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Les enfants de la salamandre
Dessin : Renaud
Sc�nario : Dufaux Jean

Les enfants de la salamandre, terminďż˝


Volume 1 - 1988

Volume 2 - 1989

Volume 3 - 1990

 

1 avis


Thierry
- Pardonnez-moi, mon Père, parce que j'ai péché.
- Je vous écoute mon fils. Quel péchés avez-vous a confesser ?
- J'ai péché par obstinance.
- vous voulez dire par abstinence, et l'abstinence n'est pas un péché, mon fils.
- Non, non, j'ai bien dit obstinance, par manque d'abstinence, si vous préférez.
- Je ne comprends pas, mon fils.
- J'ai rangé ma bibliothèque et j'ai découvert que je possédais un mètre de Jean Dufaux.
- Un mètre ? Voila qui n'est pas banal !
- Oui, mais Dufaux a quand même écrit quelques bonnes séries comme "Murena", "Monsieur Noir" ou "Giacomo C"
- Sans oublier Jessica Blandy.
- ...
- Excusez-moi, reprenons. Il n'y a rien de bien grave dans tout cela.
- Mais, mon Père, il y a "Les enfants de la Salamandre"
- Et... ?
- J'ai relu la série complète.
- Je ne vois décidément rien de répréhensible.
- Mais, c'est tellement mauvais...
- Expliquez-vous, mon Fils.
- Au fur et a mesure que je relis d'anciennes séries de Jean Dufaux, il me semble qu'il est un écrivain frustré. Sa narration est ampoulée, abusant de la voix off. Il a aussi cette manie de régulièrement rythmer ses séries de phrases qui paraissent chargées de sens, comme des énigmes qui permettraient au lecteur attentif de saisir au mieux les subtilités d'un scénario qui en paraîtrait plus profond. Mais a l'usage, il ne s'agit que d'un tic narratif qui tente de donner un vernis littéraire a une intrigue superficielle. "L'Eden brûle" et "La vie tenaille" sonnent vachement bien, mais n'apportent rien, tout comme "une ligne rouge sang délimite leur horizon".
- Dufaux n'est pas le seul a user de telles ficelles. Il n'y a pas de quoi lui jeter la pierre.
- J'en conviens, mais ce n'est pas tout. Dufaux semble aussi terriblement attiré par le langage cinématographique. Il incorpore quelques techniques empruntées au cinéma, mais les utilisent tellement mal. Quelques scènes de flash-back, introduites par un zoom sur l'oreille des personnages (fondu intéressant qui fonctionne relativement bien), tombent complètement a plat. Elles introduisent l'origine, pour le moins trouble d'Angie. Mais Dufaux opte pour une mise en page trop sage, alignant les vignettes sans tirer parti de la confusion qui est celle d'Angie. Alors qu'il aurait pu renforcer l'étrangeté de la situation par quelques effets savamment doses (jeu de couleurs, cadrage, flou, que sais-je ?), il les déforce complètement en se bornant a un classicisme incompréhensible. Il est évident qu'il ne voulait pas tomber dans la surenchère graphique qui peut se révéler tout autant inefficace, mais il se plante, a mon avis personnel a moi que j'ai et qui n'engage que moi et moi seul, en refusant tout artifice dans ces séquences.
- Mais il ne s'agit que de quelques détails qui ne sauraient gâter le plaisir d'une bonne intrigue.
- Mais justement, l'intrigue est lamentable. Dufaux se perd dans un embrouillamini de salmigondis mystico-religieux du plus haut comique. Les enfants de la salamandre sont des êtres étranges aux pouvoirs étranges (ben oui). Angie et Alicia en font partie. Angie était retenu par une organisation mystérieuse de motards dont les membres ne quittent pas leur combinaison de cuir noir et le casque intégral noir. Il s'est enfui et Colpack est a sa poursuite. Quant a Alicia, elle était retenue prisonnière par une secte de chrétiens intégristes apocalyptiques, du genre a ne s'habiller que de noir (avec une chemise blanche) et porter des lunettes noirs pour ne pas avoir les yeux souiller par la corruption du monde. Ils voyaient en elle l'ange purificateur qui allait les sauver. Bizarrement, l'une des adeptes est quand meme canon. Ou est la recherche de la pureté quand on se la joue allumeuse ? Je serai gourou d'une secte pareille, un tel élément aurait droit a une sévère correction pour lui rappeler ce qu'austérité veut dire. Je passe sur les détails, mais le premier tome fait se rencontrer Angie et Alicia. Le second introduit Arkadin, troisième élément maudit de cette pseudo-trinité. Le troisième se conclut sur la confrontation finale (expédiée en 2 planches, ce qui évitent les explications pompeuses, mais se révèlent tout aussi frustrant) entre ces 3 anges tombés du ciel, non sans nous expliquer que les motards sont en fait des anges "avortés" qui voient en Angie et Arkadin l'espoir d'être "sauvés".
- En effet, c'est gratiné.
- Il faut reconnaître que Dufaux met pour une fois la pédale douce sur l'érotisme (de bazar). A peine une tentative de viol avorte dans le 1, une paire de sein dans le 2 et 2 bêtes a 2 dos dans le dernier, ce qui reste très sage dans son chef. Par contre, j'oubliais de mentionner le Conquistador, un fantôme d'un en armure de conquistador, d'où son nom, qui apparaît dans les 2 premiers tomes. Il ne sert a strictement rien, si ce n'est apporter une dose d'étrangeté en plus. Mais il reste tellement de zones d'ombre dans ce scénario qu'il ne représente qu'une incohérence de plus. Et si au moins, le premier tome était bien construit !.
- Que voulez-vous dire, mon Fils ?
- En général, les séries de Dufaux commencent bien. Le dénouement seul pose problème. Même s'il ne s'agit que de l'application d'une formule toute faite, il réussit souvent un premier tome suffisamment intrigant pour donner envie de lire la suite, espérant que les réponses apportées seront a la hauteur. Mais dans ce cas, c'est mauvais de la première a la dernière page, ce qui n'est malheureusement que rarement le cas.
- Pourquoi vous être donc obstiné, mon fils ?
- Je ne sais pas... vraiment. La faiblesse ? M'accordez-vous l'absolution, mon Père ?
- Les voies du Seigneur sont impénétrables.
(je sors)
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