 |
Extreme Orient [ Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ] retour forum Pages : 1
 | |  |  |  Relecture de ce diptyque signé Franck Bourgeron, paru entre 2004 et 2005.
Li Fuzhi est un personnage assez veule et sans grande envergure. Il est un peu grande gueule, plutôt vif physiquement à défaut de l'être intellectuellement. Au moins l'est-il assez pour se rendre compte que pedant que cette période trouble qui mènera à l'avènement du communisme de Mao, il faut choisir son camp.
Le hasard lui fait rejoindre le parti communiste de Shangai, où il gravit les échelons au côté de son protecteur, mais en ces temps troublés, bien peu de choses séparent l'ascension de la chute. Li Fuzhi va en faire l'amère expérience.
A travers ce destin plutôt médiocre, Bourgeron met en exergue comment un destin peut être brisé par des événements qui le dépassent. Li Fuzhi est tout près de monter très haut, mais une série de coïncidences et de mauvaises rencontres vont le faire basculer du mauvais côté, celui des perdants qui lemènera tout droit vers la Mongolie. Que Li Fuzhi est aussi peu attachant évite de tomber dans le moralisme. Un pauvre type arait pû, comme certains y sont arruvés, mais il s'est vautré, comme la majorité. Il aura manqué de peu la réussité, l'amour, la puissance. Mais il n'est arrivé à rien, sans qu'il puisse même s'en sentir responsable. Hasard, coïncidences, simple pion pour ceux qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu...
On peut trouver des similitudes entre cette histoire et celle d'Ibicus. Dans les 2 cas, un destin médiocre balloté dans la révolution communiste (quoique le même genre d'histoire pourrait être raconté dans une révolution fasciste ou que sais-je)...
Le style de Bourgeron étonne, de par un encrage épais et charbonneux, et des personnages aux traits physiques accentués et déformés qui n'est pas sans rappeler Thierry Robin, et plus précisément "Rouge de Chine". Un style également très aéré, qui fait la part belle aux grandes cases... l'inconvénient de ce genre d'approche est qu'il produit des albums qui se lisent très vite. Presque trop vite. J'aurais sans doute aimé que cette série comprenne trois tomes, en donnant plus d'importance au personnage de He Pao, qui manque finalement de profondeur. D'un autre côté, elle n'est finalement qu'une autre victime de cet arbitraire qui broye les destins. Elle est même indirectement la cause de la disgrâce de Li Fuzhi, même si elle ne le connaissait pas... Li Fuzhi reste un anonyme jusqu'au bout, qui a connu la malchance d'être au mauvais endroit au mauvais moment, et il se retrouve impliqué dans une histoire dans laquelle il n'a rien à voir. Un pion, un simple pion... |
 | | NDZ, 23.05.2005 à 16:03 | 204478 |
|  |  | | "Mao", "didactique"... je ne vois pas le troisième... ;) |
 | |  |  | | Oui enfin il est assez grossier dans son interview. Au moins trois mots grossiers. C'est une honte ! |
 | | NDZ, 23.05.2005 à 15:11 | 204469 |
|  |  | | Superbe expo-interview sur BDGest. |
 | | cubik, 16.05.2005 à 13:37 | 203673 |
|  |  | | arghhh il est po encore arrive ici (=bruxelles) |
 | | crepp, 16.05.2005 à 13:29 | 203672 |
|  |  | Relecture du tome 1 pour ce mettre dans l’ambiance, et hop lecture de la suite et fin.
Très surpris par "He Sao", je ne m'attendais pas à l'importance d'une histoire personnelle dans la grande Histoire. Et être surpris j'aime beaucoup !
Li Fuzhi est le personnage le plus riche, à la fois lâche, retord, touchant. Un homme ballotté par la vie, par l'Histoire, acteur et en même temps passif.
La lecture de ce diptyque est vraiment constante de bout en bout, mais j'ai tout de même un faible pour deux très beaux passages: Le palais des Bambous, et l'opéra. Au passage le travail de mise en couleurs est encore plus beau dans ce second tome, subtil et voyant à la fois (ouais c'est pas facile ça :o)
Voilà, très belle lecture. |
|