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ďż˝ 6 pieds sous terre

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Les Jarnaqueurs
Sc�narioBoujut Michel
DessinPuchol Jeanne
CouleursNoir et Blanc
Ann�e2005
Editeur6 pieds sous terre
CollectionCĂ©phalopode
S�rieLe Poulpe, tome 16
autres tomes... 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 ...
Bullenote [d�tail]

L’actualité entraîne Gabriel du côté de Jarnac où le cercueil de Mitterrand vient d’être dérobé par un mystérieux commando. Affaire d’Etat qui met sans dessus dessous le monde politico-médiatique et provoque l’indignation générale. Avec l’aide d’un vieux libraire du coin et d’une jeune ouvreuse de cinéma, le Poulpe commence sa périlleuse enquête et découvre çà et là quelques secrets bien gardés…

 

1 avis

Mr_Switch
Ce n’est pas rare qu’une BD soit truffée de ce qu’on appellera des private jokes. Cependant, celles-ci resteront en second plan, pour constituer le second degré de lecture, cher aux bédéphiles.
On imaginerait difficilement un album où le coté « blagues privées » primerait sur le fond, sur la trame même de l’histoire. L’auteur se priverait de la majorité du lectorat, non concerné par cet ouvrage pour comité restreint.
Situer ce livre au sein même d’une série préexistante serait casse-gueule, voué à l’échec.

Et pourtant, ce tome 16 du Poulpe est bel et bien une grosse farce jarnaco-jarnacaise. (Ah, oui, il y a quand même un petit peu d’action à la fin, histoire de justifier les talents de détective dudit Poulpe…)
Par conséquent, je ne saurais présager si cet album est susceptible d’intéresser plus de 5% du public. Les lecteurs avertis, par contre, passeront un bon moment.

Quand Fournier dessine l’Ankou, il se fait plaisir en prenant sa Bretagne natale en toile de fond. On ne peut faire plus bretonnisant qu’un Ankou. Pourtant, ce tome reste un Spirou, et la Bretagne demeure globalement un contexte.
Avec Les Jarnaqueurs, dès le titre, on ne peut guère se tromper de thème. Le décor est planté illico : le pays jarnacais et son dernier illustre et légendaire enfant du pays, Mitterrand. Le Pays Jarnacais est bel et bien le héros. Que ce soit « un Poulpe » n’est finalement plus qu’un contexte. On a ainsi un contre-pied à la logique du genre. La question ne fut pas « Comment faire rentrer Jarnac dans le Poulpe » mais plutôt « Comment faire entrer le Poulpe en Jarnac » !

Ce Six pieds sous terre me fut offert, après un passage rayon BD de mon E.Leclerc cognaçais. Au delà du côté ironique de la chose, cette anecdote ne fait que réaffirmer que nous sommes en présence d’un ouvrage régionaliste, dans la diffusion même.
Je l’ai également vu dans une petite librairie-papeterie jarnacaise. Mais bizarrement, il n’a pas l’air d’intéresser les libraires BD d’autres villes plus éloignées …

Les Jarnaqueurs puise donc sa verve dans la mythologie jarnaco-mitterrandienne. La couverture représente le caveau familial du feu président. La représentation est très fidèle, si ce n’est qu’en réalité ce n’est pas le nom Mitterrand mais celui de Lorrain qui figure au fronton. Or dès la seconde page, la représentation devient exacte, la vérité est rétablie.
L’énigme tourne autour de la dépouille de Mitterrand qui a été volée. Sachant qu’elle va être assez malmenée, le mélange entre détails personnels et fiction délirante est assez étonnant, voire détonnant.
On verra plus tard de nombreuses rues et lieux pittoresques de Jarnac et ses alentours. Cette BD devient alors un véritable guide touristique. Je l’ai vu faire, et je me suis amusé à comparer moi aussi…

Plus loin, le Poulpe rencontre une certaine Réjeanne Beausoleil. Réjeanne est un prénom très charentais. Quant à Beausoleil, c’est aussi un nom connu (Par exemple : Mme Beausoleil était la fort connue directrice de l’école privée de Jarnac. Cela ne manque pas de piquant quand on voit le sujet d’étude de ladite Réjeanne...)

La quintessence du comique de références de ce volume coïncide avec l’arrivée des sœurs Couturier.
Extrait du poulpe tome 16


On pourrait faire un rapprochement, Ă  tout hasard, avec cet article, non ?
Montage à partir d’un article de Sud-Ouest du 27 mai 2005.
Sud-ouest 27 mai 2005

Un bel Ă©cho, me direz-vous ? On voit clairement la source.
Oui, sauf que l’article est daté de plusieurs mois après la parution de la BD. La réalité dépasse la fiction. Les sœurs Couturier sont bien les sœurs Bordage. Et celles-ci sont légendaires au point de pouvoir deviner ce qu’elles sont susceptibles de dire.
On remarquera le malin plaisir à replacer la famille Mitterrand comme étant de droite. La BD va également fouiller de ce côté, quitte à remuer résolument la merde.

Par la suite, on aura à faire à divers autres clins d’œil : les marques de Cognac, un personnage qui ressemble au maire actuel, la confrontation bière/cognac, etc. Michel Boujut et Jeanne Puchol s’en donnent à cœur-joie dans le saugrenu.
Tout n’est que drôlerie…
… Si ce n’est, au détour d’une case, un message de la police : «… passé Sigogne, prendre la route de Luchac… ». Sigogne… Là où Marianne, la fille de Michel Boujut succomba dans un accident de voiture en 2004. Le lecteur averti ne peut s’empêcher d’avoir un pincement. Du reste, l’ouvrage est dédié à la mémoire de sa fille.



Ah, oui ! J’ai omis de vous le confirmer, mais Michel Boujut est un enfant du pays, lui-même. Il est le fils de Pierre Boujut, tonnelier-poète et personnage important de la mythologie jarnacaise. Un peu poète lui aussi, il est surtout connu comme critique cinéma et écrivain. Il a travaillé également à Charlie Hebdo (dans la présente BD, le scandale fait la une de Charlie Hebdo, comme par hasard …).
C’est un féru de cinéma, ce n’est pas étonnant qu’on y retrouve des références. Le libraire de l’histoire ressemble étrangement à Pialat, par exemple. Et Gabriel Lecouvreur (le Poulpe) apparaît la première fois, un livre du grand cinéaste japonais Yasujiro Ozu, à la main.

Jarnac, Japon, Cinéma … On retrouve le trio de valeurs sûres dont je parlais dans Tôkyô est mon jardin.
Le Japon est en effet très représenté dans la seconde partie de l’album, véritable enquête que je vous laisse découvrir. Il est notamment question de couple entre français et japonaise. C’est assez amusant car c’est un véritable phénomène qu’on peut constater dans le microcosme du cognac. C’est assez amusant car on se rapproche de la thématique de la manga de Boilet. C’est assez amusant car les 2 BD n’ont fichtrement rien à voir de prime abord.

Pour conclure, une fois qu’on ôte le scénario épais comme du papier à cigarette, qu’on admet que peu de monde va comprendre les astuces jarnacaises ou encore les astuces sur la situation politique en 1998, que reste-t’il ?
Le dessin de Mme Puchol qui est bien sympa. Et de bons moments de rigolades pour ceux qui peuvent capter quelques bribes de références !
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