première. Je me souviens de ''Et Chuck Périt'' par ex)
Ah oui, pour Badinter on a eu droit à : Peine absolue.
Le Japon ne l'a pas appris bien avant le reste du monde. L'information apparaît en début de nuit du 8 mars sur wikipédia en japonais. Toriyama était déjà connu pour sa discrétion. On peut comprendre que la famille ait voulu faire les funérailles avant l'annonce.
Il y a quand même des articles sur BFM, Le Monde (que j'ai cité), il a fait la une de Libé et a même eu un communiqué du Ministère de la Culture et un post du président (révélant qu'il avait une dédicace de Toriyama).
(la Une fait d'ailleurs polémique sur l'irrespect chez les fans mais elle me semble dans la lignée des jeux de mots habituels, c'est juste que sur un mangaka ce doit être une première. Je me souviens de ''Et Chuck Périt'' par ex)
Pour ma génération, c'est forcément un choc. Malgré l'habituelle confusion entre manga et animé, on a grandi avec Dragon Ball, donc avec lui.
Il y a ce paradoxe avec les mangaka qu'on a découverts dans les années 1980 : ils avaient des animés tirés de leurs œuvres, c'étaient donc des auteurs d'expérience, non ? Et pourtant, on ne les voit pas vieillir.
Enrique Badía Romero (24 avril 1930 - 15 février 2024)
Un auteur Vaillant un peu particulier, pour rappel (copié/collé de wiki), il a beaucoup produit en Espagne il devait être content de la manière dont il a été traité ici tient :
"En 1972, les éditions Vaillant confient le dessin de Rahan à Guido Zamperoni sans l'accord d'André Chéret et sans même l'avoir prévenu. L'éditeur souhaite ainsi répondre à la demande engendrée par le succès croissant du personnage dans Pif Gadget. Mis devant le fait accompli, Chéret, jugeant que le style de son collègue italien ne convient pas à Rahan, préfère être assisté par trois autres dessinateurs au sein d'un studio. Malheureusement, le temps qu'il consacre à leur formation est au détriment de celui qu'il passe à dessiner et cette solution est abandonnée au bout d'un an. Chéret travaille pendant un temps en tandem avec le dessinateur espagnol Romero et trouve cette collaboration satisfaisante.
Quand une avance sur ses droits d'auteur lui est refusée au motif qu'il n'est pas auteur mais seulement un « exécutant », André Chéret intente plusieurs procès pour faire reconnaître sa qualité de coauteur, pour le paiement de droits d'auteur relatifs à une réédition, pour le préjudice moral causé par des couvertures dénaturant ses dessins et pour plagiat à l'encontre de Romero. Il obtient gain de cause dans les quatre cas et trouve un accord avec Vaillant afin de poursuivre les aventures de Rahan."
Alfredo Castelli (26/06/1947 - 07/02/2024), scénariste très prolifique mais relativement peu publié en français, comme la plupart des auteurs de BD serial italiens, dont le travail ne correspond pas aux habitudes de lecture du lectorat FB traditionnel. Ceux-ci ont surtout trouvé leur place en français dans les PF. "Nel 1966, fondò Comics Club 104, considerata la prima fanzine italiana dedicata al fumetto"
https://fumettologica.it/2024/02/alfredo-castelli-morto-martin-mystere/
Ami de lycée de Jean-Louis Tripp, pour qui il a scénarisé ses premières planches dans Métal Hurlant et avec qui il a réalisé 6 albums (deux ne sont pas en base), et obtenu le prix Bloddy Mary (futur ACBD) pour Jacques Gallard 2, Marc Barcelo n'a jamais collaboré avec d'autres dessinateur. Tripp annonce sa mort le 5 février, à 67 ans, sur facebook.