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© Casterman

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Tome 2
ScénarioTaniguchi Jiro
DessinTaniguchi Jiro
CouleursNoir et Blanc
Année2003
EditeurCasterman
CollectionEcritures
SérieQuartier lointain, tome 2
autres tomes1 | 2
Bullenote [détail]

Homme mûr de 40 ans, transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi continue la redécouverte de son passé. Questionnant sa grand-mère, ses parents, ses amis, il réalise tout ce qui lui avait échappé lorsqu'il était jeune. Et petit à petit, l'année scolaire avançant, il voit se rapprocher la date fatidique où son père disparaîtra, pour toujours, sans aucune explication. Peut-il changer son passé ou est-il condamné à le revivre, impuissant ? Et retrouvera-t-il son existence normale, sa femme et ses enfants ?

 

9 avis

Fabrys
Quartier Lointain raconte l'histoire de Hiroshi Nakahara, cadre bientôt cinquantenaire, usé par le quotidien, fortement penché sur la bouteille, marié et père de deux filles avec lesquelles le dialogue est pratiquement inexistant.
Un jour, en rentrant chez lui, il se trompe de train et se retrouve en direction de son village natal, bizarrement, il ne cherche pas à retourner vers Tokyo et se laisse emmener vers ses souvenirs. Il a deux heures pour s'imprégner à nouveau des parfums de son enfance, avant de retourner vers son quotidien, par le prochain train.
En déambulant dans les rues qu'il ne reconnaît plus, il s'arrête devant le cimetière où se trouve la tombe de sa mère, morte vingt-ans plus tôt. Devant la stèle, il se demande si sa mère a été heureuse, depuis ce soir d'été où son père n'est jamais rentré à la maison, sans donner la moindre explication. Pris d'une soudaine bouffée de châleur, il s'évanouit.
Lorsqu'il se réveille, sonné, il pense être parti dans un rêve. Un rêve où il aurait 14 ans, un rêve où son village serait comme dans ses souvenirs, un rêve où sa mère serait encore vivante, un rêve où il lui serait possible de changer le cours de sa vie et d'empêcher son père de quitter une vie et une famille apparemment heureuses.

Ce récit, même s'il n'atteint pas l'intensité émotionnel du Journal de mon père, aborde la même thématique sous un autre angle, un peu plus léger mais tout aussi important. Cette fois-ci, le narrateur découvre lui-même le personnage emblématique qu'est son père, il cherche à percer ses secrets pour mieux comprendre l'incompréhensible et, surtout, guérir ses blessures d'enfant et, par conséquent, ses blessures d'adulte.
Jirô Tanigushi est un poète. Je ne trouve aucun équivalent chez les auteurs occidentaux, ce qui lui ajoute encore du charme. Jamais je ne pensais pouvoir être enchanté par des décors dessinés par un mangaka, en noir et blanc. Pourtant, son trait fin et élégant arrive à faire passer l'atmosphère pleine de charme des souvenirs d'enfances. Pas uniquement ceux de son personnage, il nous emmène dans les notres ce qui nous fait complètement le suivre dans son récit, sans penser à quoi que ce soit d'autre, comme un enfant qui ne connaît pas encore les soucis des adultes.
Il a compris à quel point le moment le plus important de notre existence est l'enfance, à quel point les êtres les plus importants sont les enfants, à quel point les adultes doivent s'en occuper.
Quand je conseille à quelqu'un de lire du Tanigushi et qu'il me répond qu'il n'aime pas les mangas, je lui dis de faire un pari, façon Pascal. Il est impossible d'être perdant.
cubik
Chronique réalisée dans le cadre du focus sur Quartier Lointain

J'étais un peu craintif en attendant ce tome 2 qui devait conclure l'histoire commencée dans le 1. Je venais de finir "Replay" (excellent roman au passage) qui reprenait la même idée de départ mais la développait sur plusieurs vies. Du coup, j'avais en tête une façon de finir cette histoire et je me disais que ce genre de fin ne pourrait jamais être fait pour Quartier Lointain, vu qu'il ne restait qu'un tôme. Même si j'étais confiant dans le talent de Taniguchi, j'avais quand même entendu dire qu'il a déjà commis quelques "bouses" (le chien Blanco pour le citer).
Après lecture, mes doutes se sont levés: Taniguchi est vraiment très doué. Son dessin est toujours aussi clair et efficace et réconcilie les bd franco-belge et japonaise. Mais le plus important reste l'histoire et la façon de la raconter. Sa narration peut présenter des temps morts mais jamais de temps perdus. Et surtout l'histoire est originale. L'idée de départ l'était déjà mais là, on ne se retrouve pas avec une fin qu'on pourrait qualifier de "facile". Bien sur, les puristes de science-fiction pourront argumenter que sa conception de "voyage temporel" n'est pas très juste mais je crois que là, on s'en fout. Même moi qui aime bien glauser sur la forme du temps en parlant d'Universal War 1, et qui aime bien les trucs carrés à ce niveau là, ça ne pas gêné plus que ça. Car il fait passer les intentions et les émotions au premier plan et ça rend les détails accessoires. Et en fait, le coté science-fiction ne devient plus qu'un prétexte pour une introspection des relations familiales du narrateur.
On a donc droit à une fin inattendue, à un mystère terriblement banal dans le sens où Taniguchi arrive à faire passer une situation presque courante aujourd'hui pour un mystère passionant et à une "morale" finalement évidente mais originale. Encore une fois, comme avec le journal de mon père, il rend les gens normaux intéressants et le quotidien extraordinaire.
A lire!
crepp
Chronique réalisée dans le cadre du focus sur Quartier Lointain

C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé Hiroshi, ainsi que ses doutes, ses espérances, ses désirs.
La grande force de quartier lointain est cette fluidité dans la lecture, tout est juste. Je ne me souviens pas d’une si grande maîtrise dans la narration et le découpage. Tout vient et s’enchaîne de manière parfaite, sans un temps mort, sans un répit et tout ça jusqu’au dénouement final. Je me suis retrouvé plongé dans cette magnifique histoire, si simple, si belle et si touchante.
Le dessin est riche et précis. L’auteur réussit par quelques regards, quelques positions , quelques plans à donner des frissons. La qualité est partout, même dans les pages d’ouverture des chapitres. Souvent dans les mangas le dessin ne suit pas l’ambiance de l’album, ici ce n’est absolument pas le cas. Je pourrais chercher des heures après une critique, mais c’est impossible.
J’attendais énormément de cet album, je me disais que j’en demandais trop. Je viens de le terminer , et je le dis haut et fort : "C’est une merveille !". Ne pas être déçu après une si forte attente prouve tout simplement que « Quartier lointain » sera considéré comme un classique de la Bande dessinée. Il rentre directement dans mon top 10, sans la moindre hésitation.
MR_Claude
Chronique réalisée dans le cadre du focus sur Quartier Lointain

J'avais beaucoup apprécié le premier, et j'attendais cet album au tournant. Il me restait un poil de retenue à la fin du premier volume, à cause de petits détails, trois fois rien, peut-être aussi parce que laisser une histoire comme celle-ci inachevée est frustrant et très risqué.
Dans Quartier Lointain, le charme tient à peu de choses. Tout y est fait avec tant de délicatesse, de sensibilité, qu'une coupure entre deux tomes risque de détruire ce fragile équilibre. Et surtout j'appréhendais la fin, par peur d'être déçu. Et sans la dévoiler, autant dire tout de suite que ce n'est pas le cas.

Esquissé dans le premier volume, le père d'Hiroshi prend toute son importance dans ce tome, c'est lui le thème central, ce père disparu sans explication qu'Hiroshi essaye de comprendre maintenant qu'il a 48 ans "dans sa tête". Par dessus-ça, Taniguchi y ajoute avec brio une bluette d'adolescents, une ode à l'enfance, des personnages sensibles et émouvants, et une description de l'intérieur, par "le petit bout de la lorgnette" de la société japonaise. Dans son corps juvénile, Hiroshi reprend goût aux choses simples de la vie, réalise l'importance de ces petits détails qu'il avait oubliés, et cet enthousiasme nouveau, il va tout faire pour l'utiliser pour tenter de changer le cours de son existence.
Le dessin quant à lui est fidèle au rendez-vous, sobre, posé, je dirais même "classieux". Il est à l'image de son récit et de sa narration, très contemplatif, pas de grands effets, des petites touches sensibles, des visages très expressifs mais jamais caricaturaux.

Magistral, humain, parfaitement construit, nostalgique mais pas larmoyant, intimiste mais pas mièvre, c'est un vrai tour de force! Les personnages sont crédibles et touchants, jamais excessifs, passé le côté "fantastique" de la situation de départ, toute s'enchaîne ensuite avec une logique implacable, les raisons du départ du père d'Hirochi deviennent vite évidentes (on se demande pourquoi on n'y avait pas pensé plus tôt!), et la toute dernière chute offre une petite pirouette bienvenue et pleine de fraicheur.
Garulfo
Que dire de cette oeuvre magnifique qui n'ait déjà été évoqué ! car les superlatifs ne manquent pas : touchant jusqu'à la larme, éblouissant dans sa réalisation. Rares sont les oeuvres qui arrivent à faire passer autant d'émotions.

J'ai longtemps (trop longtemps à mon goût ;) attendu ce deuxième volet et j'ai été rassuré de retrouver la même qualité du premier opus.

Le dessin est superbe et le rythme colle à la perfection au scénario permettant de vivre chaque scène au plus profond des sentiments des protagonistes. L'histoire aussi bien portée par la réalisation ne peut que transpercer nos esprits et nos coeurs. Bref, vous l'avez compris, une oeuvre qui touche au plus profond de soi, en tout cas, cela a été mon cas !

Même si l'aspect manga peut rebuter (je sais que c'est le cas chez certains), foncez les yeux fermés car vous risquez de passer tout simplement à côté d'un des événements majeurs de cette année si ce n'est l'Evenement et je pèse mes mots !.
CoeurDePat
Pfff, raaah ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?! "Le journal de mon père" était déjà extrêmement fort, juste, d'une finesse rare, d'une grande beauté, et là, "Quartier Lointain", s'il se disperse un peu plus avec son apparence a priori fantastique, ses différents thèmes qui sont autant de questions auxquelles le lecteur devra répondre, s'il est donc un peu moins "concentré", joue sur la même finesse, le même registre, la même vision du monde absolument magnifique...

Bien sûr, superficiellement le scénario présente ce qui peut sembler être des défauts. Mais si on pense ça, c'est qu'on n'a pas compris les préoccupations qui se cachent réellement derrière. Car "Quartier Lointain" a plusieurs niveaux de lecture, depuis celui -- léger -- de nouvelle fantastique jusqu'à celui -- bien plus profond -- de véritable introspection de nature véritablement philosophique...

Ce chef d'oeuvre constitue avec "Le journal de mon père" et "L'homme qui marche" une oeuvre unique et terriblement touchante. Et ce ne sont pas ces quelques lignes, ni même des pages entières, qui sont capables de retranscrire ce que j'ai ressenti à sa lecture.

La seule chose sensée que je puisse dire à son propos, c'est : lisez-le !!! Même si vous n'avez jamais lu de manga, même si vous n'avez jamais lu de bande dessinée.
man
J'ai attendu pour lire ce deuxième tome. Ca en valait la peine.

Ce n'est plus, comme le premier, le livre du "malgré moi". Hiroshi agit consciemment maintenant, il cherche à comprendre pourquoi son père est (va) parti(r), et à l'en empêcher. Mais le plus important est la manière dont Taniguchi le montre. Le jeune Hiroshi a l'expérience de l'Hiroshi de 48 ans, mais il ne s'en comporte pas moins comme un gamin en voulant retenir un père qui s'enfuit, en entretenant l'illusion qu'il peut changer sa vie comme il le souhaite. Une illusion que lui procure son aventure dans le temps… Est-ce finalement l'enfant qui apprendra quelque chose de l'adulte, ou l'adulte de l'enfant ? C'est sur cette piste que nous lance Taniguchi, et il fallait bien ce deuxième tome pour aller jusqu'au bout, pour se rendre compte vraiment de la portée de Quartier Lointain.

Le dessin est toujours aussi vivant, et on vit de plus belle avec lui. Le bonheur d'Hiroshi qui vit sa romance de collégien, son regard mélancolique quand il pense à la disparition future de son père, ses souffrances; le regard plein d'amour et de doutes de Tomoko; les gestes doux et la tristesse du regard de Tamiko Osawa, transpirent tellement au travers du dessin qu'on se sent bouleversé soi-même.

On pouvait s'attendre au type de fin que Taniguchi donne à son livre. Mais la manière dont elle est amenée est, elle, tout à fait inattendue. Et on ne peut que sourire en voyant, lentement, les derniers accords de la partition se jouer, alors qu'on sait, tranquillement, que tout est fini.
Herbv
Je dois dire que si j'avais beaucoup aimé le tome 1, j'ai adoré le tome 2.

En fait, une fois passé la mise en place de l'histoire, des personnages, une fois passé la partie humoristique (toute en subtilité, je vous rassure) liée aux quiproquos d'une personne renvoyée dans son passé et aux décalages que cela induit, toute la force dramatique de l'histoire nous prend aux tripes en se centrant sur le père. La progression de l'histoire, toute en tranquillité et en justesse, même si elle débouche sur une fin très classique, m'a vraiment transporté grâce à une narration superbe et un excellent dessin. Taniguchi sait nous plonger dans un univers réaliste, arrive à éveiller en nous nostalgie, émotions (joie et tristesse sans verser dans le rire gras ou le pathos), nous fait rêver et nous questionne : si nous avions la possibilité de changer notre vie, aurions-nous le courage de la saisir ? Et doit-on changer notre vie au prix d'un certain égoïsme ou doit-on se sacrifier au profit des autres ? Cette dernière question est importante dans une société japonaise en crise, sensée être traditionnellement plus solidaire que nos sociétés occidentales à l'égoïsme exacerbé par le libéralisme actuel.

J'ai particulièrement apprécié la fin, classique, sans réel coup de théâtre, tranquille, ouverte... Une très belle fin, une histoire s'achève, la suite n'appartient qu'à notre héros et à lui seul. En tout cas, c'est une histoire très forte et très simple à la fois, un pur moment plaisir comme la lecture peut apporter avec certains chefs-d'oeuvre.
Glotz
Attention chef-d'œuvre ! Jiro Taniguchi signe ici LE manga paru en France en 2002 et 2003. Un dessin hyperoriginal pour un mangaka (mi-européen mi-japonais), une adaptation extraordinaire de Frédéric Boilet (voir son interview dans Calliope) et une traduction de Kaoru Sekizumi et Frédéric Boilet qui respecte le scénario génial.

Enfin non, ce n'est pas le scénario qui est génial. À vrai dire il est assez banal : un homme, Hiroshi Nakahara, la quarantaine, homme d'affaire japonais ne s'occupant pas spécialement bien de sa famille, est transporté dans sa peau d'enfant de 14 ans. Bien sûr il garde son cerveau d'adulte et réussi particulièrement bien à l'école mais il doit faire face à une douloureuse histoire de sa jeunesse : le départ de son père, lorsqu'il avait 14 ans. Il se retrouve donc 2 mois avant ce départ, retrouve ses amis, se fait une nouvelle petite copine et réfléchit… Pourquoi ? Il se retrouve finalement·dans sa peau d'homme, et l'on voit le mot fin apparaître (enfin c'est une image, le dernier mot étant « Daisuké »).

Donc rien de bien original en soit, un voyage dans le temps pour comprendre ce qui risque de lui arriver s'il suit le chemin de son père ? Pour se rappeler ce que ressentent ses filles pendant ses absences répétées (en tant qu'homme d'affaire japonais c'est travail et soirées aux bars avec ses collègues…) Sait pas… La seule chose importante est de se laisser porter par les 400 pages de ce manga.

Car plus que le scénario c'est la poésie, la fraîcheur, l'intelligence qui émanent de ces pages (si toutefois ceci est possible), qui charment. L'histoire d'amour entre Hiroshi et Tomoko, les récits des plus ou moins douloureux secrets de famille, l'histoire Tamiko (hé hé, seuls les initiés savent de quoi je parle). Tout est fantastique.
Un manga intello ? Dans le sens où il n'y a pas de castagne toutes les deux pages et de filles à moitié nues ni d'histoires à l'eau de rose sirupeuses oui. En fait le problème serait que l'on dise : « A non, mais ce n'est pas un manga… c'est trop sérieux… ». Mais c'est bien un manga, et le succès de Taniguchi permettra peut-être de faire traduire d'autres mangas plus ambitieux (Comme Gen d'Hiroshima, en cours de republication). À avoir absolument donc.
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