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� Dargaud

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Grasse carcasse
Sc�narioLarcenet Manu
DessinLarcenet Manu
Noir et BlancLarcenet Manu
Ann�e2009
EditeurDargaud
S�rieBlast, tome 1
autres tomes1 | 2 | 3 | 4
Bullenote [d�tail]

Un homme seul, obèse et sale, est amené au commissariat. Ce qu'il a fait, pourquoi il est là, nous n'en saurons encore rien. Au cours de l'interrogatoire, confession impudique, il va livrer sa vie et expliquer au lecteur passionné comment il a, un jour, lâché prise, et est parti sur les routes à la recherche du Blast - cet instant magique où tout s'illumine et sa vie devient parfaite.

 

2 avis

thierry
Un petit aparté pour commencer... j'ai été surpris de voir sur certains fora (je pense à une discussion sur BDP il y a quelques temps) à quel point la lecture des livres de Larcenet est de plus en plus influencée par une grille de lecture imposée par la personnalité réelle ou supposée de Larcenet, jusqu'à continuer d'entretenir une confusion entre le personnage-Larcenet, perçu à travers ce qu'il livre essentiellement sur son blog, et ses personnages, et de céder à la tentation de voir en Polza Mancini un alter-égo de plus, à l'instar du Marco du "combat ordinaire" (alors que Larcenet aura toujours réfuté cette interprétation, Marco étant un personnage de fiction, certes nourri par lui-même, mais distinct de lui). Cette confusion n'est pas le fait de Larcenet, mais plutôt un parasitage assez étonnant, qui voudrait que l'auteur parle nécessairement de lui-même dans tout ce qu'il fait, et que, de par l'image d'artiste écorché à l'emportement facile qui colle à Manu Larcenet, et qui est sans doute à 1000 lieux de la réalité, et donne au lecteur l'illusion trompeuse qu'il "connaît intimement" l'auteur et en tire des conclusions hâtives sur son travail.
Ceci étant dit, intéressons-nous à BLAST proprement dit.
Bibendum lunaire et imprévisible, Polza Mancini est interrogé par la police à propos de ce qu'il a fait à une femme... nous n'en saurons pas plus lors de ce premier tome. Mais la gravité des faits ne fait aucun doute. La police n'en est plus à chercher des éléments sur ce qui s'est passé, mais cherche à comprendre les motivations de Polza. L'interrogatoire qui débute dans ce premier tome lui donne l'opportunité de s'expliquer, et il est bien décidé à en profiter. Il se lance dans l'histoire de sa vie, et de comment elle fut transfigurée par le blast.
"Grasse cacasse" est un livre voué à un rôle ingrat. Tome introductif, il ne raconte finalement pas grand-chose et campe le décor, risquant de frustrer le lecteur qui ne peut guère se faire d'opinion avant d'avoir une vue d'ensemble sur le récit. De plus, le personnage de Polza, à l'instar de son récit, est difficilement cernable. Il tire les ficelles de l'entretien, et on ne sait quelle part de ce qu'il raconte relève de la vérité, quelle part du fantasme, de l'hallucination ou des petits arrangements avec la vérité, voire des mensonges purs et simples. Si, en certaines occasions, il paraît sympathique, Polza reste un personnage au mieux falot, au pire antipathique, et ce premier tome ne nous fournit aucune grille pour décrypter ses réactions. Le lecteur est maintenu dans un brouillard, lui laissant deviner l'une ou l'autre piste, mais Larcenet prend bien soin de ne rien lui révéler encore.
Frustration d'un premier tome qui ne révèle pas grand-chose et d'un personnage principal pas très attachant. Polza Mancini est un personnage voué à la rupture. Mais quelle sera la cause de cette rupture, et avec quelles conséquences ? Il faudra attendre encore un peu avant de le savoir. Blast n'est pas un livre facile, c'est évident. Il déplaira vraisemblablement souverainement à ceux qui n'aiment pas Larcenet. Il est construit sur un rythme étrange, parfois lent et contemplatif, permettant à Larcenet de très belles planches, parfois plus dense lors des quelques pages d'échanges directes avec les policiers. Il y a quelque chose de schizophrénique dans ce livre. Un mélange de indéfinissable de grotesque (par exemple le chef du village de clochards, ou Polza lui-même qui n'est que graisse) et de sublime (les Moais ou quelques cases animalières), d'infiniment grand et d'infiniment petit. Ce blast reste encore bien mystérieux, mais il intrigue et ce premier tome laisse présager de quelque chose d'intéressant. A suivre, donc.
Matrok
Peu après avoir lu « Grasse Carcasse », le premier tome de Blast, j'écrivais sur le forum de Bulledair : « Gros coup de cœur (...), et pourtant... J'ai des réserves sur ce bouquin. Je pense que je vais préparer une 'tite chronique... » Depuis lors, et cela fait plus d'un an, un brouillon de chronique traîne sur mon disque dur. Je ne suis pas parvenu à l'achever, sans doute parce que les interrogations brûlantes soulevées par la lecture de ce livre n'ont pas encore de réponse, et que je me suis senti un peu con quand j'ai réalisé qu'elles n'en auront peut-être jamais. Alors que le deuxième tome est déjà annoncé, il est temps que je renonce à trouver ces réponses et que je livre ma chronique avec tous ses points d'interrogation.

Ceux qui suivent avec attention le travail de Manu Larcenet connaissaient déjà depuis « Presque » sa capacité à plonger dans les souvenirs les plus noirs pour en tirer la matière d'un récit à la portée universelle. « Le Combat Ordinaire » avait ensuite révélé au grand public son talent de raconteur d'histoire, et l'avaient inscrit dans la lignée de Baru et de Davodeau, parmi les grands noms de ce qu'on appelle parfois la « BD sociale ». Artiste insatisfait, cela faisait quelques années qu'il faisait part lors d'interviews de ses envies de manga, c'est-à-dire selon lui d'un long récit qui prendrait le temps de devenir contemplatif, et qu'il faisait par ailleurs allusion à un projet de pendant sombre du « Combat Ordinaire », lequel racontait l'histoire d'un type qui allait mal et finissait un peu mieux, tandis que dans son nouveau récit, le personnage principal partirait à peu près du même point de départ mais pour ne faire que s'enfoncer. Ce manga tant attendu, c'est « Blast ».

La « Grasse Carcasse » du titre, c'est celle du personnage principal, Polza Mancini, interrogé dans un commissariat à la suite d'un crime que l'on devine atroce mais dont on ne sait rien encore. Il se livre à sa manière aux policiers : il raconte qu'il est le fils d'un « italien très communiste, trop communiste sans doute ». Il a mené un moment une vie que l'on devine ratée. Malgré son rejet de l'idéologie de son père, c'est sa mort qui va déclencher la chute de Polza. Suite à une expérience mystique (le « Blast » du titre), il décide de rompre avec sa vie d'avant, et devient un marginal, vivant dans les bois à la recherche du Blast, se nourrissant d'alcool et de barres chocolatées, et tenant un discours profondément individualiste.

Malgré l'éblouissement que procure ce livre superbement écrit et dessiné, certains de ses aspects philosophiques m'ont mis profondément mal à l'aise. Polza se considère comme l'« héritier d'une dynastie d'inutiles ». Cela résonne singulièrement avec le constat amer du « Combat Ordinaire », qui montrait la perte totale de fierté et d'espoir des ouvriers. Polza, le désespéré, prône et pratique le rejet de la société sous toutes ses formes. Larcenet lui donne-t-il ne serait-ce qu'en partie raison sur le fond ? C'est la première question sans réponse de cette chronique, la plus importante peut-être, mais il y en aura d'autres.

Polza ment, c'est évident, au moins sur certains aspects de son récit, dont l'incohérence est subtile mais indéniable. Mais ne dit-il pas seulement sa propre vérité ? Y a-t-il dans sa logorrhée une part d'une vérité plus haute que les faits sordides que veulent lui arracher les policiers ?

Plus que les implications atroces du discours de Polza, c'est l'absence de distance de Larcenet à son égard qui m'a mis mal à l'aise. Car le regard de Polza, sa perception du monde, c'est le dessin de Larcenet. Quand il dessine des pages d'une poésie sauvage, hallucinée, c'est sa vision du monde et celle de Polza à la fois. Alors quand Polza parle pour se justifier, Larcenet justifie-t-il les actes de Polza ou se contente-t-il de lui donner la parole ?

La suite du récit n'apportera peut-être pas toutes les réponses à ces interrogations. Peut-être est-ce d'ailleurs mieux ainsi, car c'est cette ambiguïté du désespoir et du mensonge qui font la force du premier volume de Blast, qui en tout cas s'est imposé pour moi comme l'un des livres les plus importants de ces dernières années. Mais on peut craindre que par la suite Manu Larcenet ne se complaise dans ce nihilisme.
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