| 
créer | pseudo  mot de passe  |  
 
album
 
coin bordure coin
bordure BullActu

Les Annexes de Bulledair
bordure
coin bordure coin

coin bordure coin
bordure Chroniques

par herbv


par herbv
bordure
coin bordure coin

coin bordure coin
bordure Planche
bordure
coin bordure coin

 
coin bordure coin
bordure

© Dupuis

complétez cette fiche
Soli Deo Gloria
ScénarioDeveney Jean-Christophe
DessinCour Edouard
Année2025
EditeurDupuis
SérieOne-shot !
Bullenote [détail]

 

2 avis

herbv
Édouard Cour nous revient après une formidable œuvre, ReV, parue en 2022 chez Glénat. Comme à chaque nouvelle création, et cette fois-ci avec Soli Deo Gloria, l'auteur nous propose une bande dessinée très différente graphiquement de celles qu'il avait créées auparavant. Il met en images l'histoire d'un autre, Jean-Christophe Deveney, scénariste de son état. Cette fois, le récit se place dans un XVIIIe siècle plein de bruit et de fureur, mais aussi de musique chrétienne. En effet, nous suivons deux jumeaux, Hans et Helma, de leur naissance dans une campagne arriérée située dans le Saint-Empire romain germanique à la magnificence de Rome en passant par Venise, Amsterdam et Leipzig. Les aléas de la vie et leur amour de la musique, qu'elle soit instrumentale ou vocale, vont leur permettre de dépasser leur condition paysanne miséreuse et connaître les ors de la haute société européenne. Leurs talents et leur soif d'apprendre sont tels qu'ils réussissent à se faire remarquer à plusieurs reprises par de puissants personnages et, ainsi, à parfaire leur art. Néanmoins, attention à rester humble et à ne pas se croire supérieur à ce que l'on est réellement sous peine de chuter plus bas que terre.

Soli Deo Gloria reprend de nombreux codes du roman d'apprentissage, genre apparu en Allemagne au XVIIIe siècle (tiens, tiens...) au point d'en être une caricature en cochant tous les points abordés dans la fiche Wikipédia. C'est d'ailleurs là la faiblesse de cet ouvrage : un scénario un peu trop convenu et manquant d'originalité, de surprise, quoique très bien documenté du point de vue historique. Le nom des personnages historiques et des villes sont changés pour marquer l'aspect fictionnel de l'histoire sans que cela apporte quoi que ce soit au récit. Pourtant, Jean-Christophe Deveney n'est pas un débutant dans cet exercice, comptant plusieurs dizaines de créations. L'auteur de la présente chronique a d'ailleurs eu l'occasion d'en lire quelques-unes mais seule l’œuvre collective Héro(ïne)s : la représentation féminine en bande-dessinée a réellement trouvé grâce à ses yeux avant Soli Deo Gloria. Heureusement, le titre est porté par le graphisme somptueux d'Édouard Cour. Utilisant à nouveau un noir et blanc agrémenté de touches de couleur signifiantes, l'artiste change à nouveau de registre, plus réaliste et s'essaye à un mélange de techniques de dessin sur papier et d'ajouts numériques. Le résultat est bluffant, magnifique, une fois de plus. Une des sorties les plus marquantes de l'année, sans conteste, avec un sujet pouvant toucher un public bien plus large que celui des lecteurs de bandes dessinées.
rohagus
Nés dans la misère du Saint-Empire romain germanique, Hans et Helma trouvent dans la musique une échappée lumineuse à leur existence, guidés tour à tour par un ermite, un pensionnat religieux puis un seigneur qui affinent leur apprentissage. De découvertes en épreuves, leur talent les mène des sons de la nature aux palais d'une Europe fantasmée, où succès et désillusions scellent leur destin d’artistes.

Il s'agit d'une très belle BD, à tous points de vue.

Bel objet pour commencer, avec son grand format, son épaisse pagination, sa couverture comme dorée à l'or fin et ses pages cousues. Seul regret, mon exemplaire, le dernier encore en vente chez mon libraire avait le marque-page arraché.

Beau graphisme ensuite. Les premières pages donnent une impression de gravure à l'ancienne. Mais si l'on y regarde de près, il est composé d'une forme de tramage probablement informatique qui donne un très bon rendu des lumières et ombrages. C'est parfois très sombre, un peu étouffant, mais c'est aussi souvent très beau. Le trait n'est pas en reste, d'une grande finesse, avec de belles compositions parfaitement maitrisées. Il y a aussi un subtil jeu sur les couleurs alors que l'ensemble est en noir et blanc, couleurs qui permettent de faire ressortir l'émotion artistique puisqu'on les retrouve dans la représentation de la musique et des chants quand ils atteignent une forme de grâce intense, mais aussi discrètement présent dans les tableaux du personnage peintre qui apparait vers la fin de l'album. Et enfin la représentation de la musique elle-même est sans doute la première qui me convainc dans le média BD. Elle ne représente pas un air ou une chanson en particulier mais plus une forme d'émotion, de ressenti, avec plus ou moins d'intensité, de mordant ou de douceur. Et cette représentation de l'émotion, l'auteur l'utilise aussi pour les sons et les scènes choc, qui marqueront ainsi autant les protagonistes que le lecteur. C'est très bien fait, très bien trouvé. Et c'est ce choix de représentation qui m'a rendu très intense et fort le moment du Resurrectio en fin d'histoire. Remarquable !

Et enfin très bonne histoire, dense et intense. Elle commence dans l'obscurité et l'étouffement, avec une forme de ténèbres qui aurait facilement pu me rebuter mais est heureusement compensée par l'humanité et la bienveillance de la relation entre les deux jumeaux. Et peu à peu les chapitres remontent vers la lumière, vers la civilisation et la finesse artistique, alors que la relation entre les héros s'étiole doucement mais sûrement. Il y aurait beaucoup à en dire, les thématiques se mêlent, les intrigues se croisent et se succèdent. C'est souvent fort, régulièrement cruel, mais aussi intense et beau. Je n'ai pas été fondamentalement emporté par ce récit, et en particulier par cette opposition entre humilité et vanité qui forme la clé de son intrigue à partir de la moitié de l'album, mais certains moments sont marquants de beauté. Et surtout tout le scénario est très intelligemment mené, très subtil en matière de création de personnages et de relations humaines et artistiques.

On touche là au chef-d'œuvre, ou au moins à la grande œuvre qui sort des sentiers battus.
bordure
coin bordure coin
 
coin bordure coin
bordure Achats

Achetez cet album sur amazon.fr
bordure
coin bordure coin