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Le journalisme : ce qui ne va pas... ce qui va

Discussions générales, Duels, petits jeux rigolos... ]


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MR_Claude, 06.06.2003 à 19:3494235
moi rien que lire "Bilalian" ça m'a suffit.

Concernant cette affaire ce n'est vraiment pas la seule dérive. C'est même pathétique.

man, 06.06.2003 à 19:2694234
Un peu d'eau pour le moulin de certains... des fois je me dis que je suis maso :o)))


LE MONDE TELEVISION | 06.06.03 | 14h13

Bilalian et les nettoyeurs

Daniel Bilalian est sur le pied de guerre : le bureau du juge d'instruction de Toulouse chargé de l'affaire Alègre aurait été "visité" pendant le week-end. C'est La Dépêche du Midi qui le dit. Diable, si La Dépêche le dit ! L'envoyée spéciale de France 2 le confirme donc : "Les dossiers auraient été consultés, peut-être photocopiés." Emoi à Toulouse, réaction de M. le ministre cueillie dans la cour de l'Elysée : évidemment, une enquête est entre les mains de la gendarmerie. Parfait. Les plus hautes autorités de l'Etat se sont saisies du dossier. L'affaire est en mains. Et retour sur Bilalian, un peu déconfit : "Décidément dans cette affaire on est en pleine paranoïa, puisqu'on apprend à l'instant qu'il s'agirait d'un nettoyage complet effectué par une femme de ménage dans le bureau du juge."

"On apprend à l'instant" : on jurerait à cette seconde que Bilalian vient de prendre connaissance de ce démenti pendant la diffusion du reportage, quelques secondes plus tôt. Mais, l'information de l'AFP arrivant désormais chez nombre d'internautes comme l'eau courante, la vérification est facile. Et fatale : la dépêche relatant le grand ménage de printemps dans le bureau du juge est datée de 11 h 52, soit exactement une heure et huit minutes avant le début du "13 Heures" de Daniel Bilalian. Et quel démenti ! Cosigné par le président du tribunal de grande instance et le procureur de Toulouse, il rapporte avec une précision judiciaire que "les premières vérifications effectuées dans le cadre de l'enquête en cours sur les faits de "visite" du cabinet du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Toulouse ont permis d'établir qu'un nettoyage, effectué dans le cadre de l'entretien habituel du bungalow dit de l'instruction, du bureau de ce magistrat l'a été le vendredi 30 mai au matin". Les deux magistrats offrent même aux foules la précision suivante : "Ce nettoyage a été effectué, comme dans l'ensemble du palais de justice, par les agents de propreté de la société Penauille, prestataire de services de la juridiction."

La preuve par Penauille. Donc les nettoyeurs de la maison Penauille, privés de pont de l'Ascension, nettoyèrent. Ce qui est un non-événement. Ou devrait l'être, n'eût été l'état d'incandescence des esprits toulousains. A midi au plus tard, Bilalian en était informé. En une heure et huit minutes on a le temps, semble-t-il, de retirer un reportage du menu d'un journal télévisé. Eventuellement même de téléphoner pour vérification à la société Penauille Polypropreté qui a pignon dans les pages jaunes de Toulouse (05-62-71-50-50). Mais pourquoi se priver d'un petit plaisir ? Après tout, comme aurait dit (paraît-il) Pierre Lazareff, une information plus un démenti, cela fait deux informations. Et puis, le public en redemande, de cette affaire Alègre. La représentation mentale de dignes magistrats, et du non moins digne président du CSA, harnachés de cuir, un fouet à la main, est trop délectable pour que quiconque, journalistes, lecteurs, téléspectateurs, se prive du trouble désir de se vautrer dans ce feuilleton, dans ses emballements, dans ses embardées, dans la moindre de ses bouffées délirantes. Il y eut la semaine dernière les délires du travesti "Djamel", celui qui se prétendait le fils caché de Michael Jackson : TF1 et France 2 lui ouvrirent généreusement leurs journaux télévisés. Chaque jour apporte son lot confus d'images d'entrées et de sorties de magistrats du tribunal, où l'on finit par ne plus très bien démêler les chats et les souris. Voici donc, cette semaine, la vraie-fausse visite nettoyeuse du bureau du juge. La semaine prochaine, quoi ?

Il faut s'imaginer Bilalian plongé comme tous ses spectateurs dans ce magma virtuel de juges jugeant et de juges futurs jugés, dans ces échanges quasi tennistiques de prostituées et de contre-prostituées, la dépêche de 11 h 52 à la main. Alors, ce reportage, à la trappe ? Mais non. Il est construit, il est prêt, il est là, il nous tend la main. Et puis ce démenti cosigné par deux magistrats : pas clair, tout ça. On ne sait jamais ! Allez hop, un petit "à l'instant", ni vu ni connu, et chacun aura eu sa ration du jour !

Daniel Schneidermann

Thierry, 21.05.2003 à 15:2391687
Hallucinant ! Un coup de gueule d'un journaliste du Soir a propos d'un article du nouvel observateur qui, a en croire ce qui suit (et les extraits proposes sont edifiants) tient plus d' affabulations que d'un vrai travail de journaliste !


Dutroux : les visions d'un curieux « Observateur »


Diagonale

Lorsque l'actualité lui impose de s'intéresser à la Belgique, la presse française commet très souvent des approximations et des interprétations fantaisistes qui ont le don d'ulcérer le lecteur ou le téléspectateur belge, pourtant identifié comme le premier consommateur hors de France des journaux, magazines ou télés françaises. Lundi soir, TF 1 évoquait ainsi la possible reconduction à la tête du gouvernement de Guy Verhofstadt en associant au Premier ministre des images montrant Filip Dewinter, le leader du Vlaams Blok (note du copy-pasteur: parti d'extreme droite flamand qui flirte avec le 20% en Flandres). Acceptons qu'il s'agissait là d'une bien malencontreuse et involontaire inversion de bandes.

Il en va tout autrement de l'article de deux pages consacré cette semaine à Dutroux et Nihoul par le prestigieux hebdomadaire « Le Nouvel Observateur », la bible du news magazine qui compte en ses rangs quelques-unes des plumes les plus averties de la presse française. L'une de celles-ci, celle de François Caviglioli, a franchement dérapé. Sous le titre « L'ogre et le maître de ballet », il nous livre un hallucinant pseudo-reportage truffé d'un nombre incalculable d'erreurs factuelles et de mises en scène aussi ridicules que contraires à la vérité. Nihoul, qui habite désormais à Zeebrugge, est décrit dans ses prétendues pérégrinations actuelles à travers les quartiers chauds de Bruxelles où il était autrefois courtisé. La plume inventive de Caviglioli nous le fait voir : 'De temps en temps, il s'arrête devant une vitrine poussiéreuse et murmure : là, c'était à moi, j'avais des parts. Le « gros porc » est seul'. La sordide maison de Dutroux, à Marcinelle, elle, semble avoir subi une rénovation en profondeur qui n'a pas échappé au seul grand reporter de « L'Obs » : Caviglioli nous la présente comme une fermette champêtre qui respire le bonheur et l'innocence. Ses jumelles d'Observateur devaient être sérieusement embuées. Les erreurs de noms, de lieux, de date et les insinuations douteuses se ramassent à la pelle comme autant de doutes crachés sur la crédibilité légendaire du magazine.

Caviglioli nous livre aussi le mode d'emploi de notre pays : 'Il faut comprendre comment fonctionne la Belgique. Tout en haut, une caste de privilégiés corrompus avides de plaisirs. Tout en bas, un menu fretin abandonné à lui-même auquel appartenait Marc Dutroux'. Ce fin connaisseur de l'affaire Dutroux nous l'affirme aussi : 'Nihoul est plus connu que le Roi et le palais royal est qualifié de forteresse tarabiscotée sur laquelle flotte un drapeau de deuil, d'or et de sang'. Gageons que la prochaine « enquête » de Caviglioli nous expliquera comme fonctionne « Le Nouvel Observateur ». Là aussi on risque de grosses surprises.

MARC METDEPENNINGEN

man, 20.05.2003 à 11:2791484
Hé ho, toi, au lieu de perdre ton temps à scanner des conneries, tu ferais mieux de me les filer directement :o)

Grunt, 20.05.2003 à 10:3791474
Le choc des images.

man, 17.04.2003 à 17:5487003
Le point de vue des journalistes (envoyés spéciaux) sur la couverture de la guerre en Irak :

Des journalistes français témoignent de leur travail en Irak

LE MONDE | 17.04.03 | 13h47

Les reporters de retour à Paris estiment qu'ils ont pratiqué une couverture plus libre du conflit qu'en 1991, malgré les pressions du régime irakien, l'organisation de l'armée américaine et les dangers de la guerre.
Dès leur retour en France, ils sont venus témoigner. Agnès Vahramian, par exemple, envoyée spécial de France 2, a raconté sa couverture du conflit irakien, mardi 15 avril, dans le journal de 20 heures ; Claude Bruillot et Renaud Bernard, de retour de Bagdad, ont été les protagonistes d'une tranche d'information spéciale d'une demi-heure, mercredi après-midi, sur France-Info ; notre collaborateur Yves Eudes raconte son "incorporation" dans l'armée américaine (lire l'article)...

Quatre semaines après le début du conflit en Irak, les médias français se livrent à un premier décryptage. Ce réflexe semble indiquer qu'ils estiment que la couverture du conflit a été différente de celle de la guerre du Golfe de 1991, moins naïve. Le traitement du conflit par les télévisions et les radios s'était alors soldée par un rapport du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui avait dénoncé "la non-vérification de l'information", surtout "imputable à la négligence" (Le Monde du 26 mars).

Cette fois, les journalistes ont pu aller au plus près : "Nous avons eu accès aux champs de bataille, et j'ai eu l'impression d'avoir travaillé librement", estime Mme Vahramian, qui a suivi le conflit en "wild cat" (chat sauvage). Ainsi ont été baptisés les reporters qui suivaient les troupes américaines sans être "embedded" (intégrés). Avec son cameraman, elle avait tout d'abord rejoint une unité sur un porte-avions avant de demander une autre affectation : l'armée lui a proposé une base aérienne au Koweït. Elle a ensuite renoncé à son assignation et elle est passée en Irak, où elle a fait équipe avec quatre autres confrères et consœurs français.

"Nous nous sommes auto-intégrés", dit-elle. Chaque jour s'est ainsi agrémenté de négociations avec l'armée américaine, de retour à l'arrière du front, d'enlisements ou d'avancées éclairs dans le désert, au contact des troupes, dans deux véhicules tout-terrain. "Quand ils n'étaient pas contents de nous voir là, nous leur répondions : l'Irak c'est l'Irak, pas les Etats-Unis."

"UNE PART DE RÉALITÉ"

Pour Mme Vahramian, qui a couvert la guerre du Golfe en 1991, la couverture du conflit n'a eu aucun rapport avec le précédent : "Nous avons produit de l'information, nous ne l'avons pas illustrée. Nous transmettions des nouvelles de l'unité que nous suivons, de ses avancées. Nous avons vu une part de réalité."

"Nous avons eu une vision parcellaire, mais une vision réelle", renchérit Claude Bruillot, grand reporter à France-Info, qui a travaillé pour les antennes de Radio France et qui faisait partie de cette équipe de "wild cats". Et les risques de manipulation ? "Nous ne sommes pas des gosses qui se sont faits enfumer. Un jour, nous sommes par exemple arrivés dans une base militaire irakienne vide. Des soldats américains nous ont montré une caisse en prétendant qu'elle contenait des missiles, français de surcroît. Nous avons ouvert la caisse, les petits sachets pour enlever l'humidité dataient de 1979, puis nous nous sommes aperçus que ce n'étaient pas des missiles mais des cibles pour l'entraînement des pilotes d'avion."

Travailler à Bagdad a été un exercice très rude : les journalistes se savaient écoutés ou regardés par les autorités irakiennes. Si la teneur de leurs propos déplaisait, ils pouvaient voir leur visa annulé. Ils se déplaçaient avec un guide et un chauffeur, devaient demander des autorisations de filmer. "Nous avons vécu dans une prison, dans une boîte. Il y avait deux fronts, celui de la guerre et celui de la police", explique Nicolas Tonev, envoyé spécial d'Europe 1 dans la capitale irakienne. "Nous avons tous fait l'expérience de ce qu'est la dictature, où le contrôle ne vient pas de Saddam Hussein, de la police, mais du voisin", ajoute Olivier Ravanello, journaliste à LCI. "Il n'y a pas un journaliste sur terre qui peut affirmer qu'il a fait un reportage spontané à Bagdad depuis douze ans", estime Renaud Bernard, de Radio France.

Pour tenter d'appréhender les événements, ils ont raconté ce qu'ils voyaient en sillonnant la ville. Alors, pour les journalistes de télévision, l'image est venue au second plan. "Très vite, nous avons compris que cela allait être compliqué de faire des reportages. J'ai fait beaucoup de plateaux en direct sur une petite terrasse de l'Hôtel Palestine, où je racontais ce que je voyais", dit M. Ravanello.

Ils sont allés dans les hôpitaux, dans les marchés, avec les autorités, mais ont essayé de prendre le plus de recul possible. "Je me suis fait piéger à l'université de Bagdad. Les profs avaient l'air sincères, ils étaient contre la guerre, mais quand j'y suis retourné le soir les avis étaient plus partagés", dit M. Tonev. Celui-ci a été plus perplexe lors de la visite d'un marché bombardé : "J'ai appelé notre expert militaire, qui a confirmé mes doutes : le cratère n'avait pas été provoqué par un missile américain, mais sans doute par un tir de la DCA irakienne."

Tous considèrent avoir bien fait leur travail, le mieux possible. "Il y a douze ans, il y a des journalistes qui arrivaient peut-être un peu naïfs. Mais au fil des années les journalistes ont mûri. Au début de ma carrière, je pensais que le journalisme, c'était juste voir et raconter. Avant de partir à Bagdad et quand j'étais sur place, je me suis dit : "potasse, potasse"", poursuit M. Bernard. Pour M. Bruillot, les journalistes ont "franchi une étape dans l'esprit critique".

Comme le résume Gauthier Rybinski, envoyé spécial de TF1 au Kurdistan, "le problème de tout conflit, c'est que l'on ne sait jamais tout. On essaie de savoir plus, ou mieux, d'aller au plus près, en mesurant les risques, qui existent toujours. Dans le coin où j'étais, j'ai eu l'impression de pouvoir travailler librement. J'espère que ce n'était pas une illusion."


Bénédicte Mathieu

man, 15.04.2003 à 11:2486738
Le meilleur moyen d'avoir des sources d'info crédibles, c'est de les diversifier. Donc pour moi les journaux et les médias "classiques" sont toujours valables, si on les aborde avec l'esprit critique et le recul nécessaires. Plus des journaux comme le Monde diplo et le Canard, toujours au second degré. Sinon je ne connais pas les sites dont tu parles mais je vais pas mal sur "L'actu des médias" dont j'ai mis le lien en-dessous, de temps en temps sur Acrimed ou des sites dans le genre, mais pareil, avec du recul.

ADDTC, 15.04.2003 à 8:1786726
Dans la même veine...

Franchement, vous connaissez des sources d'info un peu plus crédibles ? Qu'est ce que vous pensez de site comme indimedia.org ? www.theonion.com ? Alternet.org ?Vous avez des sites préférés ?

Thierry, 15.04.2003 à 4:5186719
PAs le temps de lire tout le sujet, mais je suis en train de lire un petit bouquin passionant:
"L'opinion, ca se travaille (les medias et les guerres justes, du Kosovo a l' Afghanistan)" de Serge Halimi et Dominique Vidal. C' est paru ches Agone (collection contre-feux)
C' est incroyable les manipulations, les demi-verites (pour ne pas parler de mensonges purs et simples) et autres joyeusetes doint on nous abreuve. On a beau s' y attendre, ca etonne toujours :o) (quoique le smiley n' est pas vraiment de mise)
On a parfois (souvent) l' impression que les journalistes nes prennent pour des cons, mais il font souvent preuve d' une naivete et d' un manque d' esprit critique qui fait froid dans le dos ! La guerre au Kosovo etait tout aussi illegale que celle en Irak, mais on nous l' a vendue a coup de proximite (a quelques centaines de KM de chez nous) et de conditionnels (on peut dire toutes les enormites, le conditionnel evite de devoir se justifier apres-coup):
500.000 Kosovars auraient disparu et auraient ete peut-etre assassines... d' ou le depart en guerre "humanitaire" au mepris de la charte des nations unies, de l'otan et meme de la loi francaise (toute guerre doit atre approuvee par le parlement) alors que le bilan officiel (quoique rarement cite) fait desormais etat de moins de 5000 disparus pour 2800 corps retrouves -ce qui reste beaucoup trop, evidemment- mais on ferme les yeux sur bien d' autres massacres beaucoup plus meurtriers (Timor, Tibet, minorite musulmane chinoise...). A noter egalement que la majorite des vistimes ont ete tuees apres le debut des frappes sensees proteger les Kosovars.
On y apprend aussi des details amusants: saviez-vous que les gens sont generalement opposes aux bombardements, mais favorables aux frappes ? Il faudra qu' on m' explique la difference :o)

man, 14.04.2003 à 21:2586707
Un exemple d'un bon retour sur un dérapage médiatique, moins partial et plus documenté :

Le bagagiste de Roissy, une erreur médiatique

Après quinze jours d’une enquête à rebondissements, la justice a blanchi Abderazak Besseghir des soupçons de terrorisme qui pesaient sur lui. Pas de terrorisme, plus d’intérêt.
La presse, qui s’était emparée de l’histoire, se retrouve prise à contre-pied.
Retour sur ce qui est devenu l’affaire du "Bagagiste de Roissy".

28 décembre 2002. Abderazak Besseghir est arrêté par la section antiterroriste de Paris alors qu’il se rend à sa voiture sur le parking de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Il est ensuite placé en garde à vue. Motif : terrorisme. Pièces à conviction : un pistolet automatique, un pistolet mitrailleur, cinq pains de plastic et deux détonateurs retrouvés dans son véhicule.
A première vue, Abderazak Besseghir semble faire un terroriste idéal. La période d’actualité creuse, mais surtout, le contexte très fort de terrorisme amplifié par l’annonce d’une guerre imminente, le renforcement des règles de sécurité dans un lieu sensible comme un aéroport international… Sans compter la consonance de son nom et ses origines algériennes. Tout est réuni pour que ce fait divers devienne un sujet de Une.
Les médias s’empressent donc de se saisir de l’affaire. France 3 est le premier sur le front, dès le dimanche soir : la nouvelle est donnée au Soir 3. L’AFP reprend l’info le lendemain et le reste des médias entre rapidement dans la course. Dans toutes les rédactions (presse écrite, radio, télévision) on contacte ses sources. Les faits sont recoupés et croisés : pas d’erreur, la police vient d’arrêter un terroriste. L’ "Affaire du bagagiste de Roissy" commence.

Une titraille assassine

Le Parisien, Le Monde, Libération, le Figaro, aucun de ces grands quotidiens nationaux ne demeure sur la touche. Plus le temps passe, plus la pression monte. Si les premiers papiers restent dans la ligne factuelle, les suivants portent des titres évocateurs.
"L’inquiétant arsenal du bagagiste de Roissy", " le bagagiste de Roissy trahi par son portable ?" clame Le Figaro, tandis que Libération met en avant "le portable suspect du bagagiste" et que l’Humanité résume les faits à une "Bombe prête à l’emploi" (édition du 31 décembre 2002).
Un journal se distingue par la place accordée à l’enquête en cours sur Besseghir, c’est le Parisien-Aujourd’hui en France. "Enquête : pourquoi le bagagiste est soupçonné de terrorisme", "le bagagiste trahi par des traces d’explosif", "Bagagiste de Roissy : la piste terroriste confirmée", "Le portable du bagagiste mène à la mouvance islamique" : les titres s’enchaînent pendant quinze jours. Le portrait d’un terroriste, membre d’un réseau islamiste dormant, se dessine.
Pourtant… Pourtant, Abderazak Besseghir clame son innocence et dénonce une vengeance de la part de sa belle famille qui le tient pour responsable de la mort de sa femme l’été précédent. Il se dit victime d’un complot familial. Une piste que les enquêteurs vont évoquer eux aussi. Mais cela ne satisfait pas la presse.
"Système de défense curieux", note VSD (numéro du 9 au 15 janvier 2003) dans un article assassin titré : "France, une nouvelle espèce de terroriste ?". L’hebdomadaire classe Besseghir parmi des terroristes d’un genre nouveau, celui de fanatiques qui n’auraient aucun antécédent judiciaire, mais qui seraient en contact avec des "réseaux dormants et qui ne sortent de l’ombre qui est la leur que pour frapper".
France 3, lors de l’édition du 19/20 du 7 janvier, présenté par Elise Lucet, va jusqu’à trouver des preuves dont même les policiers n’ont pas connaissance, comme cette mallette retrouvée dans le véhicule d’Abderazak contenant des objets suspects. Edouard Da Costa, chef du service des informations générales à France 3, assure de son coté qu’"une mallette a bien été trouvée dans son vestiaire. Il n’y a pas eu d’invention, sinon on l’aurait pas balancé." Quant à la place où a été repérée la mallette – le vestiaire pour le chef de service, la voiture pour la présentatrice - erreur de transcription. "Les rédacteurs en chef prennent le parti d’exploiter les informations qu’on leur amène. Soit ils font une brève ou un off, et on suit les autres, c’est un choix rédactionnel. Soit on décide de faire des sujets et d’exploiter les informations. Et c’est ce qu’on a fait. Je pense que si c’était à refaire, on le referait de la même manière." A France 3, on préfère "exploiter" le maximum d’informations malgré leur contenu peu fiable, plutôt que de faiblir face à la concurrence. C’est un choix rédactionnel.

Revirement de situation : la presse patine

L’enquête se poursuit et les médias s’interrogent. Pour ceux qui ont fait le déplacement jusqu’au domicile de la famille Besseghir, l’occidentalisation de cette dernière s’oppose au cadre de vie habituel des terroristes arrêtés. Alors on fouille, on interviewe le patron d’Abderazak. Mais là aussi, chou blanc : c’est un garçon sans histoire, un employé "irréprochable". On remonte dans le dossier judiciaire et on n’y trouve pas grand-chose non plus, mis à part "une affaire mineure de dégradation de biens en 1997" comme le note Le Monde du 1er janvier 2003. Et malgré les déclarations rassurantes de la société des aéroports de Paris, l’ADP, sur les conditions maximales de sécurité en cours à Roissy, les journalistes rappellent dans leurs colonnes l’histoire de Richard Reid, ce passager britannique qui était monté à bord d’un avion avec des chaussures pleines d’explosifs.
Coup de théâtre le 10 janvier, le témoin qui avait dénoncé le bagagiste reconnaît le complot familial, la belle-mère de Besseghir le suit de peu dans les aveux. La cabale dénoncée par Abderazak était donc vraie.
Le dénouement de ce fait-divers prend donc à contre-pied toutes les théories de terrorisme et d’appartenance du bagagiste à des mouvements islamistes dormants échafaudées durant les quinze jours qui viennent de s’écouler. Dans les médias, l’étonnement est grand, mais les excuses ne sont pas à l’ordre du jour. Des moyens détournés sont utilisés pour rattraper les dérapages des jours derniers. Le Parisien trace un portrait de la famille Besseghir sur deux pages, France 2 choisit de diffuser un sujet de deux minutes en ouverture de JT sur Abderazak Besseghir enfin sorti de prison, tandis que Libération et Le Figaro décortiquent les éléments de cette incroyable machination familiale. VSD, de son coté, signe un édito sur le sujet (voir notre encadré A VSD, c’est Besseghir qu’on assassine).
Certes, le contexte terroriste est très présent ; certes, la découverte d’armes sur un parking d’aéroport mérite qu’on la signale. Pourtant, Abderazak Besseghir est innocent et son image est désormais associée à celle d’un terroriste potentiel.
Certains diront qu’on ne pouvait pas passer à coté. Mais, moins de précipitation aurait peut-être suffi à éviter une sur-médiatisation inutile et à préserver l’image de celui qui porte désormais le nom de "bagagiste de Roissy".

Emilie Marty et Simon Vial

Je précise que cet article a été rédigé par des étudiants de l'IUT de Bordeaux. Tout espoir n'est donc peut-être pas perdu :o)

Je mets un lien sur le site, "L'Actu des médias", où il y a des encadrés de divers témoignages : les explications du Parisien, de VSD, de Pujadas et de Tourancheau de Libération, ainsi que d'Ichem Besseghir, le frère du bagagiste

man, 14.04.2003 à 10:2486584
Quelques petites infos sur les difficultés de couverture du conflit en Irak :

ADDTC, 14.04.2003 à 7:5286572
Voici l'image dont je voulais parler.

jon_arbuckle, 12.04.2003 à 12:5386378
par Daniel Schneidermann

La mort, chambre d'à côté

LE MONDE TELEVISION | 11.04.03 |

Le char abrams est dans le lointain, maussade tache claire, insecte trapu accroché au pont. "Regardez, nous prévient le commentaire, il va tourner sa tourelle vers les journalistes." Le mouvement du canon, on ne le distingue pas nettement. Mais on voit le principal : l'obus tiré dans une gerbe de flammes et, une seconde plus tard, le souffle qui fait trembler la caméra de France 3, au quatorzième étage de l'Hôtel Palestine de Bagdad.

Le tir va tuer José Couso et Taras Protsyuk, deux cameramen de Reuters, qui filment sur le balcon voisin.

Filmer sa mort. Interminable face-à- face de l'objectif et du canon. Deux longues minutes, les journalistes observent le tankiste américain, qui regarde les journalistes. Preneur d'images contre preneur de vie, lequel baissera les yeux le premier ? Chacun son arme. Celle du tankiste, on la connaît. Elle va frapper, dans deux minutes. Celle du journaliste paraît tout aussi redoutable. L'image va faire le tour du monde, bien entendu. Elle va embarrasser le Pentagone. Des questions fiévreuses seront posées dans les points de presse. Vingt-quatre heures durant, plus sûrement que vingt bombardements de civils, elle va dénoncer l'agression américaine.

C'est injuste, mais c'est ainsi : un journaliste n'est pas un mort ordinaire. Dès que les reporters sont visés, le récit change de nature. C'est Caroline Sinz, de France 3, qui était la plus proche de la chambre de Reuters. Elle entend crier dans le couloir. Elle accourt dans la chambre voisine, avec sa caméra, quelques secondes après l'impact. Gravats. Silhouettes à terre. Affolement. Les dimensions soudain se confondent. Des voix tremblent, que l'on croyait posées à jamais. Des images se mélangent, que l'on croyait étanches. Une caméra filme du sang sur une autre caméra. Les reporters témoignent à la première personne, comme des habitants ordinaires de Bagdad. Une fille en gilet pare-balles marqué Presse dérobe son visage aux caméras de ses confrères. Cet espace extraterritorial, les chambres transformées en salles de montage, le voilà à son tour envahi par les gravats, la douleur, les sanglots.

Le reportage télé, avec ses codes familiers, ses voitures peinturlurées TV, ses connections qui fonctionnent tant bien que mal, mais qui fonctionnent, c'était un sas d'images entre le malheur et nous, entre la douleur et nous, entre les gravats et nous. Un obus qui tombe dans une équipe de télé, y semant la mort et la désolation, nous frappe aussi violemment que s'il tombait dans notre salon. Toute distance est abolie. Le narrateur devenant acteur, plus personne n'est protégé, et le récit nous explose à la figure. Si le journaliste lui-même dit "je" à l'antenne, s'il se filme lui-même allumant de petites bougies à la mémoire des confrères tombés, alors, mécaniquement, cette douleur-là éclipse tout. Elle éclipse par exemple, dans le même journal, les images de cette petite troupe désorganisée de combattants irakiens, 20 ans à peine, qui tentent d'attaquer les chars à la mitrailleuse et doivent rebrousser chemin avant d'avoir tiré un seul coup de feu. Et toute contre-enquête devient héroïque.

Comment exiger des reporters qu'ils souscrivent aux arguments de leurs assassins ? Ainsi le commandement américain explique-t-il dans un premier temps que le char a répliqué à des tirs venus de l'hôtel. Pendant les quinze minutes précédentes, on n'a entendu aucun tir, répond d'abord au journal de la mi-journée Caroline Sinz, qui a attentivement écouté sa bande-son. C'est seulement progressivement, au fil de la journée, que les reporters racontent que des dignitaires irakiens logent dans ce même Hôtel Palestine. Plus tard encore, on apprendra que ces dignitaires peuvent avoir des gardes du corps armés. Autant d'éléments nécessaires à la photographie de la situation, même s'ils n'accréditent évidemment pas la hâtive version américaine.

Vingt-quatre heures durant, le pouvoir de cette image reste irrésistible. Pour la vaincre, il faudra d'autres images plus fortes encore, celles de la chute de Bagdad. La statue géante de Saddam arrachée, la liesse populaire accueillant - enfin - les Américains. Il faut tout cela pour effacer des écrans les traces du sang de ceux qui ont eu la mauvaise idée de mourir la veille de la chute de Bagdad.

Par Daniel Schneidermann

Excellent article de Schneidermann comme d'habitude. Sauf peut-être quand il oublie de préciser les réactions de l'état major américain, puis de l'administration américaine.

On peut comprendre, à la limite, que le premier réflexe américain ait été d'essayer de dire qu'il y'avait eu des tirs irakiens provenant de l'hôtel, et que l'obus tiré par le char était en quelque sorte un obus d'auto-défense.

Mais on ne comprends plus lorsque devant l'évidence (il n'y avait eu aucun tir provenant de l'hôtel visé) l'administration américaine n'a rien trouvé d'autre que de répéter qu'elle avait mis en garde les journalistes que Baghdad était une ville dangereuse, et que les journalistes ne devaient pas s'y trouver. En d'autres termes, c'est de leur faute s'ils sont morts, ces empêcheurs de faire la guerre en paix.

ADDTC, 11.04.2003 à 11:5186231
ha zut, je ne peux pas insérer de lien. Allez donc voir sur http://www.informationclearinghouse.info/article2842.htm

ADDTC, 11.04.2003 à 11:5086230
A propos de manipulations, voici un article intéressant

feyd, 11.04.2003 à 11:3686228
euh, oué, c moi :D

c'est vrai que la premiere ressemble pas mal à coureau mais faut vraiment pas se fier aux photos, d'ailleurs ça m'étonnerait que quelqu'un me reconnaisse avec l'avatar bizarre qu'ils m'ont fait :p

man, 11.04.2003 à 10:5486212
Au fait, ça n'a rien à voir, mais je me demandais : c'est toi qui a été sélectionné dans l'Académie Delta de Coconinoworld ? (nan pasque y'en a un qui s'appelle comme toi) (et pis y'en a une qui ressemble vachement à Clotilde Courau)

man, 11.04.2003 à 10:4186207
Ha, ok, autant pour moi :)

feyd, 11.04.2003 à 0:5886178
heu..je dois m'expliquer mal :]
Je me reprends :

Je voulais dire que le détournement des images est pire dans le cas des journaux TV, simplement parceque dans ce cas l'image est vraiment le pilier de l'info, contrairement au journaux ou elle ne fait que l'appuyer ; et parceque que le public a tendance a considérer comme fait acquis ce qu'il voit, alors que tout se joue au montage... d'où un risque accru de manipulation. :p

man, 11.04.2003 à 0:0586176
Heu, carrément pas, comme l'explique l'article on peut faire dire ce qu'on veut à une image. Une image ne devient une information qu'à partir du moment où on lui donne un sens, donc où on l'interprète.

Enfin je relirai ça tranquille demain :o)))

feyd, 10.04.2003 à 13:4186092
Ce qui est vrai pour les photos d'un journal l'est 10 fois plus dans le cadre des images et du montage d'un journal TV... Parce-que là, les image ne sont pas qu'en arrière-plan, elles sont l'information... Le commentaire n'est là que pour les accompagner.

feyd, 10.04.2003 à 13:3186090
très intéressant, l'article de jon_arbuckle, au fait...

feyd, 10.04.2003 à 13:2286088
zut, grilled :p

feyd, 10.04.2003 à 13:2186087
ça y est, j'ai retrouvé le lien pour la photo truquée :

c'est ici

jon_arbuckle, 10.04.2003 à 13:2086086
Un article intéressant sur la question (ça date de 1998, mais c'est plus que jamais d'actualité)

ici

MR_Claude, 10.04.2003 à 13:0086080
bin, je ne vois pas en quoi ce que tu viens de me dire peut me rassurer :o)))
Où est l'intérêt? on retombe dans ce que j'ai dit au tout tout début sur l'autre sujet, à savoir de l'info pour de l'info, y'a pas de recul (pour ne pas rebalancer une dépêche telle quelle, il faut prendre le temps de l'analyser, donc pour le coup c'est censé nuire à la réactivité)(et puis rien que le principe des dépêches est étonnant, ce sont des journalistes qui balancent les dépêches? oui, donc déjà ces dépêches là ne devraient pas avoir à être revérifiées, ou alors c'est que les premiers ne font pas leur boulot, ils balancent juste des trucs pour remplir, les types des rédactions feront le tri et l'analyse..). Bref, la "tyrannie de la communication" comme diraient certains..

man, 10.04.2003 à 12:5486079
Bah, continu, en fait c'est comme France Info, ils repassent les mêmes journaux plusieurs fois à la suite. Donc pas de grande différence sur ce point-là avec les chaînes classiques, mis à part la plus grande réactivité.

Et puis, pourquoi pas ? Il y a bien une presse écrite d'informations sans BigDil ou dessins animés ;o))) Le tout est de ne pas balancer comme ça les dépêches qui arrivent. Une chaîne d'information, moi ça me paraît faisable (pour ce qui est du continu, j'ai déjà dit ce que j'en pensais)

MR_Claude, 10.04.2003 à 12:5186078
moué, m'enfin ça me laisse songeur, rien que le principe d'une chaîne d'info en continu...

man, 10.04.2003 à 12:4786077
Hug > je comprends ce que tu veux dire, mais tout ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de place pour une évolution positive (légère, mais quand même). Ce qu'il y a c'est que dans le système économique actuel, comme je l'avais déjà expliqué, c'est dur de fournir une presse (écrite ou audiovisuelle) de qualité, qui ne soit pas dépendante des grands groupes, ni des annonceurs, etc. (cf. la discussion dans le sujet sur l'Irak, pour ceux qui ont le courage de tout relire :o) Maintenant, il ne faut pas tout mettre dans le même sac, même si c'est tentant. Les grands reporters dont tu parles, existent aussi dans les grandes rédactions, et ils essayent de faire le boulot consciencieusement. Il y a par exemple Charles Enderlin à France 2, qui fait un boulot formidable depuis trente ans en Israël-Palestine, et qui essaye de faire la part des choses. Je ne vais pas les citer tous. Et ça ne concerne pas que les grands reporters non plus. Je suis sûr qu'il y a des journalistes consciencieux et pros à TF1 (allez, un ou deux, quoi... :o)))

Bref. Pour ce qui est des chaînes d'info françaises, personnellement je ne peux pas regarder LCI, qui pour moi est totalement racoleuse, sous des dehors sérieux (et pis le truc du Cac 40 en bas là, ça me fait gerber :)).
Par contre, i-TV est une chaîne géniale, à regarder absolument pour ceux qui ont le câble ou le satellite ! Au début la chaîne manquait en effet de moyens, mais depuis que la rédaction a fusionné avec celle de Canal (les JT sont communs, et je crois qu'ils sont en clair, pour vous faire une idée), ça s'est nettement amélioré. La présentation des informations est bien faite, assez prudente, et neutre. Le JT est assez original, en particulier celui du midi : la moitié du journal est consacrée à un entretien avec un invité suivi d'interventions de téléspectateurs en libre-antenne, comme sur les radios. Et une fois par semaine, le vendredi je crois, c'est un invité qui fait le journal, c'est-à-dire lui qui le présente, et choisit les sujets. C'est souvent intéressant, je me souviens notamment d'un journal par CharlElie Couture qui était vraiment pas mal.
Il y a de nombreux sujets magazines intéressants, en particulier i-Afrique (avec les fameux proverbes de fin de JT pour les amateurs), qui présente une autre face de l'Afrique que celle qu'on voit d'habitude -- la famine, la guerre, tout ça. Il y a aussi i-Musique et i-Livres, avec une rubrique BD en général très bien fournie.

et en plus les présentatrices, elles sont top canon ;o))))

J-C, 10.04.2003 à 11:1186059
ah ok ! je comprend mieux.

At'chao !

jon_arbuckle, 10.04.2003 à 11:1086058
Non, non, j'ai bien dit "commenter" ce qu'il voyait et pas "témoigner" de ce qu'il voyait. C'est loin d'être la même chose. Ses propos étaient des propos de propagande du genre "regardez ce qu'il y'a au mur : ça semble être une colombe : est ce que ça veut dire que Saddam aimait la paix ? c'est incroyable de voir ça au mur..." ou du genre "Regardez ce palais magnifique et voyez comment saddam dépensait l'argent sur le dos de son peuple"

Même s'il y'a évidemment une part de vérité dans tout ça, je suis désolé mais c'est de la propagande. On peut attendre raisonnablement d'une grande chaîne d'info comme CNN qu'elle dise un peu autre chose que ce que répète chaque jour Donald Rumsfeld.

J-C, 10.04.2003 à 11:0786056
et en parlant de chaine toute info française, je regarde souvent LCI qui même appartenant au groupe TF1 a une démarche plus sérieuse, moins racolleuse que sa grande soeur.

quelqu'un regarde I-TV ?

At'chao !

J-C, 10.04.2003 à 11:0386055
>> Vous avez vu le journaliste de cette chaîne toute "info" entrer dans un palais de Saddam, et commenter ce qu'il voyait ? C'est ni plus, ni moins que de la propagande.

euh ? commenter ce qu'il voyait !! c'est de la propagande, ça ?

CNN est relativement sérieuse, il y a forcement des dérapages car ils doivent conserver leur audience mais c'est pas FoxNews quand même !

At'chao !

MR_Claude, 10.04.2003 à 11:0086053
Rendez-nous l'ORTF! hein? on me signale que non... ah bon... :o)))

jon_arbuckle, 10.04.2003 à 10:5586052
Enfin, je crois quand même qu'il y'a encore pire que TF1 ou France2 : c'est CNN. Vous avez vu le journaliste de cette chaîne toute "info" entrer dans un palais de Saddam, et commenter ce qu'il voyait ? C'est ni plus, ni moins que de la propagande. C'est sans doute pour ça que les français nourrissent le désir de créer une chaîne "info" francophone de la même taille que CNN ou Al djazira, son alter ego en langue arabe...où est passé le journalisme ?

Matthieu, 10.04.2003 à 10:5186050
il lui aurait manqué 2 secondes, il aurait dit :
"les américains disent détenir tout l'est de Bagdad, la partie orientale de la ville, le coté du soleil levant de la capitale irakienne"

:o)))

MR_Claude, 10.04.2003 à 10:4586048
et je dirais même que si ils ne sont pas capables de ne pas se laisser manipuler, ils peuvent retourner apprendre leur métier, ça me paraît être la base :o)))

c'est dur, mais c'est à ce prix.

ah oui, une jolie entendue hier soir au jt, où le journaliste a dû s'apercevoir qu'il manquait une seconde dans son commentaire et que du silence c'était insupportable: "les américains disent détenir tout l'est de Bagdad, la partie orientale de la ville." Merci, comme ils disaient sur canal: "c'était vraiment très intéressant" :o)))

Matthieu, 10.04.2003 à 10:4186047
Man> bien sur que les journaliste peuvent se faire manipuler... mais tu avouras que c'est plus souvent l'inverse qui arrive. Les journalistes arrivent aussi a faire dire ce qu'il ont envie d'entendre aux personnes interviewées...

faut pas non plus croire que les journalistes sont des grands naïfs (et un de leur but reste quand meme de vendre du papier...)

jon_arbuckle, 10.04.2003 à 10:3986046
Non, je ne l'ai malheureusement pas vu. Mais tu pointes du doigts un problème récurrent sur le net : comment faire respecter le droit ? comment éviter que des sites comme ça, et bien d'autre sites abominables (à la portée de tous) ne s'y développent pas ? Je ne vois pas comment on peu faire si ce n'est passer des accord internationaux suffisamment précis pour interdire et sanctionner les auteurs, et...les hébergeurs ? Vaste débat.

man, 10.04.2003 à 10:3086044
Bin le plus grave avec ce site, c'est quand même qu'il n'est (n'était) pas le seul... Il y a tout un réseau de sites racistes ou antisémites sur la toile, qui sont d'ailleurs liés avec des sites islamistes comme sionistes d'extrême-droite.
Je sais pas à ce propos si vous avez vu le reportage lundi, dans Lundi investigation sur Canal . Ca parlait des réseaux militants extrémistes en France, pro-israéliens et pro-palestiniens, et de leurs liens avec l'extrême-droite "classique" en France.

jon_arbuckle, 10.04.2003 à 10:2786040
Oui, c'est vraiment infect. Ce site (que je ne citerai plus) a été interdit en france par décision judiciaire. Mais il renaît de ses cendres périodiquement, en trouvant des hébergeurs à l'étranger.

man, 10.04.2003 à 10:2586038
Bin justement, là c'est une question aussi de manipulation des médias. Quand tu vas interroger un député à l'Assemblée sur une bête question de politique intérieure, et qu'il te sort la dernière "délinquance" du jour, tu fais comment ? Bien sûr tu peux choisir de pas en parler, mais s'il fait ça de manière assez subtile, tu peux te faire avoir. Après c'est au journaliste de faire attention, bien sûr. Mais quand tout les politiques y vont de leur petit laïus, c'est difficile de pas en parler. Bien sûr, je dis, encore une fois, que ça a été très mal fait, et ça n'excuse pas les journalistes. Mais dire que c'est de leur faute, entièrement, et qu'ils l'ont toujours fait sciemment, non, je suis toujours pas d'accord.

Pour SOS-Racaille, il me semble que le site a été fermé (par ses auteurs).

MR_Claude, 10.04.2003 à 10:2086036
par contre, un truc, au sujet de SOS Racaille, c'est efectivement à vomir, une horreur sans nom. Je mettrais pas de lien direct ici pour plusieurs raisons. 1)j'ai pas envie que ça puisse être ouvert comme ça par n'importe qui (y'a ptet des enfants qui nous lisent et tout - bonzouuuuuuuuuuuuuur les enfants :o) ), et j'ai pas envie non plus que ça puisse être lié à bubulle d'une manière ou d'une autre, les moteurs de recherche sautant de cette manière de lien en lien. 2)y'a rien à apprendre là-bas, on sait déjà tout ce qui peut y être mis, c'est l'abjection totale, la première fois que je suis tombé dessus, je savais ce que je faisais, mais j'en ai eu les larlmes aux yeux. 3)c'est malheureusement pas difficile a trouver tout seul.
Voila.
et oui, ils n'ont rien à voir avec FO-Police, heureusement.