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ďż˝ L'An 2

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Sine qua non
Sc�narioRuijters Marcel
DessinRuijters Marcel
Ann�e2005
EditeurL'An 2
S�rieOne-shot !
Bullenote [d�tail]

À travers les péripéties d’une vie monastique quelque peu fantasmée, ce récit découpé en chapitres nous plonge dans les croyances et superstitions du Moyen-Age. Stigmates, créatures mythiques, miracles, commerce avec la mort et spéculations sur l’origine de la vie sont quelques-uns des ingrédients que l’auteur convoque avec humour, usant d’un style remarquablement maîtrisé qui pastiche l’iconographie médiévale et la technique de la gravure. Les rares mots prononcés sont en latin, un glossaire situé en fin d’ouvrage permet d’en vérifier le sens.

 

1 avis

june
Dès la première case du premier chapitre de "Sine Qua non", Marcel Ruijters met les choses au point : l'illustration montre une nonne, regardant l'intérieur de sa main, et se prennant au travers de la face un jet de sang à tendance karcher, avec en magnifiques lettres gothiques, un mot un seul : "Stigmata".
Nous nous vautrerons donc gaiement, pendant une cent-cinquantaine de pages, dans l'iconographie religieuse la plus "cliché" (période médiévale pour mieux la situer) afin de la maltraiter quelque peu...

Cette relecture assez libre et plutôt irrévèrencieuse égratigne des passages-clef d'un certain monothéisme, ainsi que les icônes parmi les plus populaires de l'imagerie christo-biblique : on y croise de nombreuses nonnes, des chérubins en pagaille, la volonté de Dieu sous de nombreuses formes, et un bestiaire des plus impressionnants, le tout à une sauce acido-cynique vraiment inédite.

Point d'intrigue proprement dite, davantage une suite de scènettes qui, au final, aboutiront à l'ultime création de ce fameux Dieu par le biais d'un fort joli morlaque... Ceci étant dit, le dieu en question n'est pas la moitié d'un con pour s'entourer de créatures aussi foireuses...
Une manière de traiter l'histoire assez audacieuse : bande dessinée muette, "mais pas vraiment", Marcel Ruijters se contente de lâcher ici et là quelques bribes de latin, quelques mots, quelques rares dialogues, tous explicitement traduits en fin d'ouvrage ; 2 pages de traduction latin-anglais-français, où l'on retrouve "fiat lux", "opus dei", "dies irae", aux côtés de "spucatum mundi" ou "ad vomitans"...
La seule réelle colonne vertébrale de ce livre semblant être l'hilarante férocité avec laquelle son auteur déglingue les moments forts de la soi-disante création ;
son monde fourmille de détails et de subtilités toujours en rapport avec son sujet principal, et on imagine l'ébullition dans la tête du formidable Ruijters accouchant de son oeuvre... On pense un peu (un peu, hein) au meilleur de Mandryka, encore plus (un peu plus, quoi) à l'univers présent dans certains Mattioli, et évidemment (déjà plus, oui) à certains passages de l'oeuvre du génial Jim Woodring, mais rien de tout cela ne peut réellement décrire ce bouquin.

Les plus pieux parmi les lecteurs auront fatalement du mal à apprécier le répertoire caustique que Ruijters emploie avec une maestria rare pour mettre à mal les "vestiges" de ces écrits religieux ; avec plusieurs parti-pris qui pourront aisément passer pour de rudes contraintes, l'auteur étale une imagination sans limite, combiné à un sens de l'humour tout bonnement épatant, le tout servi par non pas un, mais DEUX types d'illustrations.

D'abord, Ruijters à domestiqué le pinceau chargé et épais, outil farouche et difficilement maitrisable quand il s'agit de délimiter d'aussi nets contours que ceux qui parcourent ce bouquin ; le trait est grassouillet, épais, mais, surprise, également net de net : sur certaines cases on jurerait qu'un utilisateur d'Illustrator aurait retracé les dessins en tracés vectoriels...
Ensuite, pour servir certains chapitres de son récit, il utilise la gravure, qui sied à merveille au ton de son récit ; les gravures complètent à la perfection l'atmosphère d'enluminure de cette histoire de chérubins, de croix, de lumières et de ténèbres...

Pour insister sur le côté presque parodique des écritures divines, l'auteur choisit également de ne pas surcharger son découpage pour donner encore davantage de rythme à son récit : on reste dans la représentation médiévale, donc peu de cases par page. Imaginez un bouquin d'imagerie pieuse réalisé à quatre mains par un Thomas Ott, version humour-noir-ou-l'on-rit-jaune, et par le peintre californien Doze, version moins-abstract-weeeeeed, vous aurez péniblement défini l'ambiance qui gravite autour de cette lecture...

"Sine qua non" est un ouvrage riche, abondant tant de subtilité renseignée que de connerie inspirée, et traitée d'une manière tout bonnement excellente, malgré quelques rares hésitations de cadence de narration, ainsi qu'une couverture peu alléchante.

Sa condition de livre quasi-muet frustera probablement les adeptes des lectures à rallonge, mais il saura casser les burnes des gardiens du temple, enthousiasmer les plus anticléricaux d'entre nous, et, pour sûr, ravira les amateurs d'expérience de lecture rafraichissante.
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