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La Trilogie Nikopol
Dessin et scénario : Bilal Enki

La Trilogie Nikopol, terminé


Volume 1 - 1980

Volume 2 - 1986

Volume 3 - 1992


Sur le web

  • Sujet sur Bilal [forum]
  •  

    1 avis


    Thierry
    Considérée à ce jour comme l'oeuvre maîtresse d'Enki Bilal, la trilogie Nikopol n'est pourtant pas une série au sens classique du terme. La foire aux immortels était un one-shot et se suffisait entièrement a lui-même. Dans ce premier long récit réalisé en solo, Enki Bilal composait une étrange foire d'empoignes sur fond de lutte de pouvoir impliquant des Dieux Égyptiens et le régime fasciste d'un Paris futuriste et délabré. Et perdu dans cette drôle d'histoire, Alcide Nikopol, un pauvre diable qui venait de passer les 30 dernières années en état de cryogénisation. Bilal abandonnait alors ses personnages dans un bien piteux état, comme si la recherche effrénée du pouvoir ne pouvait mener qu'à sa propre perte. Horus, le Dieu rebelle, était condamné pour trahison par ses pairs; Choublanc, dictateur parisien, perdait son trône et la raison; quant à Alcide Nikopol, bien qu'il ait été nommé nouveau dirigeant de Paris, il se retrouvait interné dans un hôpital psychiatrique, son esprit n'ayant pas supporté ce qu'Horus lui avait fait subir.
    Et Ensuite ?
    Avec La femme Piège, Bilal s'attache aux pas de Jill Bioskop, une journaliste tentant de faire le deuil de John, son amant extra-terrestre. Pour oublier, elle compte sur des pilules que John lui avait laissé à cette fin. Mais leur effet abrasif la fait progressivement basculer dans la folie. Et Nikopol, dans tout ça ? Sa santé mentale retrouvée, il se sent plus que jamais étranger a ce monde qui n'est plus le sien. Mais, sentant le retour d'Horus, qui s'est échappé de sa prison, il décide de tout tenter pour le rejoindre afin de lui proposer un étonnant marché.
    Ce récit pourrait se résumer par une rencontre, inéluctable, entre Jill, Horus et Nikopol, tous trois en fuite. Jill tente d'échapper à ses souvenirs, s'enfermant dans une paranoïa sanglante; Horus continue de s'opposer aux autres Dieux et Nikopol fuyant devant une réalité qui ne l'intéresse plus, prêt à la troquer contre l'irrationnel le plus complet.
    J'ai toujours nourri l'impression, peut-être fausse, que Bilal a d'abord imaginé l'errance de Jill avant d'y intégrer Horus et Nikopol. Le résultat me parait un peu trop artificiel. Les éléments ne s'emboîtent qu'imparfaitement. Bilal joint également à ce livre un fac-similé de "Libération", imaginant que les téléscripteurs de 1989 aient reçus les articles que Jill envoie en 2032. Par cet intermédiaire, certains éléments à peine effleurés dans la bande dessinée sont développés plus en profondeur, ainsi la relation entre Jill et John, la guerre des gangs qui déchire Londres ou la 'Eierkrieg', conflit absurde se déroulant à Berlin.
    Enfin, avec Froid Équateur, Bilal conclut sa fausse trilogie. Une étrange force attire Horus, Nikopol père et fils et Jill Bioskop vers une mégapole équatoriale figée dans un hiver perpétuel. La séparation semble être le maître-mot de ce dernier volet. Nikopol et Horus mettent fin à leur association, alors qu'Alcide Nikopol, fils et pourtant quasi jumeau de son père suite à la cryogénisation de celui-ci, est plus que jamais poursuivi par l'ombre de ce dernier. Le destin lui réserve une dernière surprise. Quant à Jill, elle est décidée à tourner la page, dès qu'elle aura terminé le film qu'elle consacre à son histoire d'amour avec le couple Horus-Nikopol (une anticipation d'Immortal ?).
    Un dernier chapitre plus nostalgique, mais qui se perd aussi dans quelques fausses bonnes idées, comme le chess-boxing. Bilal semble aussi préférer composer de belles vignettes qui tiennent plus de l'illustration que de la case de bande dessinée. Certaines fonctionnent particulièrement bien, comme celle représentant une terrasse couverte d'un épais manteau neigeux, dont seules émergent les têtes d'Horus et Nikopol. Par contre, les scènes se déroulant dans le train rempli d'animaux se mélangeant aux voyageurs n'apportent pas grand chose et, passé leur attrait esthétique, il ne subsiste quelques belles images, mais un propos parfois confus.
    "La trilogie Nikopol" demeure pourtant une oeuvre emblématique de la bande dessinée de science-fiction et l'oeuvre-maîtresse de Enki Bilal, tant il développe un univers personnel qu'il déclinera encore à travers un recueil d'illustrations, "Bleu Sang" à intégrer entre "La femme Piège" et "Froid Équateur" et, bien sûr, le film "Immortal" qui revisite les 2 premiers volumes, sans qu'on puisse parler franchement d'une adaptation.
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