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Denoël

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Les damnés de Nanterre
Sc�narioMontellier Chantal
DessinMontellier Chantal
Ann�e2005
EditeurDenoël
S�rieOne-shot !
Bullenote [d�tail]

Le 4 octobre 1994, radios et télés rapportent un fait divers d'une extrême brutalité. Dexu jeunes gens, Florence Rey et Audry Maupin, viennent d'attaquer la préfourrière de Pantin pour voler des armes. Place de la Nation, le taxi à bord duquel ils s'enfuient percute une voiture de police. Fusillade. Course poursuite. Cinq morts et cinq blessés en moins de trente minutes. Coup de folie ou opération terroriste ? Le visage d'ange paumé de Florence Rey devient une icône cathodique instantanée, symbole de la violence et de la confusion idéologique des temps. Les médias invoquent l'influence de films ultraviolents comme le Tueurs nés d'Oliver Stone. On présente Rey et Maupin comme des Bonnie & Clyde de la terreur, des nihilistes délirants, alors qu'en réalité leur parcours épouse celui de tant d'enfants des classes moyenne et ouvrière en rupture avec un modèle de société de plus en plus brutal et matérialiste...
Dix ans plus tard, Chantal Montellier rouvre le dossier et suit les pistes négligées à l'époque, y compris celle, évoquée à mi-voix par certains médias, du troisième, voire du quatrième homme. Son travail, vibrant de sincérité, jette une lumière neuve sur une affaire emblématique de notre histoire récente. Et par-dessus tout cela, flotte l'inoubliable visage de Florence Rey, le soleil noir de son regard.

 

1 avis

Thierry
en 1994, Audry Maupin et Florence Rey font tristement la une de la presse française. Lors d'une virée sanglante, ce jeune couple a tue 3 policiers et un chauffeur de taxi. Audry Maupin fut également abattu. Florence Rey, murée dans son silence, restera toujours vague sur les motivations de ces actes.
10 ans plus tard, Chantal Montellier, auteur réputée pour ces récits politiques dans les 70 et 80 (voir a ce propos le très interessant Social Fiction, reprenant 3 de ses titres les plus aboutis: 1996, Shelter, Wonder City), tente de comprendre ce qui s'est réellement passé ce soir-la. A travers l'enquête fictive d'une journaliste, elle reprend les faits un par un, s'interroge sur les motivations de ces jeunes militants d'extrême-gauche qui ont basculés dans l'action violente, pointe les manquements de l'enquête officielle (dont la piste du troisième homme, écartée d'embleée ou le parallèle -trop- facile avec "Tueur-nés", le film d'Oliver Stone qui venait de sortir sur les écrans), rappelle le contexte trouble de l'époque, envisage un éventuel noyautage de l'extrême-gauche par des groupements d'extrême-droite a des fins de manipulation politique...
La densité de la trame narrative est étonnante et me semble requérir plusieurs lectures pour en saisir toutes les nuances. On peut bien sur ne pas être d'accord avec toutes les prises de position de Montellier (ce qui est mon cas), mais la sincérité de son propos et la pertinence de certains arguments se révèlent déstabilisant.
De plus, il est intéressant de comparer le parcours d'Audry Maupin et Florence Rey avec celui des parents de Davodeau, qui leur a consacré le très beau les mauvaise gens. Tous profondément ancrés a gauche, et militant activement pour changer la société, les parents de Davodeau sont restés de simples anonymes qui, a force d'un combat de tous les jours, ont contribué a l'amélioration réelle des conditions de vie des gens (je ne peux que conseiller la lecture de cet excellent ouvrage pour mesurer le chemin parcouru ces 50 dernières années). A l'inverse, Rey et Maupin me semble complètement coupés de la réalité, perdus dans une radicalisation aveugle qui leur fait perdre le contact avec la réalité. Audry Maupin met par exemple sur le même pied les massacres perpétrés lors de la Commune et la mort de Pierre Overney, militant de gauche assassiné par un agent de sécurité dans les années 70.
Bien sur, on peut reprocher a Chantal Montellier le personnage de Chris Winckler, qui enquête sur l'affaire. Trop sexy, trop indépendante, trop libre sexuellement pour être crédible. Le style de Montellier reste également indubitablement marque par les années 80. Son point de vue n'est pas toujours exempt d'une certaine naïveté, mais elle évite l'écueil du militantisme primaire. Elle ne tente pas de disculper Rey et Maupin. Elle n'excuse pas leurs actes mais se demande avec raison si cette affaire n'a pas été réduite un peu vite a un simple fait divers, occultant trop d'éléments sur les soutiens dont ils auraient pu bénéficier et son exploitation politique par Charles Pasqua, trop pressé de justifier la dérive sécuritaire de son ministère.
Chantal Montellier réalise un livre intelligent, qui interpelle le lecteur, le force a réfléchir et tenter de dégager une vérité qu'elle ne nous impose pas, d'autant moins qu'elle est consciente de ne pas la détenir. Et au détour des pages, je me suis rendu compte qu'en 1994, Florence Rey avait 20 ans, comme moi.
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