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Sainte-famille de Xavier Mussat

[ Bandes Dessinées : auteurs, séries, et toutes ces sortes de choses... ]


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Pages : 1

crepp, 06.08.2005 à 10:47213720
Lu le bouquin hier, je suis loin de ceux qui ont énormément aimé, et loin de ceux qui ont détesté.

Les points très bons: Je rejoins Malo, c'est l'écriture de Xavier Mussat qui m'a le plus emporté. Il y a une sincérité qui se dégage de cet album, elle est touchante. Ce n'est pas lacrymal du tout, c'est juste "vrai". De plus je me retrouve dans quelques passages, mais là c'est vraiment des raisons personnelles qui font apprécier l'album.

Les points moins bons: Une répétition qui a pour but d'assener son message. Les coups de boutoir c'est bien, mais ça fait un peu mal à la tête :o) J'ai fait une pause au milieu de l'album pour attaquer de nouveau la lecture.
Une chute qui n’est pas une chute, avec en plus un épilogue qui aurait mérité un plus grand développement. Enfin difficile de ne pas comparer pendant la lecture à L'Ascension du haut mal de David B et au Journal de Fabrice Néaud. Le problème c'est que ça reste un bon ton en dessous de ces deux oeuvres.

J'ai vraiment pris un plaisir à lire "sainte famille", mais je ne sais pas si un jour je compte le relire (d'où les 3 étoiles).

chrisB, 15.06.2005 à 20:46207531
treve de plaisanterie. Voici un excellent album qu'il faut lire, Xavier mussat joue avec les symboles (et il joue bien) pour nous présenter une autobio assez differente dans le propos de celle que j'ai pu lire jusqu'ici. Ici on est pas dans la franche rigolade, mais dans l'introspection pure et dure. 4*

Matthieu, 11.04.2005 à 20:50200440
ayé, suite a cette discution, j'ai fini par l'acheter (et le lire). Comme dit malo c'est remarcable au niveau de la réalisation et le propos me parait carrement intelligent.
curieusement ca m'a fait un peu le meme effet que les auto-psy de mattt konture, alors que s'en est plutot eloigné...
quoi qu'il en soit, je conseille vivement la lecture de cet album.

malo, 22.02.2005 à 13:46195287
Je viens de la finir. j'ai trouvé ça remarquablement bien écris!!! Mussat parviens à captiver son lecteur simplement avec l'élégance de son ecriture. Et le dessin est excellent. une très bonne surprise ( j'y avais été un peu à reculons).
Par contre je peux comprendre qu'on adhère pas. mais la démarche et la réalisation son irréprochables.

Augustin, 17.02.2005 à 12:06194675
"Là ou d'habiles auteurs tournent en rond autour des récifs en prenant soin de les éviter, dévoilant au passage leurs manoeuvres pas toujours très subtiles, (…)"

Des noms! Des noms! lol

Augustin, 17.02.2005 à 12:04194674
Oui, je parlais du roi.

june, 17.02.2005 à 10:56194661
Ouais, il y a des tonnes d'introspections un peu roublardes, un peu lacrymalo-foireuses, qui ne s'en sortent que grace a une mise en place d'artifices savamment distillés (renfort d'un cheminement graphique frais, voir inédit, namedropping socio-familial outranciers, démontage en régle), mais je ne vois pas Sainte-Famille comme autre chose qu'une oeuvre sinçère (là encore, bien heureux qui pourra affirmer ou contredire, peut on trépanner l'auteur pour de plus amples informations ?), et en tout cas touchante, sans esbrouffe.

Là ou d'habiles auteurs tournent en rond autour des récifs en prenant soin de les éviter, dévoilant au passage leurs manoeuvres pas toujours très subtiles, Mussat nous largue une bonne tranche de vie, pas plus larmoyante que ca, simplement juste, et suffisement ouverte pour que l'on y pioche ici ou là des points de vue sur lui-même qu'on peut parfois même assimiler de son coté.

Ce sentiment de manque quasi-vital d'un proche, qui peut tantot faire office d'accélarateur d'acceptation des choses de la vie, tout comme de retardataire selon les situations vécues, je l'ai trouvé exprimé de manière vraiment touchante sans etre niaiseuse, j'ai pas trouvé que Mussat en faisait trop, je l'ai trouvé plutot vrai, plutot juste, plutot tel quel, et basta, sans extra de complaisance ni supplément d'émotion a la con. En tout cas, j'ai retrouvé des vrais morceaux d'etats d'ame qu'il m'est arrivé d'avoir, et j'admire Mussat pour avoir eu le courage d'aller au fond, pour gratter un peu pour voir s'il n'y avait pas, sous la couche de merde, un peu de cette energie de vie qu'il est necessaire d'avoir pour faire le menage. Tout ca sans verser une larme ou avoir envie de m'appitoyer, moi je tire mon chapeau de petit lecteur.
Le seul truc qui m'ait réellement gêné, est d'ordre tout personnel : j'ai eu besoin de quelques pages pour m'acclimater a certaines manières de donner des visages, des tronches effectivement a contrecourant avec ce que j'oserais qualifier d'"education", moi qui n'ai jamais vraiment succombé aux courants franco belges ou le "gros nez" pouvait etre autre chose qu'un détail graphique humoristique ; du coup, il m'a fallu accepter le truc, et je dois dire que je chipotte : très vite, j'ai oublié ce truc qui me genait un peu en début de livre, et ce fut parti... Le trait de Mussat est tout ce qu'il y a de plus correct, aucun soucis d'un point de vue graphique, ou meme narratif, non plus.

On est pas dans le pathos gratos, on est dans le partage, sans que l'auteur n'impose quoique ce soit, y compris un eventuel positionnnement par rapport au resultat de cette presqu'auto-analyse ; en cela, ca se distingue effectivement de pas mal de points de vue qui tombent tout cuits, ou l'auteur balance sa version toute prete, tenez mes braves gens, pleurez, riez, mais acquiescez, surtout...
Nan, là, on lit, on y trouve son compte, ou pas, d'ailleurs, peu importe, c'est là, et puis voila, c'est l'essentiel, eet c'est deja beaucoup.
Moi j'ai trouvé que ca sonnait juste, réellement juste, et pas que désespérement juste.

Xavier, si tu nous lis, tu peux nous envoyer quelque chèque, ou bien demander aux bullechefs un bullevirement de bullepoints, parce que là, y'a quand meme de quoi alimenter les bulleschroniques, mine de crayon... 8°

malo, 17.02.2005 à 9:19194648
Augustin, tu semble preter à Baudouin une intelligence qu'il n'a pas :o)
à moins que j'ai mal compris et que tu ne parlasse du défunt roi Belge...

Augustin, 17.02.2005 à 9:03194646
Comme le dit BigBen, l'une des questions centrales n'est pas tant "maman, maman" que le père absent. Père absent, mère présente, écrasante sous le reproche que le fils fait sien au départ pour s'apercevoir ensuite que les choses ne sont pas si simples…

Augustin, 17.02.2005 à 9:00194645
J'espère qu'il n'y a pas que deux lectures "possibles" de ce livre… Mais, comme de tout livre important, des milliers, autant que de lecteurs, en fait.

Concernant la difficulté narrative… Hum. Je pense avoir donné un éclairage possible. Nous sommes bien (en partie) dans l'imagerie d'Epinal qui fait tant horreur (partisanement) à Lldm… Il s'agit bien "d'une vignette/un texte". Cela demande juste une autre attention que pour la plupart des bandes dessinées actuelles.

Finalement, je trouve Mussat très moderne, en rupture totale avec ce que nous lisons déjà et avec lequel nous sommes habitués: la fluidité. Que certains indés semblent avoir redécouverts comme une poule trouve un couteau, en pensant que faire "classique" dans la narration est une nécessité pour faire passer un fond souvent difficile, quand il n'est pas indigeste.

Bref, pas de ça chez Mussat. Finalement, il sélectionne son lecteur dès le départ. Grande exigence. Faut juste s'accrocher. Et je suis convaincu que les "réponses" (s'il y en a!) viendront dans ses livres suivants.

Après tout, Baudoin fait bien de même, d'une autre manière, avec son puzzle géant qu'est toute son œuvre.

Sylvain Ricard, 16.02.2005 à 18:36194604
si mes souvenirs sont bons, ce livre était en selection "meilleur premier album" a angouleme 2003.
En tous cas, à lire la chronique et les réactions dans ce topic, y'a effectivement deux manières de voir le livre franchement opposées.
Allez hop, je vais le lire ce WE