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© Dupuis

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Les longues traversées
ScénarioGiraudeau Bernard | Cailleaux Christian
DessinCailleaux Christian
Année2011
EditeurDupuis
CollectionAire Libre
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

Diego, le matelot à quai, et Théo, l'ancien marin apprenti écrivain, nous entraînent sur les quais du port de Lisbonne, à la poursuite de leurs rêves d'enfance, préservés dans leur mémoire ou abîmés par la vie. Aux récits de voyages de Diego se mêlent les fantasmes d'écrivain de Théo, tous deux obsédés par le fantôme de femmes réelles, imaginaires ou disparues dont ils réveillent le souvenir au gré de leur conversations. De rêves chimériques en vraies blessures, Diego et Théo réinventent leur vie, dans l'attente d'un départ qui n'a jamais lieu.

 

1 avis

rohagus
Contrairement à ce que laisse penser son titre, « Les Longues Traversées » n'est pas un récit de marine et de voyages. C'est un récit sur les hommes revenus à terre, errant sur les quais, imaginant sans cesse un hypothétique retour sur les flots et rêvant de la femme idéale immanquablement inatteignable. Les voyages sont donc imaginaires mais la poésie n'en est pas moins présente.

Théo est né à La Rochelle. Engagé dans la Royale à 16 ans, il quitte la marine quelques années plus tard et vivote de quelques écrits journalistiques. Jusqu'au jour où il décide de s'installer à Lisbonne pour écrire un livre sur une femme pirate portugaise ayant combattu par vengeance les autorités brésiliennes au XIXe siècle.
Il y fait la rencontre de Diego, marin angolais désormais échoué sur les quais du port, et dans l'attente d'un lointain appareillage en tant qu'officier mécano.
Une belle amitié se forgera entre les deux hommes, faite d’histoires de femmes et de marins, certaines réelles d’autres purement fictives, la limite entre les deux n’étant jamais bien nette.

Un peu difficile à appréhender au premier abord, ce récit révèle son lot de force poétique et de beauté mélancolique.
Le texte lyrique de Bernard Giraudeau accompagne chaque planche. Il le fait parfois par le biais de dialogues concis mais ayant du sens au-delà des simples mots utilisés. Et il le fait d’autres fois par de longues envolées lyriques joliment écrites, quoiqu’un peu fastidieuses dans le contexte d’une bande dessinée.
A ses côtés, le dessin de Christian Cailleaux sait se faire discret et en même temps charmer par l’esthétique de certaines cases et la force de grandes images de mers, de bateaux et de ports dans la nuit.

Sur un rythme un peu inégal, parfois désenchanté, les auteurs nous livrent un blues de la mer et des hommes à terre. Malgré quelques légers décrochages, j’ai été touché par certains moments emplis de poésie. J’ai aimé la relation entre ces deux hommes et les femmes qui les entourent, cette ambiance de torpeur mélancolique, leurs récits d’aventure à la frontière du réel et de l’imaginaire. J’ai aussi aimé cette idée de la femme rêvée par les marins qui feront d’eux des hommes en permanence en instance de départ pour l’ailleurs.

« Les hommes de mer aiment les filles de passage en rêvant à l’inconnue, la seule, l’unique, celle qui attend. Elle est la femme des nuits de quart, des longues traversées. C’est une compagne pour la mer. Sur terre, elle n’existe pas. On la devine. On ne voit que son ombre. Elle s’évanouit sans cesse. Elle n’est concrète que dans l’imaginaire. »

Concrètement, cette bande dessinée ne plaira probablement pas à tout le monde car son rythme est lent et donne l’impression à la fois qu’il ne se passe rien et qu’il se raconte pourtant trop de choses différentes, comme si l’on ne savait pas où les auteurs voulaient en venir. Et effectivement, la fin laisse légèrement sur sa faim. Mais entre-temps les auteurs nous emmènent pour un voyage touchant dans l’imaginaire des hommes à quai et pour peu que vous y soyez sensibles, vous aurez peut-être la chance d’être emmené vers cet ailleurs idéal des marins.
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